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Décryptage

Fibre optique : l’Arcep plaide pour un déploiement multifibre

Posté le par La rédaction dans Informatique et Numérique

Le gendarme des télécoms a dévoilé mardi son projet de cadre juridique pour le déploiement de la fibre optique dans les zones très denses. Pour concilier les technologies point-à-multipoints et point-à-point, l’Arcep propose que chaque opérateur puisse obtenir une fibre dédiée pour chaque logement.

Face à l’opérateur historique, Free a finalement obtenu gain de cause. L’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) a dévoilé mardi son projet de cadre juridique en faveur du multifibre. La boucle locale en fibre optique jusqu’à l’abonné (FttH) va progressivement remplacer la boucle locale cuivre pour assurer aux consommateurs une connexion très haut débit et cette infrastructure devrait rester en place dans les 50 prochaines années. Selon le projet de l’Arcep, dans les zones très denses, tout opérateur pourra demander à l’opérateur d’immeuble (c’est-à-dire l’opérateur choisi par la copropriété pour fibrer l’immeuble) de disposer d’une fibre supplémentaire dédiée à chaque logement, moyennant un préfinancement de son installation et un cofinancement de l’investissement initial. Cela signifie qu’il faudra déployer potentiellement trois ou quatre fibres par foyer. Alors que France Télécom estimait à 40 % le surcoût lié au multifibre, l’Arcep l’évalue à 5 % de l’investissement total, pourcentage qui sera à la charge de l’opérateur qui le demandera. L’opérateur d’immeuble devrait également permettre à tout opérateur qui le demande l’installation d’un dispositif de brassage (cf. glossaire). Le multifibre défendu par l’Arcep offre une indépendance de bout-en-bout à l’opérateur, alors que le partage d’une même fibre introduit des interactions complexes entre opérateurs. Il permet aussi de concilier l’utilisation de deux technologies différentes pour déployer un réseau en fibre optique jusqu’à l’abonné.

Le point-à-point plus intéressant à long terme
Dans le point-à-multipoints (ou PON, Passive optical network), une fibre unique partant du nœud de raccordement optique (NRO) permet de desservir plusieurs logements, par réplication du signal au niveau de coupleurs. Cela assure un investissement progressif suivant la montée en charge des réseaux. Un opérateur PON souhaite généralement avoir un dispositif de brassage au niveau du point de mutualisation.

Source : Arcep
Le point-à-point consiste à déployer au moins une fibre par logement, à partir du nœud de raccordement optique (NRO). Cela suppose un investissement initial important. Cependant, le point-à-point offre des avantages dans l’exploitation du réseau, avec un nombre limitée d’interventions. Il permet aussi de suivre les évolutions technologiques sans avoir à modifier l’architecture du réseau. L’opérateur point-à-point privilégie généralement un raccordement par soudure au point de mutualisation, afin de minimiser ses interventions ultérieures. Or, il n’est pas possible de souder et d’avoir un dispositif de brassage sur une même fibre. Il faut donc privilégier la pose de plusieurs fibres pour que chaque opérateur puisse choisir librement entre point-à-multipoints et point-à-point. A la suite de la consultation publique (pdf) qui aura lieu jusqu’au 22 juillet, l’Arcep prendra position à l’automne. Concernant les zones qui ne sont pas qualifiée de « très denses », l’Arcep engage une phase de travaux en collaboration avec les opérateurs, les collectivités territoriales et la Caisse des dépôts et consignation. C.G.Glossaire Brassage : modification, par branchement, de l’affectation d’une fibre d’un réseau amont, munie d’un connecteur, sur un panneau de connecteurs relié à un réseau aval.Nœud de raccordement optique (NRO) : point de concentration d’un réseau en fibre optique où sont installés les équipements actifs permettant à un opérateur d’acheminer le signal depuis son réseau vers les abonnés. Les NRO desservent généralement plusieurs milliers de prises.Point de mutualisation : dans un immeuble, l’accès au réseau à très haut débit en fibre optique se fait en plusieurs points. Parmi ces points, le point de mutualisation est le point de livraison de référence des accès sous forme passive, dans le respect de l’article L. 34-8-3 du CPCE. Le point de mutualisation est donc un point « logique » qui sépare le réseau de l’opérateur d’immeuble de celui des tiers. Le point de mutualisation peut être situé dans les limites de la propriété privée dans les cas suivant :– les immeubles raccordés à des égouts visitables, quelle que soit la taille de l’immeuble ;– les immeubles d’au moins 12 logements.Zones très denses : zone à forte concentration de population, où il est économiquement viable pour plusieurs opérateurs de déployer leurs propres infrastructures, en l’occurrence leurs réseaux de fibre optique, au plus près des logements. 148 communes sont concernées, représentant 5,16 millions de foyers.

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