Longtemps éclipsée par les succès du TGV d’une part, et d’autre
part par ceux de la RATP qui avait lancé les deux premières lignes
de réseau express régional (RER) en région parisienne, la spécificité
de l’exploitation ferroviaire en zone dense, tout particulièrement
en banlieue parisienne, a conquis progressivement ses lettres de noblesse
et sa reconnaissance internationale à partir de 2015.
La croissance, soutenue et régulière, des réseaux RER RATP et
des lignes de SNCF Transilien a rapidement été confrontée à des enjeux
récurrents de capacité et de qualité de service. Le lancement du programme
des lignes du Grand Paris Express a été le déclencheur d’une nouvelle
prise de conscience des spécificités de l’exploitation de ces lignes
ferroviaires à grand gabarit, de leurs interactions essentielles avec
les autres réseaux de transport, et d’une nouvelle approche de la
gestion des flux de passagers, y compris dans les pôles d’échange.
Pour incarner cette nouvelle approche de l’exploitation, SNCF
Transilien a mis en avant à partir de 2015 la notion de «
Mass
Transit
» (terme repris de l'anglais) pour caractériser l’exploitation
de son réseau de banlieue parisienne
, en insistant sur deux caractéristiques :
le flux massif et quasi permanent de passagers. Cette approche a été
ensuite reprise pour quelques lignes régionales présentant une conjonction
de caractéristiques similaires de densité de circulations ferroviaires
et de flux de passagers (cas notamment de l’étoile de Nice et de la
liaison Lorraine-Luxembourg). L’exploitation ferroviaire du mass transit
n’est plus simplement l’art de faire passer les trains à l’heure,
mais bien de réguler simultanément les flux de passagers pour garantir
la fréquence et la ponctualité des trains, et la circulation des trains
pour assurer une capacité d’emport suffisante à toute heure. Le point
crucial de l’exploitation est la maîtrise du temps d’échange nécessaire
à la descente puis à la montée des passagers notamment dans les pôles
d’échange.
Un degré très élevé de synchronisation des opérateurs d’une ligne
de mass transit ferroviaire (MTF) est requis pour éviter que les mouvements
de foule ne créent des phénomènes de boules de neige pouvant conduire
à l’effondrement de la capacité en quelques minutes. Les interactions
avec d’autres transporteurs dans les pôles d’échange ou sur des sites
remarquables mettent en mouvement des dizaines de milliers de passagers
par heure et doivent être également anticipées et concertées.
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