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La course à la conduite (quasi) autonome pour les particuliers relancée par le bond de l’IA

Posté le par AFP

Malgré l’essor des robotaxis, une véritable conduite autonome pour les particuliers est encore loin, au vu du coût et des freins juridiques ou réglementaires. Toutefois, grâce aux progrès de l’IA, les voitures capables de rouler toutes seules, mais sous la responsabilité du conducteur humain, se multiplient.

Lâcher le volant n’est plus une fantaisie: les robotaxis de Waymo aux Etats-Unis et de son homologue chinois Apollo Go, en croissance rapide depuis un an, ont fait la démonstration de la fiabilité d’une conduite autonome de niveau 4 (où la responsabilité incombe à la machine dans un territoire donné).

Derrière eux, la concurrence grandit, comme celle d’Uber. Au CES, le salon de la tech de Las Vegas, la plateforme VTC a dévoilé lundi le robotaxi Lucid qui doit défier Waymo à San Francisco au 2e semestre.

Offrir cette expérience en masse aux propriétaires de véhicules reste l’horizon de l’industrie, qui vante largement ses avancées dans les couloirs du salon. Mais « je ne le vois pas arriver avant des années », estime Marc Amblard, expert directeur d’Orsay Consulting.

Seul Tensor, une start-up de la Silicon Valley, est présente à Vegas avec une voiture particulière de niveau 4, dont les premiers modèles vendus sont censés rouler dans les prochains mois.

Présenté comme la « première voiture-robot personnelle sur terre », il s’agit d’un véhicule de luxe, équipé de 34 caméras, 5 lasers lidars, plus d’une centaine de capteurs, pour un prix estimé autour de 200.000 dollars.

Sa conduite autonome sera limitée aux zones autorisées. L’entreprise a pour l’heure une autorisation en Californie pour ses tests et pourrait bénéficier des législations favorables du Texas, du Nevada ou de l’Arizona, ainsi que de son partenariat aux Emirats arabes unis.

– Sécurité humaine ou IA ? –

C’est donc du côté de la conduite assistée de niveau 2, celle où le conducteur doit être prêt à reprendre les commandes, que s’épanouissent les projets phares de l’industrie. Ceux-ci vont de plus en plus loin dans l’autonomisation, en grande partie grâce aux avancées de l’IA qui rendent l’ordinateur plus efficace avec moins de coûteux capteurs.

« L’IA optimise les coûts », celui de « la puissance de calcul va diminuer au cours du temps » et « le prix des capteurs baisse rapidement (-10% par an pour les plus onéreux) », estime Mikaël Le Mouëllic, expert du Boston Consulting Group.

« Au niveau 2, vous pouvez offrir une autonomie de plus en plus avancée (…) et le filet de sécurité, c’est le conducteur », explique Pier-Paolo Porta, directeur marketing d’Ambarella, un des acteurs de la démocratisation de la conduite autonome via le développement de capteurs plus efficaces avec l’IA.

Une conduite où le volant et les pédales sont opérés par l’ordinateur, tout en restant légalement au niveau 2, c’est l’expérience qu’offre déjà Tesla aux Etats-Unis, avec son système FSD (Full self-driving) et les constructeurs Xiaomi ou BYD en Chine, deux pays où la législation le permet.

C’est sur créneau que la concurrence s’aiguise.

Lundi, Nvidia a dévoilé Alpamayo, une IA de conduite autonome, qui sera progressivement disponible en 2026 sur des Mercedes électriques CLA aux Etats-Unis.

« Alpamayo apporte le raisonnement aux véhicules autonomes, leur permettant de réfléchir à des scénarios rares, de conduire en toute sécurité dans des environnements complexes et d’expliquer leurs décisions de conduite », s’est félicité Jensen Huang, le patron du géant des puces.

« C’est le moment ChatGPT de l’IA physique », assure-t-il.

Lors d’une démonstration en décembre en présence de l’AFP, le pilote automatique, sur un trajet défini sur Google Maps, a conduit la Mercedes avec souplesse dans les rues embouteillées de San Francisco, nécessitant une seule intervention humaine pour doubler une ambulance arrêtée au milieu de la route.

Dans ce système, commercialisable auprès d’autres constructeurs et dont le logiciel est open source, donc libre d’être repris et modifié, le pilotage est confié à une IA générative en temps réel, supervisée par un modèle informatique classique en cas d’hallucinations.

A la différence de Waymo, Alpamayo peut ainsi rouler sur des routes non cartographiées au préalable.

Son concurrent Qualcomm montre, lui, à Las Vegas les prémices d’un système similaire, piloté par une IA embarquée, avec sa puce Snapdragon.

Quant à Nissan, il a annoncé en décembre intégrer bientôt l’IA le logiciel de conduite autonome de la start-up britannique Wayve sur une large part de sa gamme. Avec un objectif identique : offrir les sensations de l’autonomie tout en laissant la responsabilité juridique… à l’être humain.

bl/ph

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