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Entrer dans la tête d’une mouche pour décoder son comportement

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

C'est à peu de chose près ce à quoi sont parvenus des chercheurs de l'Université de Northwestern dans l'Illinois. Ces derniers ont réussi, en couplant une technique de coloration des molécules à un dispositif d'imagerie à fluorescence, à suivre le cheminement de l'influx nerveux.

Point de sorcellerie à tout cela ! L’équipe de neuro-scientifiques, dirigée par le professeur Gallio, ne murmure donc pas à l’oreille des mouches et ne lit pas non plus dans leurs pensées.

En revanche, ils se sont servis de la méthode inventée par le biochimiste Roger Tsien, prix Nobel de chimie en 2008, « pour la découverte et le développement de la protéine fluorescente verte, la GFP », issue de la méduse bioluminescente Aequorea victoria. Tsien fut l’un des premiers à en développer des applications. Cette protéine est depuis employée comme marqueur en biologie.

L’équipe du professeur Gallio a étudié le cerveau de la Drosophila melanogaster, aussi appelée mouche du vinaigre, bien souvent utilisée dans des expériences en génétique. Elle l’a préalablement modifiée génétiquement de sorte que les molécules transmises par les synapses de la drosophile se teintent de différentes couleurs. Cette technique a permis de détecter précisément quelles synapses s’activaient en fonction de l’action des mouches. En cas d’envol par exemple, c’est une synapse en particulier qui s’allume.

La teinte des molécules pouvant tenir jusqu’à une heure, les scientifiques bénéficient, comme ils l’appellent, d’une « fenêtre temporelle » durant laquelle ils peuvent voir « quelle synapse a été utilisée dans la communication entre deux neurones pendant une expérience comportementale ou sensorielle particulière ». La lecture de ces signaux, à la lumière des microscopes à fluorescence, donne suffisamment d’indications pour en déduire le comportement de la mouche.

L’objectif n’est pas de pénétrer l’esprit des mouches bien sûr, mais de suivre l’activité des neurones, et aussi, parvenir in fine, à mieux comprendre le comportement d’un autre animal bien plus complexe : l’être humain, dont le cerveau compte 100 milliards de neurones contre à peine 100 000 pour la mélanogaster drosophila.

Par Sébastien Tribot

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