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Décryptage

Le glyphosate à nouveau dans la tourmente

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

L’Agence du cancer de l’organisation mondiale de la santé a classé le glyphosate comme « cancérogène probable ». Une qualification purement informative puisque chaque pays est libre de sa réglementation.

La réponse n’aura pas traîné. Il aura fallu à peine 24h pour que Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, réponde à l’association Consommation, Logement, Cadre de vie (CLCV) qui venait d’interpeller les « […] agences sanitaires  françaises et européennes […] au sujet de l’herbicide le plus utilisé en France, qui a été classé comme « probablement cancérigène ». » Et c’est non, le glyphosate ne sera pas interdit en France. Le ministre, interrogé sur Public-Sébat, argumente alors qu’il ne souhaite pas retirer un produit s’il n’est pas capable de proposer une alternative, précisant toutefois que « Le glyphosate est dangereux. Les précautions qui doivent être prises sont impératives. » Nous n’en saurons pas plus, mais apparemment le principe de précaution n’est pas à l’ordre du jour.

Le glyphosate est un herbicide non sélectif, commercialisé initialement par Monsanto dans son produit Rounup. Mais depuis que le brevet est tombé dans le public en 2000, le glyphosate a séduit d’autres marques et se retrouve dans près de 750 produits à destination de l’agriculture. C’est devenu l’herbicide le plus répandu dans le monde, une domination du marché que l’on retrouve en France où 8000 tonnes ont été répandues sur les sols en 2011, par les agriculteurs mais surtout par les particuliers qui représentent 60% des utilisations.

le principe de précaution n’est pas à l’ordre du jour

Le 20 mars, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) publie dans Lancet Oncology un travail mené par 17 chercheurs de 11 nations différentes indiquant que le glyphosate se classe « Cancérogène probable », de quoi alerter sur le risque pour la santé. D’autant plus que son caractère cancérigène est prouvé sur les animaux chez qui il provoque des tumeurs ou encore des modifications chromosomiques. Sur l’homme, des études in vitro on montré que le glyphosate endommageait l’ADN et augmentait le risque de développer certains cancers. Des preuves jugées insuffisantes pour qualifier le célèbre herbicide de « cancérogène certain ». En 1985, l’Agence de protection de l’environnement des Etats-Unis le classait déjà comme tel, avant de le rétrograder quelques années plus tard. En 2010, l’Agence pour la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail pointait le glyphosate comme un des plus importants contaminants des eaux non potables.

Les populations les plus à risques sont les utilisateurs, à savoir les agriculteurs et les jardiniers. Ces derniers peuvent compter sur le soutien de Ségolène Royale qui, contrairement à son homologue du ministère de l’agriculture, a exprimé dimanche chez nos confrères de France 3 sa volonté d’en finir avec le Roundup, affirmant que « La France doit être à l’offensive sur l’arrêt des pesticides ». Pour l’instant, aucune législation ni échéance n’est fixée, mais le glyphosate est plus que jamais dans le viseur de la ministre de l’Ecologie.

Par Audrey Loubens

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