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Un panorama nucléaire mondial en mutation

Posté le par AFP

Le président français Emmanuel Macron va mettre à jour lundi la doctrine nucléaire française et pourrait évoquer sa dimension européenne, dans un panorama international traversé par six lames de fond susceptibles de bouleverser l’ordre nucléaire mondial.

– Croissance chinoise, réponse américaine

C’est la principale force de transformation aujourd’hui.

Pendant des décennies, le monde hébergeait deux titans nucléaires, les États-Unis et la Russie, et une série de puissances secondaires. Cela est en train de changer à grande vitesse, au grand dam des États-Unis qui accusent la Chine de s’armer dans la plus grande opacité.

Pour l’instant la Chine posséderait environ 600 têtes nucléaires, loin des quelques 1.700 têtes opérationnelles des arsenaux américains et russes. Mais Washington estime que Pékin pourrait en avoir 1.000 d’ici quelques années, et craint un monde où les États-Unis devraient devoir dissuader en même temps la Russie et la Chine coordonnées.

L’administration américaine accuse aussi la Chine d’avoir conduit des essais nucléaires secrets, ce qu’elle dément.

Pékin serait également en train de développer des armes nucléaires tactiques prévues pour un usage régional, a affirmé en février CNN citant des sources du renseignement américain.

Face à cela, de nombreux observateurs s’attendent à une montée en puissance nucléaire américaine.

– Ukraine sous ombre nucléaire

Depuis 2022, la Russie tente d’envahir l’Ukraine sous l’ombre portée de sa dissuasion nucléaire. Cette « sanctuarisation agressive » d’un conflit, comme la définissent les experts, empêche les autres pays d’agir militairement et ouvertement pour soutenir Kiev.

« Je suis absolument convaincu que si les Russes n’avait pas eu d’armes nucléaires, nous aurions été en Ukraine pour les dégager. Mais ils ont des armes nucléaires », avait résumé en 2024 l’amiral néerlandais Rob Bauer, alors président du comité militaire de l’Otan, pendant une conférence à Prague.

– Maîtrise des armements affaiblie

Le cadre international de maîtrise des armements s’effrite. New Start, le dernier grand traité bilatéral russo-américain, a expiré en février, et la pierre angulaire de l’architecture juridique mondiale, le traité de non-prolifération (TNP), est affaibli. Une conférence de révision du TNP est prévue au printemps, mais de nombreux experts pensent qu’elle ne permettra pas d’aboutir à un document final.

Par ailleurs, Donald Trump a menacé de reprendre les essais nucléaires américains, affirmant vouloir ainsi répliquer à la Russie et la Chine.

Ces pays sont certes signataires du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), mais ni Washington ni Pékin ne l’on ratifié. Quant à Moscou, il a retiré sa ratification du traité en 2023.

Face à la montée en puissance nucléaire chinoise, les États-Unis disent vouloir obtenir un grand traité tripartite de maîtrise des armements avec la Russie et la Chine, mais Pékin s’y refuse.

– Crise iranienne

Les Occidentaux accusent depuis des années l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran nie.

Samedi, à l’issue d’une série de négociations infructueuses entre Washington et Téhéran au sujet du programme nucléaire iranien, les Etats-Unis et Israël ont bombardé l’Iran.

Les Etats-Unis insistent pour une interdiction totale d’enrichissement d’uranium, tandis que l’Iran défend son droit au nucléaire civil.

Washington veut aussi limiter le programme balistique iranien, une question que Téhéran refuse d’aborder.

Les États-Unis avaient bombardé plusieurs sites nucléaires iraniens pendant la guerre des 12 jours en juin, mais l’état réel du programme nucléaire de Téhéran reste inconnu.

L’éventuelle nucléarisation de l’Iran aurait des conséquences pour toute la région du Moyen-Orient, par ailleurs déjà instable et théâtre de nombreux conflits, et même au-delà.

– Facteur nord-coréen

La Corée du Nord est le seul pays du monde a être sorti du TNP, après s’être nucléarisé.

Le pays améliore par ailleurs ses capacités balistiques.

« Les forces nucléaires de la Corée du Nord sont de plus en plus capables de menacer le territoire américain. Ces forces gagnent en importance et en sophistication, et elles représentent un danger clair et immédiat d’attaque nucléaire contre le territoire américain », estime Washington dans sa stratégie de défense 2026.

– Révolutions technologiques

Les progrès technologiques vont changer demain la donne de la dissuasion.

Les missiles hypersoniques, les drones, les satellites armés, l’implantation de l’intelligence artificielle sont autant de facteurs qui promettent de venir perturber le dialogue nucléaire entre nations.

Les nouvelles armes développées par la Russie comme celles dites des « armes du manège » (torpille nucléaire Poseidon, missile de croisière à propulsion nucléaire Bourestvenik, planeur hypersonique Avangard) ou le projet américain de défense anti-missile « Golden Dome » sont des exemples de ces progrès technologiques qui viendront compliquer les calculs des uns et des autres.

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