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L’INERIS et les risques industriels

Posté le par La rédaction dans Environnement

Sébastien Richomme est délégué aux prestations du pôle Phénomènes Dangereux et Résistance des Structures à la Direction des Risques Accidentels de l’INERIS. Benjamin Le Roux a quant à lui participé aux travaux sur la résistance des vitrages dans le cadre des PPRT. Ils nous expliquent comment se sont déroulés ces travaux.

Instantanés techniques : Combien de personnes à l’INERIS travaillent sur les PPRT ?

Sébastien Richopmme / Benjamin Le Roux : La loi « Bachelot » ayant fait évoluer la façon de gérer le risque industriel, on pourrait dire que la notion de PPRT a une influence sur l’ensemble des activités de l’INERIS dans le domaine des risques accidentels. Plus précisément, sur la vulnérabilité des structures c’est une unité de six personnes, basée à Bourges, avec des profils d’ingénieurs / docteurs en mécanique et en mécanique des matériaux, qui y travaille. L’équipe dépend de la Direction des Risques Accidentels, qui a pour vocation d’évaluer et prévenir les risques liés aux phénomènes dangereux qui peuvent survenir dans les installations industrielles. Ces missions sont réalisées au travers par exemple d’analyses de risque, d’étude de la sécurité des procédés », de l’étude et de la modélisation de ces phénomènes dangereux, partie sur laquelle nous intervenons via notre pôle « phénomènes dangereux et structures ». Dans ce pôle vont être modélisés et étudiés par essais à différentes échelles tous les phénomènes -incendie, dispersion de toxiques, explosion-, ainsi que l’interaction entre ces phénomènes et les structures.

L’INERIS travaillait-elle déjà sur les risques industriels avant la mise en place des PPRT…

L’INERIS est issu du Centre de Recherches de Charbonnage de France (CERCHAR). Nous avons donc une histoire très ancienne en ce qui concerne les risques d’explosion et d’incendie : nos compétences puisent leur source dans une expérience de près de 60 ans. La force de l’Institut est sa pluridisciplinarité, qui permet de développer une expertise globale des sujets. La thématique « résistance des structures » est assez récente, puisque l’unité dans laquelle nous intervenons s’est créée au début des années 2000. Mais cette thématique a une place à part entière au sein des recherches menées à l’INERIS, car elle est complémentaire de l’étude des phénomènes dangereux.

 Avec qui collaborez-vous sur ces travaux d’expérimentation de la résistance des vitrages ? 

La thématique « vitrages », comme pratiquement l’ensemble des autres thématiques de l’INERIS, se nourrit à la fois des besoins des industriels et des pouvoirs publics. Nos axes de recherche sont étroitement liés aux besoins exprimés par ces deux types d’acteurs. Bien sûr, notre rôle est également d’être proactif. En travaillant sur le terrain, il s’agit, si possible, d’anticiper les demandes des pouvoirs publics pour leur fournir des solutions, mais aussi d’accompagner les industriels dans leurs démarches réglementaires et normatives.

 Qu’est-ce qui a changé dans votre travail depuis la mise en  place des PPRT ? 

La mise en place des PPRT a orienté nos travaux vers les bâtiments collectifs et individuels alors qu’auparavant nos recherches étaient principalement axées sur les bâtiments industriels. C’est dans cette veine que nous avons effectué une étude sur la résistance des fenêtres (voir illustration). Dans le cadre des PPRT, nous avons été amenés à estimer quels types de vitrages étaient le plus adaptés pour des habitations situées à proximité de sites sensibles.

Comment avez-vous procédé pour ces travaux ?

Il y a deux ans, nous n’avions pas encore que peu de données sur les fenêtres classiques, vendus dans le commerce, et sur la capacité à protéger les occupants des habitations vis-à-vis  des effets d’une onde de souffle en cas d’explosion. On fabrique depuis longtemps des vitrages résistants à ce type de surpression, mais ils sont très lourds et très chers, on ne peut pas imaginer généraliser ce type d’équipements aux habitations concernées, cela ne serait pas réaliste à plusieurs points de vues, financièrement par exemple, puisque la réglementation des PPRT ne peut pas imposer à un particulier de dépenser plus de 10 % de la valeur vénale de leur habitation. A partir des produits que l’industrie a mis en place depuis des années pour répondre à d’autres contraintes, nous avons travaillé et effectué des tests pour évaluer quels types de fenêtres pouvaient convenir à ces situations très particulières.

Vous vous êtes également basé sur l’expérience préexistante au niveau militaire…

Les travaux de recherche réalisés dans le cadre militaire sont effectivement une source importante de données. Néanmoins, les sollicitations dans le domaine militaire portent souvent sur des paramètres, des niveaux d’impact et des contextes d’étude qui sont différents de nos problématiques de risques industriels. Il nous appartient donc de tirer de ces résultats les données nécessaires au développement  des outils et des méthodologies adaptés à nos besoins.

Qu’en est-il des particuliers et des professionnels qui ont l’usage de ces données ?

L’étude sur les fenêtres a donné lieu à la sortie d’un premier guide, à destination des professionnels du bâtiment, afin de les aider à mieux appréhender les demandes de travaux faites par les propriétaires en cohérence avec les objectifs de performance issus des PPRT. Un deuxième guide, à destination des propriétaires, est sorti pour permettre à ces derniers de les accompagner dans leur démarche de renforcement des fenêtres.  Ce guide leur  donne des réponses aux questions suivantes : Pourquoi dois-je renforcer mes fenêtres ? Quels travaux sont à réaliser ? Qui puis-je contacter pour m’informer ? Quelles sont les aides ?

Propos recueillis par P.T

 

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