Hors circuits courts et de proximité, les aliments sont conditionnés
dans un emballage (ou système d’emballage) à usage unique, parfois
recyclable ou (prochainement) ré-employable. L’emballage doit donc
être considéré comme un « partenaire » essentiel à la bonne conservation
et de la bonne stabilisation des aliments.
Dans cet article, l’emballage en plastique (polymère) est traité
comme une membrane dense, dite barrière, séparant deux environnements :
l’environnement extérieur (atmosphère ambiante) et l’environnement
« confiné », à l’intérieur de l’emballage dénommé « espace de tête »
(pour les emballages sous vide, cet espace de tête est très limité
mais il existe). Ce dernier peut avoir une composition gazeuse différente
de l’air ambiant, qui est initialement fixée lors du conditionnement
(atmosphère modifiée ou protectrice par exemple). Cette composition
évolue dans le temps, car la membrane qui enveloppe l’aliment est
le siège de phénomènes de transports de matière : des gaz et des vapeurs
(O
2
, CO
2
, N
2
, eau, arômes, etc.)
entrent ou sortent de l’emballage.
La nature du, ou des, matériaux de l’emballage, qui dépend de
la partie de l’emballage considérée (bouteille et son bouchon, barquette
et son opercule, etc.), la géométrie (épaisseur et surface), la quantité
d’aliment et ses propriétés, les conditions d’environnement (température
et temps, composition initiale du milieux gazeux de l’espace de tête
initial), l’étanchéité du système de fermeture, etc., forment un ensemble
de paramètres qui limitent les transferts à une quantité entrante
ou sortante tolérable vis-à-vis de la durée de vie du produit ou de
sa qualité. Si le couple emballage/produit alimentaire est inapproprié,
ces flux entrants et sortants peuvent engendrer des déviations organoleptiques
des aliments conditionnés, et réduire leur durée de vie.
Ces flux sont calculables et mesurables. Réfléchir à des compromis
(durée de vie/transferts) pour optimiser le conditionnement des produits
alimentaires passe par la compréhension fine des propriétés de l’aliment
et des mécanismes de transport.
Cet article traite des transferts des principaux gaz (O
2
, CO
2
, N
2
, eau) en rappelant la théorie de
la diffusion des gaz à travers des membranes denses que sont les emballages.
Les grandeurs telles que les flux, la perméance, le coefficient de
perméabilité, sont explicitées, ainsi que leur mesure et leur conversion.
Les fonctionnements des divers perméamètres du marché sont présentés.
Puis...