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Représentation ternaire de la situation énergétique des nations

Posté le par La rédaction dans Énergie

[Tribune]

Il est bien souvent difficile de comparer les performances énergétiques des nations entre elles, en raison de leurs tailles en population et en surface et de leurs choix énergétiques historiques ou de leur approche marketing qui tend, parfois, à les montrer plus vertueuses qu’elles ne le sont. 

Près de chez nous, par exemple, l’Allemagne est le type même de ces parangons de vertu, maniant les concepts fumeux de « virages énergétiques » alors que ses qualités énergétiques, dans la réalité assez « charbonneuses », sont très médiocres. De plus, son parc automobile est encore fort éloigné des standards spécifiés par l’UE.

Pour essayer de simplifier cette équation je vous propose de classer simplement les consommations énergétiques en trois grandes familles, et seulement trois: un, le pétrole et ses produits raffinés ; deux, les charbons et  lignite ; et enfin, en trois, toutes les autres formes de consommations allant du gaz naturel aux diverses formes d’énergies renouvelables, en passant par l’énergie nucléaire et l’hydroélectricité.

J’ai rassemblé les données par nations et pour le monde à partir du Tableau des consommations nationales énergétiques par types (« Primary Energy : consumption by fuel type ») publié dans la « BP Statistical Review » en Juin 2013.

Fig.1 : Mix des consommations d’énergies primaires en 2012

Dans ce type de graphique à trois axes (Fig.1), il est possible à partir d’un point représentant un pays de retrouver les parts des trois types de consommations énergétiques primaires, exprimées en pourcents. La part du charbon est obtenue sur l’axe charbon à l’interception de la demi-droite issue du point et parallèle à la base du triangle (Axe A), celle du pétrole grâce à  la demi-droite issue du point et parallèle à l’axe C et enfin la part des autres formes d’énergies au moyen de la demi-droite issue du point et parallèle à l’axe B du graphique.

Prenons un exemple : la Grèce qui consomme un peu plus de 25% de charbon et en proportion légèrement plus de pétrole que l’Arabie Saoudite, présente pour les autres énergies la consommation la plus faible du panel.

Sera énergétiquement vertueux et louable le pays dont le point représentatif sur ce graphique se rapprochera, en suivant la flèche, année après année du smile en bas à gauche (pétrole 0%, charbon 0% et autres 100%).

Dès le  premier examen de cette représentation, il est possible de distinguer deux points particuliers représentant la Chine et la Pologne qui se situent vers le haut du triangle avec des consommations de charbon élevées dont 64% pour la Chine, point le plus haut de la sélection.

Il est possible également, vers la base du triangle, entre la vertueuse Norvège et l’Arabie Saoudite de retrouver les Nations ne consommant pas, ou peu, de charbon dans leur mix énergétique. La Suède, la France en font partie.

Au centre du graphique l’Allemagne, les USA, représentent des Nations aux mix énergétiques diversifiés et proches de la moyenne mondiale,  tirée vers le haut par la Chine.

La France n’est pas très loin du cercle vertueux des Nations proches du smile (Norvège, Suède, Russie), pour le rejoindre il lui suffirait de réduire ses consommations de pétrole et de produits raffinés du pétrole, ce qui n’est pas une mince affaire.

Notre pays se trompe totalement de direction en dépensant ses maigres ressources financières dans des projets fumeux de génération éolienne offshore d’électricité, alors que son vrai problème énergétique est une trop forte consommation en produits pétroliers, à la fois dans le chauffage et les transports. Consommations inhérentes à la taille en surface et en population de notre pays, mais qui, par des progrès accélérés dans l’efficacité énergétique des processus, devraient décroitre plus rapidement qu’elles ne le font naturellement, surtout qu’elles ont même tendance à croitre ou se stabiliser depuis le printemps 2013 (Fig.2).

Fig.2 : consommation en produits pétroliers et autres biocarburants

D’autre part, la substitution d’une part des produits pétroliers, importés à grands frais, par des biocarburants locaux pourrait constituer également une action à privilégier en France, en relation avec la politique agricole et les innovations dans la biosynthèse d’ersatz de gazole ou de kérosène à partir de sucres (Amyris, Deinove).

C’est toute une industrie des biocarburants à forte valeur ajoutée (kérosène, gazole) qui reste à développer dans notre pays et dont la rentabilité devrait pouvoir être assurée avec la montée des cours des produits pétroliers de plus en plus recherchés et consommés dans le monde.

Par Raymond Bonnaterre

 

Posté le par La rédaction


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