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Première mondiale : une entreprise espagnole établit son capital social en bitcoins

Posté le par La rédaction dans Informatique et Numérique

Vendredi 30 mai 2014 a été officiellement fondée à Madrid la première entreprise au monde à avoir choisi de constituer son capital social non pas en euros ni en dollars, ... mais en bitcoins. Ce choix a priori étrange est malgré tout étrangement bien adapté à l'activité de cette toute jeune entreprise espagnole, baptisée Coinffeine, qui a pour objectif de s'imposer comme plateforme d'échange de bitcoins. Mais de quoi parle-t-on au juste ?

Le terme de bitcoin désigne à la fois un système de paiement à travers le réseau Internet, et une unité de compte utilisée par ce système de paiement. Cette monnaie virtuelle est née en 2009 grâce à une personne, ou un groupe de personne connu sous le seul pseudonyme de Satoshi Nakamoto. Depuis lors, et malgré un cours extrêmement fluctuant, sa popularité et son utilisation n’ont cessé de croitre. Cette devise virtuelle ne dépend d’aucune banque centrale ni d’aucune institution, raison pour laquelle sa valeur ne cesse de fluctuer, en fonction du nombre d’usagers qui l’utilisent.

Chaque unité de bitcoin est créée au fur et à mesure qu’un réseau d’ordinateurs privés connectés entre eux via un système de peer-to-peer résout des algorithmes mathématiques. Ces usagers, appelés des mineurs, se répartissent ensuite les bitcoins créés en fonction de la puissance de calcul cédée par chacun d’eux. Un usager peut aussi changer d’autres devises pour des bitcoins par le biais de différents portails internet, ou vendre des services / produits en échange de bitcoins.

A la différence des autres devises, le bitcoin n’est pas émis par une banque centrale. Il est créé grâce au réseau peer to peer quand un ordinateur ou un réseau d’ordinateurs privés connectés entre eux trouve la solution à un problème de calcul complexe. Pour recevoir des Bitcoins, il faut mettre une partie de la puissance de calcul de son ordinateur au service de la résolution d’équations informatiques de plus en plus difficiles : c’est ce qu’on appelle miner les bitcoins. La difficulté des problèmes à résoudre est croissante, afin que le nombre de bitcoins créés soit divisé par deux tous les 4 ans. La quantité de cette nouvelle monnaie est en effet limitée : l’algorithme est prévu pour n’en créer que 21 millions en tout, un chiffre qui devrait être atteint théoriquement en 2140. A l’heure actuelle, environ la moitié du stock a été « minée ».

Lors de la création de Coinffeine, chacun de ses quatre fondateurs a apporté des bitcoins au capital social de la compagnie, pour une contrevaleur 3.000 euros, stockés sous la forme d’un chèque papier vérifié en présence d’un notaire, créant ainsi un précédent pour toute entreprise qui souhaiterait se constituer de cette manière. En tant que monnaie chiffrée anonyme, cet actif digital a dans un premier temps été rapidement adopté par les plateformes de transactions illégales telles que Silk Road -qui utilisait le réseau Tor et qui a été fermée une première fois par le FBI en octobre 2013. Toutefois, les bitcoins peuvent être utilisés dans tout commerce qui désire les accepter comme méthode de payement. De fait, il existerait à Madrid, d’après l’agence Europa press, plus de 50 établissements qui les acceptent pour paiement.

Bitcoin est donc actuellement utilisé en Espagne comme moyen de paiement, toutefois, comme en France il n’existe pour l’instant pas de loi qui régule ces transactions de manière explicite. Certains députés ont manifesté leur intérêt pour la question en posant des questions au Gouvernement sur la norme fiscale à appliquer au cas de l’acquisition de monnaies digitales telles que le bitcoin.

La toute jeune entreprise espagnole Coinffeine prétend quant à elle créer la toute première plateforme d’échange de Bitcoins qui opère de manière totalement décentralisée. Actuellement au stade de développement pré -alpha, et donc non-opérationnelle, qu’offre-t-elle de plus par rapport à d’autres plateformes d’échanges internationales telles que la géante japonaise Mt.Gox, – qui a été déclarée en faillite le 28 février dernier, suite à un détournement massif de bitcoins du fait, vraisemblablement d’un piratage informatique ?

L’approche naïve d’une transaction entre un individu A et B (chacun transférant librement à l’autre le montant défini de la transaction, sans intervention d’un tiers) ne fonctionne pas dans le cas d’un échange en ligne, qui est à priori réalisé sans lien de confiance entre les individus A et B : le premier à payer se retrouve à la merci de l’autre qui pourrait ensuite refuser de mener l’échange à son terme.

La solution classique à ce problème dit « d’absence de confiance » est de bénéficier du secours d’une tierce partie, en laquelle A comme B ont confiance et qui recevra leurs deux paiements avant de leur redistribuer, finalisant ainsi la transaction de manière sécurisée. Un grand nombre de plateformes d’échanges de bitcoins actuelles jouent ce rôle (BTC China, BitStamp, Kraken). Toutefois, et comme l’a démontré récemment le naufrage de MtGox, cette solution de la tierce partie de confiance présente le désavantage de positionner l’intermédiaire choisi – qui centralise un nombre important de transactions – comme une cible de choix pour d’éventuels pirates informatiques.

Pour contourner ce risque, Coinffeine a donc choisi de proposer une solution d’échange en « peer-to-peer » pour permettre l’échange de bitcoins avec d’autres valeurs sans impliquer de tierce partie. La sécurité de l’échange est garantie par un algorithme dit de « zero trust exchange » basé sur la théorie des jeux, qui met en place une chaine de micropaiements (micropayment channel) et de « dépôt de caution » pour forcer les deux usagers A et B à continuer leur coopération jusqu’à la finalisation de la transaction.

Derrière cette solution innovante – Coinffeine est la première plateforme mondiale d’échange de bitcoins en P2P, se cache une équipe de 4 développeurs de talent, qui avaient déjà pris part antérieurement à un autre projet d’envergure : « Smart Steps », dans le domaine du Big Data, et lancé en novembre 2012 en Grande-Bretagne par Telefonica.

Source : bulletins-electroniques.com

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