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IPv4 : la France vit sur ses stocks

Posté le par Philippe RICHARD dans Informatique et Numérique

La pénurie d’adresses IPv4 se rapproche à grands pas. Depuis des années, on parle de la transition vers l'IPv6. Ce protocole présente deux atouts majeurs : une simplification du réseau et une amélioration de la connectivité des équipements. Ces deux facteurs pourraient favoriser l'émergence de nouveaux usages et stimuleraient l'innovation. Mais dans son dernier rapport, l’ARCEP constate que le passage de relais reste lent…

Le protocole IP (Internet Protocol) est la clé de voûte d’Internet. Tout ordinateur relié au web doit disposer d’une adresse permettant de l’identifier. Cette adresse est composée de 4 nombres décimaux séparés par des points, c’est ce que l’on nomme l’IPv4. Utilisé depuis 1983, ce système arrive à saturation, car il ne permet de gérer que 4,3 milliards d’adresses IP publiques à l’échelon de l’Internet mondial.

L’IPv4 utilise en effet un espace d’adressage 32 bits équivalant à 4 octets. Cela signifie que le nombre total d’adresses IP sur Internet peut aller jusqu’à 2 ^ 32.

L’épuisement complet des adresses IPv4 est annoncé depuis plusieurs années. En 2011, il devait être imminent. À l’époque, on s’appuyait notamment sur une étude du cabinet d’analyse Gartner qui indiquait qu’environ 1,6 milliard de téléphones mobiles, dont 19 % de smartphones, avaient été vendus dans le monde en 2010. Chacun possédant évidement une adresse IP !

Une meilleure sécurité

En France, fin juin 2018, les quatre principaux opérateurs avaient attribué entre 88 % et 99 % des adresses IPv4 qu’ils possédaient. À ce rythme, l’épuisement du stock pourrait intervenir à la mi-2020, estime l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) dans son rapport intitulé « L’état d’internet en France ».

Nous sommes donc en retard.  Pourtant, les choses avaient bien commencé. Le 8 juin 2011, pendant 24 heures, les plus gros acteurs du web (Google, Facebook et Yahoo ! notamment) avaient basculé tous leurs serveurs en IPv6. Certains fournisseurs français (comme Free et Nerim) avaient entamé cette migration.

Depuis, le passage à l’IPv6 ne se fait pas à haut débit ! Fin juin 2018, sur le réseau fixe, la moitié des clients Free et presqu’autant (45 %) des clients Orange étaient activés en IPv6. Les taux s’élevaient à 2,5 % chez Bouygues Telecom et 0,9 % chez SFR. Sur le réseau mobile, la migration est encore moins entamée : 7 % chez Bouygues Telecom et 1 % chez Orange. Rien du tout chez les deux autres.

En adoptant l’IPv6, la France pourrait surfer sans soucis ! Finalisé en 1998, ce protocole dispose en effet d’un grand espace d’adressage de 128 bits. Et le nombre total d’adresses uniques sont 2 128. Ainsi, la limite des adresses IP ne va pas être dépassée pendant de nombreuses décennies ou peut-être des siècles.

Par rapport à l’IPv4, l’IPv6 intègre des fonctionnalités pouvant renforcer la sécurité de bout en bout (protocoles cryptographiques, certificats d’authentification…) sur une connexion et optimiser le routage (ce protocole intègre une fonctionnalité appelée autodécouverte qui permet aux machines et aux routeurs sur un réseau de se trouver et de se parler) .

Enfin, aucune préférence n’est accordée à une région particulière dans le monde. Actuellement, près de 50 % de toutes les adresses IP sont réservées aux États-Unis…

Pour aller plus loin

Posté le par Philippe RICHARD


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