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Liste candidate : les bonnes pratiques de PSA

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

[Interview] Laurent Sarabando - PSA Peugeot Citroën

Une chaîne d’approvisionnement longue et complexe, des pièces de rechange avec une certaine durée de vie, des projets de développement sur trois ans… le secteur automobile doit faire face à des défis importants liés à la réglementation REACH. Mais il dispose aussi de deux atouts : la volonté de travailler ensemble et un contexte réglementaire déjà très contraignant qui l’a préparé à relever de tels défis.

Dans le cadre de la réglementation REACH, les fabricants doivent communiquer tout au long de la chaîne d’approvisionnement sur les substances de la liste candidate à l’autorisation (30 substances jugées substances extrêmement préoccupantes). Ils ont aussi une obligation de notification auprès de l’ECHA. Une fois que la liste des substances soumises à autorisation (Annexe XIV) sera publiée, ils devront soit substituer la substance, soit obtenir une autorisation. PSA Peugeot Citroën a mis en place un groupe de travail depuis 2006 qui réunit les experts HSE, les services techniques, les achats, la direction juridique… Le service auquel appartient Laurent Sarabando doit déployer le plan d’action du groupe de travail et gérer tous les échanges avec l’extérieur. Pilote Reach, il revient sur l’expérience du constructeur concernant la liste candidate.

Techniques de l’ingénieur : Quelle est le contexte propre à l’industrie automobile ?
Laurent Sarabando : Nos chaînes d’approvisionnement s’avèrent longues et complexes, comprenant trois à cinq niveaux, voire plus. Nous travaillons avec environ 1.500 fournisseurs de rang 1, qui eux-mêmes ont en moyenne 500 fournisseurs de rang 1. Nos produits contiennent une grande diversité et quantité de pièces. Par ailleurs, les pièces de rechange ont une durée de vie de 10 à 15 ans après la fin de la production d’un véhicule. Nous fabriquons des produits à haute valeur technologique qui nécessitent un temps de développement de 3 ans en moyenne, et on peut difficilement reconcevoir des pièces majeures du véhicule en-dehors de la phase de développement de celui-ci.

Quelles substances de la liste candidate sont-elles susceptibles de concerner le secteur automobile ?
Il y en a très peu. Ce sont surtout les phtalates qui pourraient poser problème. Cependant, la liste candidate connaît des révisions une ou deux fois par an. Il faut donc se structurer dans la durée et travailler en étroite collaboration avec nos équipementiers.

Comment le secteur fait-il face aux enjeux de REACH ?
D’un point de vue réglementaire, nous sommes soumis à des obligations depuis longtemps, notamment depuis 2003, sur les véhicules hors d’usage (VHU), avec des obligations de collecte et de transmission d’informations. Pour y répondre, à l’instar des autres constructeurs automobiles, PSA a mis en place un processus informatisé de collecte des données relatives à la masse, la matière et les substances sur l’ensemble des pièces constitutives du véhicule. Nos fournisseurs appliquent ce processus et renseignent l’ensemble des informations nécessaires dans l’application informatique dédiée. Le processus et l’outil associé de collecte nous permettront donc de répondre à REACH.

Comment suivez-vous l’évolution de la liste candidate ?
Nous devons anticiper au maximum les nouvelles entrées dans la liste candidate. Lorsqu’une substance pose une problématique technique (pas de solution alternative mâture), l’industrie automobile participe aux consultations nationales ou à celles de l’ECHA pour faire remonter ces informations et faire entendre nos difficultés. Par ailleurs, il faut se préparer au plus tôt pour pouvoir substituer les substances ou si besoin mener des études de solutions alternatives.

Vous devez informer vos fournisseurs lorsqu’une substance est introduite dans la liste candidate. Comment cela se passe-t-il ?
Via notre processus de reporting, nous générons des alertes lorsqu’une substance est introduite en demandant aux fournisseurs de la transmettre à toute la chaîne. Cela se concrétise par des envois de mails, et des mises à jour des fiches produits en cascade. Nous cherchons ensuite à inciter toute la chaîne d’approvisionnement à ne pas utiliser ces produits. Cela passe par des spécifications techniques et des clauses d’achats. Les fournisseurs hors Europe n’étant pas soumis à cette réglementation, les différents documents contractuels mentionnent donc bien cette obligation.

Quelles sont vos obligations envers vos clients ?
Nous devons répondre à toutes les demandes des clients au sujet de l’utilisation des substances dans un délai de 45 jours. Nous avons donc dû nous organiser au niveau de notre réseau commercial. Nous utilisons l’outil de remontée d’information donc nous disposons pour les questions techniques. Pour l’instant nous ne recevons que très peu de demandes. Propos recueillis par Corentine GasquetLaurent Sarabando, pilote REACH pour PSA Peugeot Citroën, animera une partie de la formation RISQUE CHIMIQUE 2010 : comment s’organiser pour tenir les délais ? organisée par Techniques de l’ingénieur. Rendez-vous le mercredi 30 juin ! En savoir plus

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