1/ Quels sont les avantages de la digitalisation des réseaux de distribution ?
Le numérique (ou TIC, technologies de l’information et de la communication) a une part de plus en plus importante dans les réseaux électriques. Ceci est dû à une évolution du matériel, apportant de nouvelles fonctions en termes de digitalisation, et des outils. Ces derniers permettent de piloter à distance ou en local différents organes dans le réseau électrique, le rendant plus résilient et plus facile à comprendre. On parle souvent de digitalisation au niveau des cellules des postes sources de contrôle numérique, où l’on essaie de comprendre les trafics de communication entre les différents organes. On s’intéresse essentiellement aux organes de protection, qui demandent d’être rapide et de bien comprendre ce qui s’est passé dans le réseau. Tous ces éléments doivent être synchronisés à l’intérieur d’une sous-station, ou entre sous-stations, ou encore entre organes communiquant dans le réseau électrique.
2/ Comment un réseau digital fonctionne-t-il par rapport au réseau physique ? 1:12
Dès lors que l’on digitalise, chaque élément se voit attribuer une carte d’identité numérique (adresse IP, avec adresse MAC et adresse physique) qui permet de l’identifier dans le réseau informatique, qui se superpose au réseau électrique.
Prenons le cas de la synchronisation. Si on a un défaut à une heure précise, il faut que l’horloge reste à jour, et donc soit resynchronisée en permanence. Des événements nous permettent d’indiquer l’heure à laquelle le défaut a eu lieu et de communiquer avec l’organe voisin. Par mesure triangulaire, un peu comme dans le cas du GPS, on peut recombiner l’heure exacte sur le réseau et vérifier si le système est synchronisé ou non.
Dans le cas de la détection de retard, il faut comprendre le trafic de communication, notamment sa périodicité. Par exemple, dans une sous-station numérique, on envoie des trames d’information sur le courant, la tension, la fréquence (grandeurs caractéristiques du réseau). On peut les envoyer soit sur un événement (défaut), soit périodiquement. On modélise ce système pour comprendre son fonctionnement.
3/ Quelles applications fautes-vous de cette modélisation ? 2:46
Un cas d’application dans un poste de contrôle-commande numérique est la génération d’un défaut sur un départ. Les autres organes du poste (par exemple, des relais de protection, des automates, etc.) doivent recevoir l’information correcte, et ce, le plus rapidement possible. Ils doivent écouter le défaut (ouverture de ligne, par exemple) et agir en ouvrant leur protection le plus rapidement possible. Nous allons donc regarder ce qui se passe au niveau des échanges numériques, voir si les réactions sont toujours les mêmes, pour mieux comprendre les flux. On va venir insérer des perturbateurs pour comprendre si la modélisation des échanges de communication dans le réseau est correcte ou non.
4/ La digitalisation des sous-stations va-t-elle permettre d’en décentraliser le pilotage ? 3:47
L’intérêt de faire des études comparant la centralisation de l’intelligence et sa décentralisation est de déterminer si une méthode est meilleure que l’autre, ceci à l’intérieur du système complet du réseau électrique. Dans la sous-station, il s’agit plutôt d’améliorer les latences de communication entre équipements et de les comprendre, pour être le plus fin possible sur la gestion des organes de protection.
La question est de savoir jusqu’où on peut descendre cette intelligence et quels degrés de liberté de réglage on souhaite avoir. Plus on descend l’intelligence au niveau des charges et des sources, plus on a un degré de réglage fin ; on peut piloter, par exemple, des emplacements de véhicules électriques à différents endroits dans le réseau. Il peut cependant y avoir des contraintes ; le numérique nous permet d’explorer toutes ces possibilités.