L’Indonésie a annoncé samedi la suspension temporaire dans le pays de Grok, l’assistant d’intelligence artificielle de la plateforme X d’Elon Musk, à la suite du scandale de fausses images pornographiques de personnes dénudées.
Ces images, réalisées en demandant à Grok de dénuder des personnes réelles à partir de ses photos ou vidéos, ont suscité des protestations à travers le monde.
« Afin de protéger les femmes, les enfants et le public contre les risques de faux contenus pornographiques générés à l’aide de la technologie d’intelligence artificielle, le gouvernement a temporairement bloqué l’accès à l’application Grok », a indiqué la ministre de la Communication et du Numérique, Meutya Hafid, dans un communiqué.
« Le gouvernement considère les pratiques de +deepfake+ non consensuelles comme une violation grave des droits humains, de la dignité et de la sécurité des citoyens dans l’espace numérique », a souligné dans son communiqué, le ministère qui a convoqué des représentants de X afin d’obtenir des éclaircissements sur cette affaire.
Interpellé sur X par de nombreux utilisateurs scandalisés, Grok a répondu vendredi que la génération et l’édition d’images étaient « actuellement réservées aux abonnés payants ». « Vous pouvez vous abonner pour débloquer ces fonctionnalités », a-t-elle précisé.
Cette désactivation limitée a suscité l’indignation du Royaume-Uni, l’un des critiques les plus virulents d’Elon Musk.
Cette mesure « transforme simplement une fonctionnalité qui permet la création d’images illégales en un service premium », et constitue « une insulte aux victimes de misogynie et de violences sexuelles », a dénoncé un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer.
A Bruxelles, la Commission européenne a « pris note des dernières modifications » mais les a jugées insuffisantes.
« L’action de la France et de l’Europe paye: X restreint l’utilisation de Grok. C’est un premier pas, mais la lutte contre les dérives de l’IA doit se poursuivre », a écrit sur Bluesky Roland Lescure, ministre français de l’Economie.
M. Lescure a rappelé que la France avait « saisi la justice et continuera d’exiger des plateformes qu’elles respectent nos lois si elles veulent profiter de notre marché ».
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