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Le marché français de l’efficacité énergétique est trop fragmenté

Posté le par La rédaction dans Environnement

L'efficacité énergétique est, au niveau des bâtiments, une source d'activité, récente. Les possibilités sont nombreuses, et les entreprises françaises sont présentes sur ce marché à fort potentiel. Zoom sur leur situation.

L’efficacité énergétique, une des révolution promise par le Grenelle de l’Environnement, est en tout cas devenue une source d’innovation sans fin. Aussi, l’occasion pour tout un tissu d’entreprises d’intégrer ce marché dont le volume financier ne cesse d’augmenter. Pour les industriels comme pour les hercheurs, la donne est la suivante : comment construire, rénover et gérer autrement les bâtiments tertiaire, industriel et résidentiel afin d’économiser l’énergie consommée et de lutter contre le réchauffement climatique ? Un challenge d’une immense difficulté. 

Au niveau national, le contexte est le suivant :

En comparaison avec d’autres secteurs, les réductions de consommations d’énergie et d’émissions de CO2 sont les plus attractives aujourd’hui dans ce secteur avec des coûts d’abattement de la tonne de CO2 pouvant être négatifs (les gains énergétiques actualisés font plus que compenser l’investissement initial).

Pour les bâtiments résidentiels, soit 30 millions de logements, plus de 2,2 milliards de m², 28 % des consommations d’énergie finale et 12 % des émissions de CO2. Compte tenu du taux de renouvellement du parc (~1 % par an), les efforts d’amélioration de la performance énergétique devront se concentrer sur la rénovation, et notamment la rénovation des 19 millions de logements construits en France avant la première réglementation thermique de 1975. Ces logements représentent 58 % du parc et plus de 75 % de la consommation d’énergie du secteur : leurs consommations en énergie primaire sont en effet deux à trois  fois plus élevées que celles des logements récents (330 kWh/m²/an avant 1975 contre environ 100 kWh/m²/an après 1975).

Pour les bâtiments tertiaires, soit 0,9 milliard de m² et 25 % de la consommation finale d’énergie du secteur. Les problématiques sont multiples et liées au type de bâtiments, à la nature de l’activité et donc à l’usage de l’énergie (chauffage et eau chaude, électricité à usage spécifique, etc.). Les actions d’amélioration de la performance énergétique doivent se concentrer sur les branches les plus consommatrices d’énergies :

  • bureaux (25% de la consommation d’énergie totale) ;
  • commerces (23%) ;
  • écoles (13%) ;
  • hôpitaux (12%) ;
  • cafés, hôtels et restaurants (10%).

Un tissu industriel diversifié

La filière efficacité énergétique des bâtiments française avec 310 000 entreprises et 1,3 millions de personnes est l’un des moteurs de la croissance. Elle est constituée d’un tissu industriel diversifié avec des groupes internationaux leaders sur toute la chaîne de valeur de l’efficacité énergétique dans le bâtiments et des PME et TPE présentes sur tout le territoire. Du fait de sa taille, la filière souffre néanmoins d’une forte fragmentation et d’une inertie dans le changement des pratiques, qui se manifeste particulièrement dans la formation aux nouveaux enjeux de l’efficacité énergétique dans le bâtiment.

Quoiqu’il en soit, elle possède des atouts incontestables, avec notamment des entreprises françaises leaders internationaux dans toute la chaine de valeur de l’efficacité énergétique dans les bâtiments :

  • produits de construction (Saint-Gobain, Lafarge, Vicat) ;
  • exploitation énergétique (Dalkia , Cofely,) ;
  • équipements (Schneider, Legrand) ;
  • du BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage, ) ;
  • de l’ingénierie et de la mesure ( smartmetering) SPIE.

Aussi, la dynamique de rapprochement entre filières issue du Grenelle permettant des combinaisons entre PME et grands opérateurs pour gagner des contrats a donné un nouvel élan à tout le secteur. Enfin, la prise de conscience sur le territoire, avec des collectivités qui structurent leur action et initiatives de regroupements d’artisans, participe à cet élan.

Mais les choses ne sont pas si roses. Le contexte français révèle des lacunes qui n’ont rien de nouveau :

  • la fragmentation et l’atomisation du tissu ;
  • une formation qui évolue lentement, notamment en ce qui concerne les référentiels de l’Education Nationale ;
  • manque de réalisations BBC d’ampleur ;
  • un manque d’offre en prestation globale hors les majors du BTP ;
  • une Maîtrise d’Ouvrage publique non exemplaire et mal préparée ;
  • freins à l’usage de procédés innovants (agro-produits) par les procédures administratives d’agrément technique ;
  • foisonnement d’informations rendant difficile d’accès l’information qualifiée pour un tissu d’acteurs majoritairement composé d’artisans.

Un marché en plein essor… et subventionné

La combinaison des objectifs réglementaires issus du Grenelle de l’environnement et des aides accordées pour la rénovation énergétique des bâtiments devrait fortement dynamiser le marché. Le potentiel de croissance est important en cas de mise en oeuvre massive de ces solutions à horizon 2020 : cela représente un marché de 20 Md€ par an, 110.000 emplois nets et 82 TWh économisés annuellement.
Si on regarde vers l’avenir, le secteur français peut profiter de deux opportunités majeures : tout d’abord, la réalisation des rénovations et la mise en place des contrats de performance énergétique, susceptibles de générer près de 150.000 emplois à horizon 2020 et d’atteindre les objectifs du Grenelle en économisant plus de 200 TWh par an, soit plus de 20Mt de CO2. Ensuite, les exigences de qualification technique peuvent accélérer la structuration du secteur et améliorer son attractivité avec un effet à court terme.

Bien sûr, comme précédemment, le danger n’est pas loin. En effet, l’éparpillement des collectivités territoriales françaises risque de provoquer une fragmentation des initiatives. Plus culturellement, une difficulté de la part des agents privés et des collectivités à cibler les priorités pertinentes de rénovation de leur parc, ainsi qu’un manque de moyens financiers pour amorcer des travaux à temps de retour élevé représentent des freins potentiels importants, à ne pas négliger.

A l’heure actuelle, l’ambition pour la filière porte à la fois sur la rénovation du parc ancien (25 millions de logements) et sur les performances des logements neufs (3 millions de logements supplémentaires d’ici 2020). Le résidentiel qui constitue un gisement important d’économies d’énergies et d’émissions de CO2 à des coûts compétitifs, doit être une priorité pour l’Etat. Des solutions d’efficacité énergétique accessibles et efficaces doivent être mises en oeuvre pour diminuer significativement la consommation d’énergie et les émissions de CO2.

Posté le par La rédaction


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