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Décryptage

Le mercure continue de s’accumuler dans le corps des poissons

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

D’après les dernières mesures, le mercure se concentre dans les eaux de surface où évoluent les poissons pêchés par l’homme.

Devra-t-on un jour renoncer à manger du poisson ?

La question se pose désormais sérieusement car à la problématique de la diminution des populations s’ajoute celle de la toxicité même du poisson. En effet, le taux de mercure mesuré dans leur chair est de plus en plus élevé, jusqu’à atteindre des niveaux incompatibles avec une consommation humaine.

Une étude parue dans Environmental toxicology and chemistry enfonce le clou en révélant que le thon d’Hawaï présentait un taux de mercure de 0.34 ppm en 2008, ce qui est supérieur au seuil recommandé aux Etats-Unis de 0.3ppm. Surtout, cette valeur augmente de 3.8% chaque année ! 

L’année dernière, Lars-Eric Heimbürger de l’Université de Brême, participait à la cartographie du mercure dans les océans. Cette campagne a permis d’observer que les océans ne contiennent « que » 600 000 à 800 000 tonnes de mercure, dont « seulement » 10 % proviennent de l’activité humaine. Pas de quoi se réjouir pour autant puisque le mercure est particulièrement présent dans les eaux de surface qui est l’environnement des poissons consommés par l’homme. 

Le problème du mercure est qu’il s’accumule dans l’organisme du poisson. Ainsi, lorsqu’un poisson en mange un autre, il ingère tout le mercure que ce dernier a pu accumuler au cours de son existence… C’est pourquoi il est fortement déconseillé de manger les poissons placés en haut de la chaîne alimentaire comme l’espadon, le requin ou encore le thon

Cette pollution au mercure n’épargne pas les eaux douces, avec des cas localement alarmants liés à la présence d’une contamination industrielle. Pour lutter contre la pollution au mercure et tenter d’enrayer le phénomène, 139 pays ont signé une convention dont le texte devrait être voté très prochainement en France.

A ce jour, les autorités sanitaires se veulent rassurantes, indiquant que la dose journalière maximum conseillée n’est pas atteinte. Toutefois, les populations à risque comme les femmes enceintes sont encouragées à limiter leur consommation de poisson.

Par Audrey Loubens

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