Le président américain Donald Trump a une « volonté politique de privatisation de la monnaie », a déploré mercredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui juge cette évolution « dangereuse ».
Le gouverneur était interrogé au Sénat français, en commission des Finances, sur le marché mondial des cryptoactifs (produits financiers employant la technologie blockchain) et la possibilité d’y imposer « l’euro numérique », supervisé par la Banque centrale européenne, face à des produits proposés par des acteurs privés américains.
« Il faut une monnaie numérique publique, c’est le fameux euro numérique pour le grand public », a-t-il plaidé. « Nous ne pouvons pas prendre le risque que ces crypto stables, ces stablecoins qui vont sans doute beaucoup se développer, soient exclusivement en dollars, exclusivement émis par des entités privées, et exclusivement émis par des entités non européennes ».
« M. Trump a, lui, beaucoup politisé le débat, c’est vrai. Vous avez peut-être noté qu’il encourage les fameuses stablecoins en dollars. Mais il interdit, lui, la monnaie numérique de banque centrale », quelle que soit la banque centrale qui la superviserait, a déploré M. Villeroy de Galhau.
« Donc là, je crois qu’il y a une volonté politique de privatisation de la monnaie, qui me paraît à la fois regrettable et dangereuse. Moi je ne souhaite pas qu’on politise le débat européen. Quand je propose ces deux étages, euro numérique plus solutions de paiement privées, c’est pragmatique, et c’est efficace », a-t-il poursuivi.
Le gouverneur a également critiqué chez Donald Trump la politique de droits de douane, qui renchérit les biens importés. D’après lui, « les États-Unis ont un problème d’inflation beaucoup plus sérieux que le nôtre. L’inflation américaine a été publiée hier, à 2,7%. C’est plus de trois fois plus que ce que nous avons en France ».
« Je lis, comme vous, que ça a des conséquences politiques et électorales potentielles fortes, et que d’ailleurs cette inflation est liée en bonne partie aux tarifs (droits de douane, ndlr) décidés par la même administration Trump », a-t-il souligné.
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