La justice tunisienne a rejeté jeudi une plainte en référé demandant la suspension temporaire de la production d’un grand complexe industriel polluant à Gabès, dans le sud du pays, a indiqué à l’AFP un avocat.
L’affaire, marquée par des dizaines de cas d’intoxication signalés en septembre et octobre derniers, notamment chez des écoliers, a ravivé le débat public sur la pollution industrielle.
Le Groupe chimique tunisien, un complexe public stratégique pour l’économie nationale, a été inauguré en 1972 en bord de mer. Il utilise de l’acide sulfurique et de l’ammoniac pour fabriquer des engrais à base de phosphates et rejette les résidus gazeux et solides en pleine nature.
Saisi en référé par des avocats du barreau de Gabès, le tribunal a rendu sa décision en urgence et doit encore se prononcer ultérieurement sur le fond du dossier. Les plaignants vont faire appel, a indiqué l’un d’entre eux, Mounir Adouni.
« Le tribunal a estimé qu’il n’y a pas eu de préjudice. Il a déclaré que les allégations de pollution étaient non fondées et manquaient de preuves techniques et scientifiques », a-t-il déclaré.
Les plaignants, a-t-il expliqué, réclamaient « l’arrêt temporaire de la production afin de suspendre la source de pollution, dans l’attente d’une décision finale concernant la fermeture ou non du complexe ».
La plainte a été motivée par plusieurs cas d’intoxication l’an dernier à proximité du GCT.
En signe de protestation, des milliers d’habitants étaient descendus dans la rue pour réclamer la fermeture de l’usine.
Et le 21 octobre, une grève générale avait paralysé cette ville de 400.000 habitants.
En 2017, les autorités avaient promis de démanteler le complexe qui emploie 4.000 personnes dans une zone frappée par le chômage, pour le remplacer par un établissement aux normes internationales. Une promesse restée lettre morte.
Les mines de phosphates sont l’une des principales richesses naturelles du pays et « un pilier fondamental » de l’économie, selon le président Kais Saied.
Le ministre de l’Equipement avait annoncé, au pic des émanations toxiques fin octobre, la mise en oeuvre « de mesures urgentes », sous « trois à six mois », après la désignation d’entreprises chinoises « pour traiter les émissions de gaz ».
Selon plusieurs experts consultés par l’AFP, la réhabilitation des unités polluantes, programmée il y a plus de 15 ans, reste possible mais très coûteuse dans un pays endetté à hauteur d’environ 80% du PIB.
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