Assurant plus de 86 % des déplacements voyageurs et marchandises
en France, la route est un patrimoine unique qui constitue un maillage
essentiel et permet un accès aux services partout sur le territoire.
Ce patrimoine routier est constitué de différents éléments interconnectés
qui ont chacun leur singularité en termes de gestion : les routes
elles-mêmes avec près de 1,1 million de kilomètres, intégrant la structure
de chaussée et le revêtement ; les ouvrages d’art comprenant les quelque
250 000 ponts, les murs, les buses, les tunnels ; les ouvrages en
terre avec les déblais, les remblais et les blocs techniques ; les
ouvrages hydrauliques et d’assainissement et finalement les équipements
nécessaires à l’exploitation.
Après la réalisation de larges programmes de construction routière
pour faire face à l’accroissement du trafic durant les 60 dernières
années, le réseau routier en France a atteint un niveau satisfaisant
de maturité pour assurer le maillage du territoire, la poursuite de
son extension se situant principalement au niveau local en lien avec
celle de l’urbanisation. La préoccupation des autorités en France,
comme dans d’autres pays de l’Europe de l’Ouest, s’est désormais tournée
vers la maintenance de ce patrimoine routier existant.
En France, la plus grande partie de ce réseau est aujourd’hui
gérée par les collectivités, environ 382 000 km par les départements
et 715 000 km par les communes, notamment à la suite de plusieurs
vagues de décentralisation, la plus récente étant liée à la mise en
place de la loi 3DS en 2022.
Une évolution des modalités de calcul du linéaire routier communal
est cependant constatée depuis 2024 dans les chiffres clés des transports
publiés par le Service des données et études statistiques (SDES).
En effet, la longueur de voirie communale « classée dans le domaine
public communal » est désormais remplacée par les voies recensées
par l’IGN. Cette modification crée une rupture dans la série, avec
près de 200 000 km de voirie supplémentaire par rapport aux 715 000
km comptabilisés jusque-là.
L'amélioration de la qualité et de la sécurité des réseaux routiers
figure dans la loi d'orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre
2019 qui fixe les orientations stratégiques et programmatiques en
matière d'investissements dans les systèmes de transport, de modernisation
des infrastructures et d'organisation des usages. Pourtant, les gestionnaires,
tant au niveau national que local, sont confrontés à des arbitrages
budgétaires, ce qui peut entraver la mise en place de stratégies optimales
d’adaptation et d’entretien des réseaux routiers, face aux dégradations
qu’ils subissent, entraîner la formation d’une dette grise par report
des investissements en entretien requis et in fine affecter les usagers
de la route : limitation temporaire, restriction de circulation, voire...