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L’IPv4 en Asie, c’est fini !

Posté le par La rédaction dans Informatique et Numérique

N'étant pas attendu avant l'été, l'Asie est le premier continent à avoir connu une pénurie d'adresses IPv4. La transition vers l'IPv6 devient inévitable.

L’Asie : Premier continent à atteindre la limite de l’IPv4

Alors que de nombreux observateurs estimaient en janvier que la pénurie d’adresses IPv4 ne serait plus qu’une question de semaines, le fait ne s’est pas fait attendre en Asie où la forte croissante des réseaux fixes et mobiles a engendré l’annonce récente de l’épuisement d’adresses IPv4 et le recours nécessaire à la transition vers l’IPV6.

Ne mesurant pas la manifestation de la pénurie avant l’été, le dernier lot d’adresses IP disponibles avaient été distiribués, selon une annonce en février de l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) et l’IANA (Internet Assigned Numbers Authorithy), organismes contrôlant l’accès au domaine virtuel et l’allocation d’adresses IP multicast au niveau mondial, aux RIR (Registres Internet Régionaux), parmi lesquels on compte l’APNIC (Asia Pacific Network Information Centre). Chacun de ses membres s’est vu attribué 1024 adresses IPv4 au maximum en vue de leur utilisation pour la prochaine transition vers la nouvelle génération IPv6.

 

Une transition inévitable vers l’IPv6

Outre l’existence de réseaux IPv6 en Chine, Japon, Corée du Sud et Taïwan, l’Inde a fait parti des pays s’initiant à l’exploration de l’impact de cette technologie et des meilleures méthodes pour en assurer la transition.

L’Inde a rédigé en juillet 2010 un document qui décrit la mise en œuvre du programme national (National IPv6 Deployment Roadmap version 1.0). Le gouvernement indien a demandé à ce que tous les fournisseurs de service IP en Inde soient en mesure de fournir IPv6 avant la fin 2011. Selon l’Indian Market Research Bureau, la nouvelle demande va s’orienter surtout vers les réseaux mobiles à haut débit.

En vue de la multiplication des réseaux fixes et mobiles, leur transition vers l’IPv6, initialement prévue dans les deux ans qui viennent par 350 000 experts de réseau, devient de plus en plus pressante et clairement inévitable.  Paul Wilson, directeur de l’APNIC, encourage vivement les opérateurs locaux à intégrer dès maintenant IPv6 aux évolutions de leurs infrastructures : « c’est un développement significatif pour un marché aussi dynamique que l’Inde. L’Inde est loin d’avoir atteint la saturation en termes d’adoption d’Internet, tant sur les réseaux fixes que mobiles. Et leurs nouveaux entrants ont besoin de petits volumes d’adresses IPv4 pour connecter leurs réseaux IPv6 aux zones d’Internet restées à IPv4 », explique-t-il.

Owen DeLong, responsable chez Hurricane Electric, un fournisseur d’adresses IP et FAI, annonce quant à lui qu’il est « urgent de déployer l’IPv6  afin de ne pas subir les perturbations liées à la pénurie en IPv4 ».

En prévision de la pénurie, un plan de transition vers le nouveau standard IP de l’APNIC a déjà été communiqué sur le web.

Des initiatives gouvernementales

Des initiatives ont été prises par des exploitants de réseau, des FAI et des autorités nationales et régionales pour se préparer à la transition vers l’IPv6.

Le gouvernement fédéral américain a demandé, le 28 septembre 2010, le déploiement de l’IPv6 à toutes ses agences, ce qui implique les serveurs et les services habituellement utilisés par les citoyens américains, telles que les applications de la Toile, la messagerie électronique et les serveurs DNS (américains), ceci avant la fin de l’année 2011. Parallèlement, les applications internes qui communiquent avec les serveurs publics de l’Internet ou qui transitent avec les réseaux d’entreprise doivent utiliser de l’IPv6 natif avant la fin de l’année 2014. Le budget du passage en IPv6 a été estimé à 75 milliards de dollars.

Taïwan, procédant au déploiement généralisé de l’IPv6, a ouvert des groupes de travail spécialisés en IPv6 sur VoIP, l’automobile (Carv6) et la santé (Healthcarev6), dans le cadre du programme de recherche régional ApecTel. La deuxième phase de son programme porte sur 6 millions d’abonnements au haut débit.

En France, la Défense nationale travaille depuis plus d’une dizaine d’années sur la transition de ses réseaux vers l’IPv6. RENATER, le Réseau National de télécommunications pour la Technologie, l’Enseignement et la Recherche française , est exploité depuis dix ans en IPv6. Parmi les propositions énoncées en faveur du plan pour « la France numérique de 2012 », présenté en Octobre 2008, on relève l’Action 149, « Introduire progressivement, à partir de 2009, la compatibilité avec IPv6 dans les marchés de l’Etat ». Mais au-delà de ces bonnes intentions, il n’existe pas encore en France une initiative globale pour faire face à la limitation prochaine de l’adressage Internet. Une association loi 1901, le G6, a également été créée, à l’origine, pour le déploiement d’un réseau français académique qui traite aujourd’hui de tous les aspects liés à l’IPv6, à la formation (tutoriaux, livre IPv6), à la promotion auprès des instances francophones (IPv6 Task Force France) et à l’aide technique.

En dépit de leurs initiatives, les gouvernements des autres continents devront très vite faire la transition vers l’IPv6 pour ne pas se retrouver dans la position actuelle de l’Asie et ne plus être en mesure de couvrir la demande en adresses IPv4.  Un fait est certain, toutes les adresses IP de version 4 seront utilisées avant la fin de l’année 2011.

Par Angélica Tavares Costa

 

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