Les premiers textes faisant référence à la nécessité de consulter le public (notamment pour la sauvegarde du droit de propriété des citoyens) remontent à des décrets datant de la période de la révolution française (1790-1791). Toutefois, c'est un décret pris en 1805 par Napoléon qui crée les enquêtes
commodo
et
incommodo
relatives à la protection des nuisances. En réalité il s'agit plus, à cette époque, d'informer la population d'une décision du pouvoir que de recueillir l'avis du public afin d'influer sur le projet.
Nota
: actuellement les enquêtes classées dans la catégorie
commodo et incommodo
sont des enquêtes publiques dites de « droit commun » ordinaires.
Elles relèvent d'une procédure préalable et nécessaire à la délivrance d'autorisations par le préfet notamment pour les projets de création et d'agrandissement d'un cimetière (articles L 2223-1 et R 2223-1 du code général des collectivités territoriales), de création ou d'extension d'une chambre funéraire (article R 2223-74 du code).
Ces enquêtes sont prévues, d'une part, pour informer la population susceptible d'être concernée par l'installation d'équipements funéraires et, d'autre part, pour consulter la population et recueillir les observations émises sur les éventuelles nuisances susceptibles d'être apportées par ces équipements.
Hormis les recommandations données dans les circulaires du ministre de l'Intérieur du 20 août 1825 et du 15 mai 1884, aucun texte législatif ou réglementaire ne définit ce type d'enquête et ne précise de manière explicite son organisation et son mode de financement. C'est pourquoi les modalités de leur mise en œuvre posent de nombreuses difficultés.
Pour ces enquêtes, on verra plus loin que le commissaire enquêteur est désigné par le préfet, le président du conseil général ou un maire.
Différents textes concernant des domaines particuliers relatifs notamment à la voirie et à l'expropriation sont apparus par la suite.
Il faut signaler également l'arrêt du Conseil d'État du 28 mai 1971 faisant référence à la
théorie du bilan
et mettant un frein au pouvoir discrétionnaire de l'administration.
Nota
: la théorie du bilan est une méthodologie d'analyse d'un projet mettant en balance les avantages (tels que l'utilité publique, l'intérêt pour les populations, les créations d'emploi) qu'il procure avec les inconvénients d'ordre économique...