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RÉSUMÉ
La cryptographie est une discipline scientifique à part entière qui utilise des concepts mathématiques et informatiques pour prouver la sécurité des schémas. Cet article expose les principes de conception des schémas cryptographiques de chiffrement et de signature électronique. Puis il décrit quelques limites des systèmes actuels montrant ainsi la difficulté à concevoir des systèmes sûrs. Enfin, des exemples de standards de communications sécurisées sont présentés.
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Pierre-Alain FOUQUE : Ingénieur télécoms, docteur en cryptographie - Chercheur au Laboratoire de cryptographie de la direction centrale de la Sécurité des systèmes d’information (DCSSI)
INTRODUCTION
Aujourd’hui, les cryptographes ont défini des objectifs et des notions de sécurité répondant aux besoins des utilisateurs en matière de sécurité comme la confidentialité, l’intégrité et l’authentification. La cryptographie est devenue une discipline scientifique à part entière qui utilise des concepts mathématiques et informatiques pour prouver la sécurité des schémas. Cependant, de nouvelles attaques viennent périodiquement ébranler la confiance des utilisateurs. Deux attaques sur la norme de communications sécurisées utilisée sur Internet, Secure Socket Layer (SSL), ont ainsi été largement annoncées dans la presse et sur Internet. Ces attaques ne remettent pas en cause les preuves de sécurité des systèmes mais montrent que la modélisation des adversaires n’est pas idéale. En effet, pour traiter un problème de manière théorique, les scientifiques ont besoin de modéliser la réalité. En cryptographie, il est nécessaire de représenter les buts de l’adversaire et ses moyens, c’est‐à‐dire ce qu’il cherche à faire et la manière dont il interagit avec le système. C’est ici que la cryptographie montre ses limites face à la réalité : il est difficile d’étudier de manière exhaustive tous les adversaires possibles.
Après avoir rappelé les principes de conception des schémas cryptographiques de chiffrement et de signature électronique, nous décrirons quelques limites des systèmes actuels montrant ainsi la difficulté à concevoir des systèmes sûrs. Cette difficulté est aujourd’hui liée à l’implémentation des schémas cryptographiques dans des systèmes informatiques tels que des cartes à puce, des cartes accélératrices, etc. Enfin, nous donnerons des exemples de standards de communications sécurisées.
VERSIONS
- Version archivée 1 de juin 1994 par Frédéric-Georges ROUX
DOI (Digital Object Identifier)
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5. Conclusion
La cryptographie a défini les notions de sécurité et prouvé la sécurité de cryptosystèmes de chiffrement, de codes d’authentification de messages et de signatures numériques. De plus, des protocoles de plus haut niveau, comme des systèmes de communications sécurisées ou de votes électroniques, ont été conçus.
Aujourd’hui, la cryptographie tente de concevoir des systèmes plus sûrs et plus efficaces comme par exemple des systèmes garantissant intégrité et confidentialité en passant une seule fois sur le message clair au lieu de passer une première fois pour le chiffrer et de repasser pour garantir l’intégrité du chiffré. Enfin, tous les modèles d’adversaires n’ont pas encore été définis. Aujourd’hui, les attaques du monde réel sont réalisées soit sur des protocoles qui n’ont pas été prouvés sûrs, soit parce que le modèle d’adversaire ne reproduit pas le monde réel. Ainsi, dans certaines cartes à puce, l’adversaire peut accéder à des informations sur la clé secrète à partir d’observations sur le temps de calcul ou la puissance consommée. Enfin, certaines attaques sont dûes à une mauvaise implémentation des mécanismes cryptographiques.
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BIBLIOGRAPHIE
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(6) - SINGH (S.) - L’histoire des codes secrets. - J.C. Lattès...
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