Les Etats-Unis ont formellement autorisé mardi l’exportation par le géant américain Nvidia de certaines de ses puces électroniques vers la Chine, sous conditions, en application du revirement politique qu’avait annoncé début décembre Donald Trump.
Cet accord autour des processeurs graphiques (GPU), très recherchés notamment pour le développement de l’intelligence artificielle (IA), concerne les puces H200, un produit qui n’est pas le plus avancé de la gamme de Nvidia.
Leur exportation vers la Chine, jusqu’à présent interdite par défaut par Washington dans le cadre de sa rivalité technologique avec Pékin, se fera désormais au cas par cas, selon un texte officiel du ministère américain du Commerce.
Mais, selon le média spécialisé The Information, la Chine cherche de son côté à limiter les achats de puces américaines et compte drastiquement restreindre l’achat de H200 par des clients chinois à quelques exceptions, telles les laboratoires de développement ou la recherche universitaire, afin de favoriser les puces chinoises.
The Information avait précédemment indiqué que des responsables chinois demandaient aux entreprises du pays de suspendre leurs achats de H200, le temps que Pékin détermine d’éventuelles règles leur imposant l’acquisition d’un certain ratio de puces pour l’IA fabriquées en Chine par des concurrents de Nvidia.
Les exportations de puces américaines vers la Chine sont un sujet de tension depuis plusieurs années, l’ex-président Joe Biden puis son successeur Donald Trump craignant, en particulier, qu’elles ne soient utilisées à des fins militaires.
Dès 2022, le gouvernement Biden avait mis en place des restrictions à l’export. Nvidia y avait remédié en concevant un processeur graphique moins puissant, le H20, afin de satisfaire aux limites imposées par les Etats-Unis et pouvoir ainsi accéder au marché chinois.
La capacité de calcul des H200 est plus de six fois supérieure à celle des H20, selon un rapport du groupe de réflexion Institute for Progress, mais elles ont environ 18 mois de retard de développement par rapport aux puces les plus sophistiquées de Nvidia, qui resteront interdites à la Chine.
Le président Trump cherche à limiter les bénéfices que peuvent tirer les entreprises chinoises de la technologie américaine, mais entend, dans le même temps, en faire un standard dominant au plan mondial, ce qui nécessite d’autoriser son exportation.
L’autorisation de vente des H200 en Chine a provoqué en décembre la colère de l’opposition démocrate à Washington, qui redoute que cette puissance de calcul ne soit utilisée par la Chine, grand adversaire des Etats-Unis, pour renforcer son arsenal militaire.
Par ailleurs, les restrictions américaines ont encouragé Pékin à accélérer tous azimuts le développement de ses propres technologies. Le patron de Nvidia, Jensen Huang, a répété à plusieurs reprises que la Chine n’était qu’à « des nanosecondes » des Etats-Unis pour la conception des semi-conducteurs avancés.
Mercredi, la start-up chinoise d’IA de premier plan Zhipu AI a d’ailleurs annoncé qu’elle avait utilisé des puces fabriquées par le géant technologique chinois Huawei pour entraîner son nouveau générateur d’images.
Zhipu AI a décrit son outil comme « le premier modèle multimodal de pointe à mener l’ensemble du processus d’entraînement en s’appuyant sur une puce produite localement » en Chine.
Cette start-up a fait une entrée fracassante en Bourse à Hong Kong la semaine dernière. Son action a depuis grimpé de 75%. C’est l’une des nombreuses introductions boursières spectaculaires de sociétés chinoises de puces et d’IA générative ces derniers mois, l’enthousiasme pour l’essor du secteur tech l’emportant chez les investisseurs sur les craintes d’une « bulle ».
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