Quatre militants de Greenpeace placés lundi en garde à vue pour avoir bloqué un cargo en provenance de Russie venu livrer de l’uranium dans le port de Dunkerque ont été libérés mais convoqués devant la justice en octobre, a indiqué mardi le parquet à l’AFP.
Les gardes à vue de ces deux Allemandes, une Autrichienne et un Néerlandais âgés de 25 à 35 ans ont été levées lundi soir « vers 23H00 », a annoncé Greenpeace à l’AFP.
Ils sont convoqués le 5 octobre devant le tribunal correctionnel de Dunkerque pour « entrave concertée et avec menace à l’exercice de la liberté du travail » et « introduction non autorisée dans une zone d’accès restreint d’un port ou d’une installation portuaire », a précisé à l’AFP la procureure de Dunkerque Charlotte Huet.
Ces quatre personnes sont poursuivies pour s’être enchaînées lundi à l’aube sur les accès d’une écluse du port de Dunkerque, afin d’y coincer temporairement le cargo Mikhail Dudin qui s’apprêtait à décharger sa cargaison.
Le blocage a été levé au bout de cinq heures par les forces de l’ordre, dans le calme.
Greenpeace entendait par cette action dénoncer la poursuite du commerce nucléaire entre la France et la Russie, une faille de taille dans la panoplie de sanctions européennes contre Moscou prises depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
Après la fin de ce blocage, Greenpeace a assuré à l’AFP avoir observé le déchargement de « 40 conteneurs d’uranium naturel » ainsi que d’autres conteneurs d’uranium enrichi.
En 2025, la France a importé au moins 112 tonnes d’uranium enrichi et ses composés depuis la Russie, soit un quart de ses achats en volume, un niveau stable par rapport à 2024, selon des données des douanes françaises analysées par l’AFP. Ces importations ont toutefois nettement baissé entre 2022 et 2024.
Côté uranium naturel et ses composés, la France n’est pas directement dépendante de Moscou. Mais en 2025, environ 50% de ses approvisionnements provenaient du Kazakhstan et d’Ouzbékistan, deux ex-républiques soviétiques, et ces importations peuvent transiter par des ports russes.
Pour la première fois depuis plus de trois ans, Greenpeace a par ailleurs observé en novembre à Dunkerque un cas d’exportation vers la Russie d’uranium de retraitement (URT), du combustible usé destiné à être recyclé.
Le géant nucléaire russe Rosatom exploite pour l’instant le seul site au monde capable de réaliser l’étape de conversion de l’URT avant son réenrichissement.
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