La décision de la Commission européenne d’appliquer de manière provisoire l’accord commercial avec les pays du Mercosur fait l’unanimité contre elle en France, pays qui a exprimé de fortes réserves sur ce traité.
Cet accord de l’Union européenne avec la zone de libre-échange sud-américaine est perçu comme une menace claire pour les agriculteurs français.
En cause, l’arrivée depuis cinq pays, dont le Brésil et l’Argentine, de produits issus de l’élevage (boeuf, volaille, miel, etc.) ou des cultures (sucre, maïs, éthanol, etc.) soumis à des normes nettement moins strictes que celles de l’UE.
« Pour la France c’est une surprise, et une mauvaise surprise », a déploré le président Emmanuel Macron, qui s’exprimait à Paris à l’occasion de la venue du Premier ministre slovène, Robert Golob.
« C’est une grande responsabilité vis-à-vis des agriculteurs qui ont exprimé leurs inquiétudes et pour lesquelles les Européens n’ont pas encore apporté la visibilité nécessaire », a-t-il souligné.
Le ministre délégué au Commerce extérieur, Nicolas Forissier, a dénoncé « une méthode contestable et une source d’inquiétude légitime pour nos agriculteurs comme pour nos concitoyens ».
« La France sera extrêmement vigilante à ce que l’ensemble des garanties obtenues – surveillance renforcée des secteurs sensibles, clauses de sauvegarde agricole, mesures miroir sur les pesticides et contrôles sanitaires accrus – soient strictement mises en oeuvre », a-t-il écrit à la presse.
« C’est une décision que je regrette », a affirmé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qui parlait à la presse depuis le Salon de l’agriculture à Paris.
D’après elle, « ce n’est pas conforme au respect qui aurait dû prévaloir de la décision du Parlement européen ».
Ce traité créant l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, signé le 17 janvier, a été bloqué le 21 janvier par le Parlement européen. Les eurodéputés demandent à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) d’évaluer sa conformité avec les traités de l’Union, processus qui doit prendre plusieurs mois.
La Commission européenne avait toutefois la possibilité d’appliquer l’accord de façon temporaire, après sa ratification par de premiers pays du Mercosur, ce que l’Argentine et l’Uruguay ont fait jeudi.
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, le premier syndicat agricole en France, s’en est pris à la présidente de la Commission Ursula von der Leyen.
« C’est un déni de démocratie. La présidente de la Commission, Mme von der Leyen, s’assoit sur le Parlement de manière très claire, et d’ailleurs aussi sur la Cour de justice de l’Union européenne », a-t-il déclaré, lui aussi au Salon de l’agriculture.
La porte-parole de la Confédération paysanne Fanny Métrat a visé la même dirigeante. « On assiste de plus en plus à une prise de pouvoir de la Commission européenne, on sent le Parlement très isolé et on met à mal tous les outils démocratiques de l’Europe (…) Trump nous mène droit dans le mur, et on sent bien que l’Europe prend le même chemin », selon elle.
Président des Jeunes agriculteurs (JA), Pierrick Horel a exprimé sa « colère » et sa « stupeur ». Il prédit « une réaction vigoureuse certainement du monde agricole européen ».
« Qu’elle (Mme Von der Leyen) se rassure, on continuera à être mobilisés parce que ni hier, ni aujourd’hui, ni demain, ce qui se passe en Europe n’est acceptable pour nous », a également lancé M. Rousseau pour la FNSEA.
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