Une enquête judiciaire a été ouverte à Nancy pour déterminer les causes de la pollution aux PFAS (ou « polluants éternels ») dans l’eau du robinet de quatre villages de la Meuse, tandis qu’une plainte a été déposée pour une contamination similaire dans trois communes des Vosges, a-t-on appris mardi.
Un collectif citoyen a déposé lundi une plainte concernant « la contamination des eaux potables de Champdray, Arrentès-de-Corcieux et Tendon », trois communes des Vosges, estimant que des faits de « pollutions des eaux », « gestion irrégulière des déchets » et « mise en danger de la vie d’autrui » sont caractérisés.
Dans le texte, consulté par l’AFP, ce collectif sollicite l’ouverture d’une enquête pour « identifier les responsables », déterminer les responsabilités notamment des « producteurs de déchets, exploitants industriels et bénéficiaires des épandages » et « évaluer l’ampleur des atteintes à la santé publique et à l’environnement ».
Le procureur de la République d’Epinal, Frédéric Nahon, a confirmé à l’AFP mardi la réception de cette plainte. « Une enquête sera ouverte par le parquet pour pollution et mise en danger », a-t-il ajouté.
Une enquête a par ailleurs été ouverte en janvier au sujet de la pollution dans la Meuse, a indiqué à l’AFP le procureur de Nancy, François Capin-Dulhoste.
Le parquet de Nancy, compétent au titre du pôle régional environnement, a été saisi « à la suite d’une transmission de la préfecture de la Meuse » sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale, a expliqué à l’AFP le procureur.
L’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) et l’Office français de la biodiversité de la Meuse travaillent en co-saisine sur le dossier.
Au total, neuf infractions sont recherchées par les enquêteurs, notamment celles de « jet, déversement ou écoulement d’une substance » nuisible dans l’eau, « déversement par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité d’une substance entrainant des modifications graves du régime normal d’alimentation en eau », ou encore des infractions liées à la « mise en danger d’autrui ».
Au total, 18 communes des Ardennes, de la Meuse et des Vosges sont concernées par une interdiction de la consommation d’eau du robinet.
La concentration dans l’eau de 20 PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), aux effets potentiellement délétères sur la santé humaine, y dépasse les seuils autorisés – jusqu’à 27 fois la limite à Villy (Ardennes), un record.
Une plainte a aussi été déposée près de Lyon par 200 riverains de la « vallée de la chimie » contre deux industriels émetteurs de PFAS, à qui ils réclament plus de 36 millions d’euros en réparation de préjudices.
« Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2026 Agence France-Presse. »









Réagissez à cet article
Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous et retrouvez plus tard tous vos commentaires dans votre espace personnel.
Inscrivez-vous !
Vous n'avez pas encore de compte ?
CRÉER UN COMPTE