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Persévérer dans la voie du plastique biosourcé

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

Les sacs plastiques non biodégradables, d’origine pétrolière, sont un véritable fléau. Ils se retrouvent souvent dans l’environnement au lieu d’être jeté à la poubelle ou convenablement recyclé. L’université de Caroline du Sud apporte sa contribution.

Quel « meilleur » symbole que le sac plastique pour incarner la prolifération des produits jetables, ainsi que le lourd tribut qu’ils font payer à l’environnement ?

Il suffit d’une seconde pour transformer six grammes de polyéthylène d’origine pétrolière en un sac plastique des plus banals – par extrusion-gonflage – mais l’on estime à plusieurs centaines d’années le temps nécessaire à sa dégradation dans la nature, lorsqu’il y termine sa course. Si les plus évidentes considérations écologiques ne font pas mouche, le problème de l’origine pétrolière de la grande majorité des sacs plastiques oblige les industriels et les scientifiques à se tourner vers des alternatives biosourceés, biodégradables (fragmentables) et surtout renouvelables, alors que l’on estime que la production de pétrole est amenée à diminuer dans les décennies à venir.

L’université de Caroline du Sud a décidé d’apporter sa pierre à l’édifice, en développant à son tour un nouveau matériau plastique écologique. Le polymère sur lequel les universitaires américains ont planché prend sa source dans la résine de certains conifères, pins et sapins en tête. Le groupe de chercheurs, dirigé par Chuanbing Tang, professeur de chimie à l’USC, utilise l’essence de térébenthine ainsi que la colophane comme matériaux de départ, exploitant leur richesse en hydrocarbures proche de certains composants du pétrole. L’essence de térébenthine (liquide et odorante) et la colophane (solide et inodore) sont obtenues après purification et distillation de l’oléorésine issue des conifères.

Des performances inférieures

Si les matériaux de départ sont riches en hydrocarbures (peu importe qu’ils proviennent du pétrole ou de résine végétale), ils peuvent être convertis en polymères : on parle alors de… polymérisation. « Les polymères d’origine renouvelables souffrent actuellement de performances inférieures, en comparaison aux performances réalisées par les polymères dérivés du pétrole », explique Chuanbing Tang. Pas de surprise : fruits de plus d’une centaine d’années de recherche et de découvertes, ces derniers (le plexiglas, le PVC, le polycarbonate et tant d’autres…) sont de véritables succès scientifiques, mais la polymérisation et le développement de matières plastiques biosourceés issues de matériaux renouvelables n’en sont, eux, qu’à leurs balbutiements. Et ces premiers pas sont pour le moins prometteurs.

« Les molécules dérivant du bois sont une source importante de composés aliphatiques cycliques et d’hydrocarbures aromatiques, dont les résultats sont plus que probants après polymérisation », continue-t-il, avant de conclure : « Leur structure moléculaire rigide ainsi que leur hydrophobie sont particulièrement appréciés des scientifiques », car ce sont des matériaux qu’ils peuvent travailler avec aisance. Autre avantage : à la fin de leur cycle de vie, ces polymères biosourcés retrouvent leurs affinités avec certains microbes et bactéries, favorisant ainsi le processus de biodégradabilité. Et se décomposent rapidement dans la nature pour peu que, épris d’un artificiel sentiment de liberté, ces polymères y finissent leur course.

Par Rahman Moonzur, journaliste scientifique

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