Chiffrement étendu, déconnexion d’internet : le patron de Microsoft, Satya Nadella, a présenté mardi à Paris de nouvelles fonctionnalités pour ses services d’informatique à distance (cloud) destinées à rassurer les entreprises européennes préoccupées par la question de la souveraineté de leurs données.
« La souveraineté et le fait de disposer de modèles que l’on contrôle, ainsi que de boucles d’apprentissage que l’on maîtrise, constituent probablement aujourd’hui l’aspect le plus important en matière de souveraineté », a déclaré le directeur général du groupe américain, de passage dans la capitale française à l’occasion d’un événement organisé par l’entreprise.
Microsoft a notamment annoncé une extension de ses capacités de chiffrement, avec le déploiement de la technique dite d' »informatique confidentielle » pour les infrastructures gérées par ses clients.
Cette fonction, déjà présente sur le cloud public du groupe, permet de chiffrer les données au moment où elles sont utilisées au niveau du processeur central de l’ordinateur, et plus seulement sur le serveur où elles sont stockées par exemple.
L’entreprise basée à Redmond (Etat de Washington) va aussi faciliter pour les sociétés le basculement de leurs données placées dans le cloud vers un environnement déconnecté d’internet, « afin que les usages essentiels puissent continuer à fonctionner en cas de perturbation », selon une note de blog.
Avec ces offres, le géant américain des logiciels cherche à répondre aux inquiétudes de ses clients européens qui craignent une potentielle coupure de service abrupte pour des raisons géopolitiques ou opérationnelles.
En juin, Washington avait ainsi contraint la start-up américaine spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA) Anthropic, créatrice du logiciel Claude, à couper l’accès de tout ressortissant étranger à ses modèles les plus puissants, exposant au grand jour les dépendances technologiques du Vieux-Continent.
Le marché du cloud européen est largement dominé (environ 70% de parts de marché) par des entreprises américaines, comme Microsoft, AWS (Amazon) et Google.
Pour prendre en compte ces préoccupations, Microsoft met aussi en avant son partenariat avec l’entreprise d’IA française Mistral, qui lui loue sa puissance de calcul, et son offre Bleu, coentreprise entre deux acteurs français (Orange et Capgemini) qui exploite la technologie de Microsoft.
La qualification de cloud « souverain » doit être maniée avec prudence, relève toutefois auprès de l’AFP l’avocate Claire Poirson du cabinet Firsh, spécialisé dans le droit numérique.
« La localisation des données en Europe ne suffit pas, à elle seule, à caractériser la souveraineté d’un cloud », a-t-elle pointé, ajoutant que « si la donnée est contrôlée par une entreprise américaine, elle est tenue par des lois américaines à portée extraterritoriale. »
dax/mch/spi
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