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Le difficile choix d’un système de pompage

Posté le par La rédaction dans Innovations sectorielles

Avoir une vue d’ensemble de l’installation, organiser une concertation avec tous les départements concernés, tenir compte de l’optimisation énergétique par rapport à la fiabilité et à la sécurité, penser au recyclage : autant d’éléments que les utilisateurs d’installations de pompage doivent prendre en compte.

À l’initiative des organisateurs du salon Pumps et Valves, qui se tiendra en octobre à Antwerp Expo, et du département Mécatronique de la fédération belge de l’industrie technologique Agoria, un groupe composé essentiellement d’utilisateurs industriels s’est penché sur le recyclage et les économies d’énergie dans le domaine des systèmes industriels de pompage. Hans Vogelesang, expert indépendant en matière de pompes, professeur, consultant et auteur d’articles parus notamment dans World Pumps, résume les conclusions cette table ronde.

Le recyclage est rarement prévu
Premier constat : les utilisateurs constatent que la plupart des pompes ne sont toujours pas conçues en vue de leur recyclage. Différents matériaux sont souvent combinés : la paroi intérieure des pompes est revêtue de téflon ou un stator en caoutchouc est associé à un rotor en acier sur les pompes rotatives centrifuges, par exemple. Ces matériaux sont, à l’exception de certains produits d’un fabricant, très difficiles à séparer en vue du recyclage à la fin de leur cycle de vie. Toutefois, de plus en plus de pompes étant proposées en leasing par les fabricants, lubrifiants et entretien inclus, il devient de ce fait plus rentable de concevoir des produits selon le principe  » cradle-to-cradle  » (littéralement  » Du berceau au berceau « , concept qui consiste à récupérer les matières pour les réutiliser à l’infini) puisque le surcoût du recyclage lié à une conception médiocre devra ainsi être supporté par le fournisseur. Entre-temps, certaines pompes sont déjà construites de manière à favoriser la facilité d’entretien, ce qui permet de procéder à leur maintenance sans être obligé d’engager de grands travaux de démontage.

L’optimisation systématique, clé de l’efficacité énergétique
Il existe un point sur lequel les utilisateurs sont unanimes : tout commence par le choix d’un système peu gourmand en énergie. Pour Roland Frateur (Lanxess et membre du comité de De Pompenkring), la bonne pompe est souvent choisie pour une application donnée, ce qui signifie que le modèle de pompe et les matériaux sont appropriés mais souvent la pompe est trop puissante, soit parce que l’entreprise anticipe un développement de ses activités, soit pour des raisons de sécurité. En outre, une pompe est choisie  en tenant compte d’une certaine durée de vie, généralement 20 ans dans le secteur chimique. Or, au cours de ce laps de temps, toutes sortes de changements sont susceptibles d’intervenir : augmentation ou diminution du rendement, modification du produit, évolution des normes de sécurité, augmentation du  prix de l’énergie, amélioration des performances des nouvelles pompes… Afin d’illustrer ce dernier point, Marc Van de Leur (Umicore) cite le cas d’une pompe de déchargement qui, utilisée initialement pour un débit  de 10 m³/h,  tourne depuis ces dernières années à une moyenne de 35 m³/h.Pour sa part, Paul Vanderstraeten (Energik) mentionne le concept de l’obsolescence énergétique. Aujourd’hui, le coût énergétique des pompes est de plus en plus souvent calculé. Si le délai d’amortissement est suffisamment court (moins de 5 ans), elles sont remplacées. Toutefois, de nombreux utilisateurs sont encore assez conservateurs, affirme Bart De Witte (ITT Water et Wastewater). Ainsi, ils rechignent à remplacer une pompe à boue classique par un nouveau modèle qui consomme 50 % d’énergie en moins et dont le montant de l’investissement est récupéré en 3 ans, pour la seule raison qu’ils n’ont pas l’habitude d’utiliser ce type de pompe.Autre exemple donné par Petran van Hugten (Telecity) qui gère un data  center stratégique où un grand nombre de serveurs sont  refroidis d’une manière efficace, la chaleur étant évacuée par le toit. Après neuf ans d’utilisation, l’installation de refroidissement du site de la Gyroscoopweg (Amsterdam 3) a été entièrement revue en collaboration avec un spécialiste indépendant des pompes, qui a notamment proposé certaines adaptations des clapets d’équilibrage, ce qui a permis d’améliorer considérablement l’efficacité énergétique du système. Pour le nouveau site Amsterdam 4 de TelecityGroup réceptionné en 2008, Telecity envisage de mettre la chaleur de l’eau de refroidissement à la disposition de l’une des entreprises voisines mais, pour l’instant, la décision n’a pas encore été prise.Toutefois, dans certain cas, une réduction du coût énergétique de l’installation de pompage peut se traduire par des frais d’entretien plus élevés. Afin d’éviter une telle situation, les départements d’ingénierie et de maintenance d’Umicore ont été conduits à collaborer. L’étape suivante, à savoir le rapprochement de la production, de la conception et de l’entretien, s’est elle aussi avérée être une réussite, témoigne Marc Van de Leur. Même soucis pour Hans Vogelesang de Pump Support qui cite l’exemple d’Arcelor pour lequel tous les projets sont examinés à la loupe et font l’objet d’une optimisation systématique qui s’est traduite par des gains importants.Par Hans Vogelesang, expert indépendant

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