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Les États-Unis utilisent l’énergie comme « moyen d’influence » (PDG de TotalEnergies)

Posté le par AFP

Les États-Unis utilisent l’énergie comme « un moyen d’influence sur le reste du monde », a estimé Patrick Pouyanné, le patron de TotalEnergies, dans une interview à La Tribune Dimanche réalisée avant l’intervention américaine au Venezuela.

« Le basculement majeur de ces quinze dernières années (…) repose sur la mutation des États-Unis » d’un pays importateur de pétrole et de gaz en « gros producteur de pétrole mondial » et « en passe de devenir le plus gros producteur et exportateur de gaz naturel liquéfié », grâce au pétrole et au gaz de schiste, souligne-t-il dans cet entretien, mis en ligne samedi soir.

« Cette domination énergétique » a bouleversé l’économie mais aussi « l’ensemble des dynamiques internationales », réduisant notamment la dépendance des États-Unis envers le Moyen-Orient, analyse le PDG du groupe pétrolier français qui, comme les autres, fonde son activité sur l’analyse géopolitique mondiale.

Selon lui, « les États-Unis regardent le monde avec leurs lunettes. Leur monde. La Chine, le Pacifique, le Venezuela, l’Amérique du Sud… ». « Ils ne souhaitent – ne peuvent – plus être +les gendarmes du monde+ ».

Dans ce contexte, le problème « à court terme, c’est de savoir si nous Européens sommes capables de faire face à la Russie dans le conflit ukrainien ».

À ce titre, il note que l’Allemagne a « enfin décidé (…) de réviser son hyperdépendance vis-à-vis des USA depuis 1945 » en modifiant sa Constitution pour investir 500 milliards d’euros dans la défense et 500 milliards dans les infrastructures.

L’Europe doit aussi s’occuper de son industrie au lieu de produire « sans cesse » des normes alors que « le système d’innovation américain semble fonctionner mieux que le système d’innovation européen ». L’Union européenne « est une Europe de consommateurs, doublée d’une Europe de l’écologie. Pas une Europe de l’industrie », déplore-t-il.

En ce sens, il estime que l’assouplissement de l’interdiction des voitures à moteur thermique en 2035 est « une décision pragmatique » et que c’était « une erreur profonde » de vouloir « imposer une technologie par la loi ».

Jugeant « impossible » de fermer les frontières à la Chine, leader dans les véhicules électriques, le dirigeant préconise « un dialogue plus exigeant » avec ce pays, en imposant par exemple « des co-entreprises à 50-50 en Europe comme (les Chinois) nous l’ont demandé quand nos entreprises ont voulu s’implanter en Chine » et « l’implantation de vraies usines, pas simplement de l’assemblage, pour créer de vrais emplois ici ».

dlm/abb/abl

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