Les promesses d’intégration de l’IA dans les objets et les machines du quotidien vont se confronter à la disponibilité réelle des produits lors du Consumer Electronics Show (CES), le grand salon mondial annuel de la tech, qui ouvre ses portes mardi à Las Vegas, dans l’ouest des Etats-Unis.
« L’écart entre le battage publicitaire autour de l’intelligence artificielle et les attentes réelles des consommateurs va s’accentuer lors de ce CES 2026 », prédit Thomas Husson, analyste principal chez Forrester. Car « si les logiciels et les modèles d’IA évoluent à la vitesse de la lumière, l’énergie et le matériel, eux, évoluent à la vitesse de la physique. »
Néanmoins, il s’attend à ce que le CES présente une vaste gamme d’appareils « intelligents dopés à l’IA »: téléviseurs, électroménager, ordinateurs personnels (PC), véhicules ou encore le secteur des accessoires connectés, dit « wearables », comme les lunettes, les écouteurs ou les bagues de suivi de santé.
Les analystes prévoient que cette immense foire annuelle, qui a attiré plus de 142.000 participants l’an dernier dans le Nevada, verra les exposants vanter des produits allant des robots humanoïdes et des exosquelettes aux jouets dopés à l’IA générative, en passant par d’énormes véhicules miniers autonomes.
Avec des milliers d’exposants, ce rassemblement d’une semaine englobe des salons thématiques, dédiés à la voiture connectée, aux engins de chantiers et agricoles ou encore à l’IA en soi. Démonstrations, présentations et, en marge, nombre de rendez-vous d’affaires, se succéderont dans un immense palais des congrès ainsi que dans les salles de réception et suites d’hôtels de la capitale mondiale des jeux d’argent.
– « AI washing » –
« Il ne fait aucun doute qu’une partie de tout cela sera de l’AI washing », avec son cortège de promesses marketing fausses ou gonflées, estime Avi Greengart, analyste chez Techsponential.
« Mais nous verrons aussi des fonctionnalités réellement utiles, portées par les avancées de l’apprentissage automatique (machine learning), qui offrent de nouvelles capacités à toute une gamme de produits, des téléphones aux téléviseurs, en passant par la santé numérique et l’automobile », ajoute-t-il.
L’essor des lunettes connectées, comme celles de Meta avec Ray-Ban et Oakley, devrait « lancer la course aux accessoires IA », selon Thomas Husson, d’autant qu’environ 10% des consommateurs en auront testées d’ici la fin de l’année.
Avi Greengart s’attend aussi à un accent mis sur les PC, en pleine rivalité entre Intel, AMD et Qualcomm pour produire des puces capable d’opérer toutes les fonctionnalités de l’IA générative tout en réduisant la consommation d’énergie et sauvegardant la batterie.
L’analyste tempère toutefois: un « énorme nuage plane sur l’industrie du PC » vu l’envolée des prix pour les puces de calcul et de mémoire. Les fabricants privilégiant les besoins colossaux des centres de données pour l’IA, les stocks de composants pour ordinateurs portables ou consoles de jeux ont fondu, faisant grimper les prix.
« L’IA est clairement une affaire qui englobe tout ce CES, tant en termes de nouvelles capacités que de pressions supplémentaires sur les prix », souligne M. Greengart.
– Guerre commerciale –
Si les géants chinois comme Lenovo, Hisense et TCL sont attendus, de nombreux fabricants de Chine seront absents en raison de la guerre commerciale avec les États-Unis.
« La présence des vendeurs chinois est nettement plus réduite que sous les administrations précédentes », note M. Greengart, un an après le retour de Donald Trump au pouvoir. « Tout ça est largement à cause de la géopolitique. »
L’industrie électronique doit composer désormais avec des changements fréquents et imprévisibles sur les droits de douane américains.
Ce fut « une vraie difficulté dans des secteurs où le président des États-Unis a plus de 100 fois modifié ou imposé des droits de douane depuis son investiture », fustige Gary Shapiro, président de la Consumer Technology Association (CTA), qui organise le CES. « Les dirigeants avec qui j’échange passent probablement plus de temps sur les questions juridiques et réglementaires que sur l’innovation. »
Malgré tout, le CES reste un lieu incontournable pour conclure des contrats. « Ce n’est pas forcément là que l’on trouve la prochaine grande révolution, » conclut Avi Greengart. « Mais c’est au CES qu’on a une claire vision des tendances et quels sont les secteurs où l’industrie investit. »
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