Les robots continus (RC) sont une nouvelle classe de manipulateurs
développés pour améliorer les capacités d’interaction réduites des
robots à corps rigides. Les RC sont généralement réalisés par un assemblage
de corps flexibles fins (des tiges, aussi appelées « corps continus »
en référence à la mécanique des milieux continus), et leur mouvement
est obtenu en contrôlant les déformations des éléments flexibles constitutifs
du robot. La flexibilité intrinsèque des RC permet de les utiliser
dans de nombreux domaines où l’interaction humain-robot est fondamentale,
tels que la chirurgie mini-invasive et les tâches de manipulation
collaborative. Dans d’autres domaines, comme pour les tâches d’inspection
qui bénéficient également de la capacité des robots à atteindre des
formes complexes et à travailler dans des environnements confinés,
leur grande flexibilité est attrayante.
La robotique continue est en plein essor, et l’utilisation croissante
de RC dans différents domaines technologiques a motivé les chercheurs
à proposer diverses conceptions. Naturellement, comme en robotique
rigide, les conceptions de type sériel sont apparues les premières.
Elles comprennent de nombreux robots, dont les exemples les plus représentatifs
sont les RC à tubes concentriques (RCTC) et les RC actionnés par tendons
(RCAT). Ces robots sont généralement de petites tailles, et sont intéressants
pour des tâches d’insertion en milieux confinés, comme le corps humain.
Leur taille est limitée par leur architecture sérielle : ils sont
soumis à la gravité, et plus ils ont une taille importante, plus ils
doivent être capables de soutenir leur poids propre. Généralement,
ils sont limités à des dimensions de l’ordre de la dizaine ou vingtaine
de centimètres, et à la manipulation de charges de quelques grammes.
Afin de contrebalancer ces inconvénients tout en conservant les
propriétés de souplesse des RC, une autre classe de robots a été proposées :
les robots parallèles continus (RPC). Ils sont obtenus par un assemblage
en parallèle de plusieurs corps flexibles, reliés entre eux à leurs
extrémités bien souvent, mais aussi à des positions intermédiaires,
par des plateformes rigides, ce qui permet d’augmenter leur raideur
intrinsèque. Ainsi, ils sont utilisés pour manipuler des charges plus
lourdes (quelques dizaines, voire centaines de grammes), mais leur
raideur intrinsèque permet aussi d’atteindre des précisions importantes
à petite échelle (de l’ordre du nanomètre).
Les premiers travaux sur les RPC remontent à 2013. La majorité
des travaux existants se focalisent sur la proposition de preuves
de concept, la modélisation et l’analyse du comportement de ces robots.
Plusieurs architectures de RPC ont été proposées, utilisant différentes
stratégies d’actionnement (variation des...