Plus de 50 % de la population mondiale vit en zone (péri)urbaine et cette tendance s’accentue. C’est pourquoi de nombreux projets d’agriculture (péri)urbaine (AU) se développent sous l’impulsion des citoyens qui souhaitent améliorer leur cadre de vie. Proposer des projets d’AU qui ont du sens, participer aux décisions, agir et interagir avec son environnement permet en effet de s’y sentir mieux intégré. Des projets d’AU très variés existent, car ils sont construits en fonction des spécificités territoriales et des dynamiques sociales associées. En conséquence, il n’y a pas une définition de l’AU. On parlera souvent au pluriel des « AU » pour souligner le vaste panel de projets : cultures en pleine terre, hors-sol ou hydroponie, sols reconstitués avec des techniques proches de la permaculture, l’AU peut être low-tech basée sur la récupération de matériaux ou high-tech en recourant aux dernières technologies et à la robotisation. Pour l’agriculture rurale, de nombreuses variantes existent selon la taille de l’exploitation, le type de production, le modèle économique et les pratiques : agriculture conventionnelle, raisonnée, biologique ou agroécologie. Pour les AU, encore plus de variantes existent, car les projets peuvent être professionnels ou amateurs, des formes hydrides ou mixtes (production, zone récréative et/ou de formation) des formes plus technologiques pour résoudre les problèmes de place et renforcer l’attractivité du site pour le grand public : fermes verticales, démonstrateurs d’aquaponie, containers pour des cultures de champignons sur des supports issus de déchets urbains.
Ces projets d’AU apportent des solutions concrètes aux défis des villes durables, en rendant des services complémentaires tels que la production locale de denrées alimentaires, la valorisation des déchets, le renforcement des liens sociaux ou l’éducation à l’environnement. Les citoyens sont ainsi reconnectés à l’environnement, développent une consommation plus écologique et sont davantage motivés pour se former et participer aux débats citoyens. Ces projets d’AU prennent de l’ampleur (microfermes urbaines, tours agricoles ou carrément quartiers écologiques), avec la participation active des entreprises et élus car ils apportent des réponses concrètes aux défis des villes durables du futur. Cependant, les zones (péri)urbaines sont caractérisées par de fortes densités de populations et activités anthropiques : des conflits d’usage des espaces et des pollutions sont en conséquence fréquemment observés. Pour dépasser ces contraintes spécifiques aux zones urbaines et construire les solutions du bien vivre ensemble, les gestionnaires des villes développent des stratégies telles que la création de zones de maraîchage professionnelles hybrides multifonctions, l’organisation de concertations citoyennes (projets d’alimentation...