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La consommation mondiale d’aluminium, un indicateur du dynamisme de l’économie mondiale

Posté le par La rédaction dans Énergie

De par ses propriétés physicochimiques de légèreté, de ductilité, de conductibilité électrique et de résistance à la corrosion, l’Aluminium est un métal de plus en plus utilisé dans les industries de l’aéronautique en forte croissance, dans la conception des véhicules de transports routiers et dans divers modes de conditionnement.

C’est aussi un constituant privilégié des constructions d’habitations modernes et ses qualités de métal conducteur en font un substitut apprécié du cuivre devenu trop onéreux dans l’industrie des câbles. Comme de nombreux autres métaux, il donne lieu à une économie active de recyclage qui a assuré près de la moitié de la demande française d’aluminium en 2011 (l’économie circulaire, concept à la mode, dont se gargarisent certains, a été imaginée et mise en place il ya bien des décennies avec la récupération des batteries au plomb par exemple, elle donne toute sa mesure dans la production d’aluminium recyclé).

Le panel très large des cas d’utilisation font de ce métal un indicateur privilégié de la marche de l’économie mondiale. C’est ainsi qu’Alcoa, acteur mondial important dans la purification de l’alumine et l’électrolyse d’aluminium de première fusion, prévoit encore pour 2014 une croissance soutenue (+7%) de la demande de ce métal dans le monde tirée par la demande chinoise (+10%). Cette croissance porte la demande mondiale d’aluminium de première fusion , en 2014, vers les 52,8 millions de tonnes (fig.1) dont près des deux tiers est localisée en Asie.

Figure 1 : répartition géographique de la demande en Aluminium de première fusion en 2014 (Alcoa)

La production, dont plus de la moitié est réalisée en Chine en raison de la demande locale, du dumping énergétique de ce pays, dumping assis sur la combustion de charbon local ou importé et de faibles contraintes environnementales pour ce procédé d’électrolyse polluant. Il en résulte, depuis quelques années, un accroissement  continu des prix de ce métal sur l’ensemble du marché international (fig.2).

Figure 2 : Evolution des prix de l’aluminium de première fusion depuis 4 ans sur divers marchés mondiaux (Alcoa d’après Platts)

Les industriels des pays de l’OCDE, dont des pays européens, peuvent devant cette situation opter pour diverses options :

  • soit abandonner à l’industrie chinoise le soin de produire, à bas coûts et sans contraintes environnementales, l’essentiel de l’aluminium nécessaire à la bonne marche de l’économie mondiale ;
  • soit essayer par des méthodes innovantes et les moins polluantes possibles de maintenir ou de développer les productions occidentales de ce métal, ce qui suppose le maintient de prix de l’énergie incitatifs, énergie électrique nécessaire à la production de soude utilisée dans la purification de l’alumine et à l’électrolyse en sel fondu de la production d’aluminium. La production à bas coûts d’électricité à partir des gaz non conventionnels aux Etats-Unis est une opportunité pour maintenir localement ces productions. Quand à l’Europe, sorte de Sisyphe volontaire et exemplaire de la réduction des émissions de CO2, il lui faudra, peut-être, un jour, faire preuve d’un peu plus de réalisme, face aux milliards de tonnes de CO2 relargués tous les ans, en toute impunité, par la Chine et qui conduisent tout ses efforts à l’échec, par leur inefficacité, face au problème mondial de l’accumulation programmée de ce gaz dans l’atmosphère et dans les océans.

Par Raymond Bonnaterre

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