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3 idées reçues sur la performance énergétique des nouveaux bâtiments

Posté le par La rédaction dans Environnement

En observant les bâtiments pionniers de la performance énergétique, on constate des écarts entre les performances attendues et mesurées. Une étude menée par Leroy Merlin soutenue par l’ADEME a cherché à identifier l'origine de ces écarts. 

L’enquête de terrain a eu lieu auprès des habitants et professionnels de 3 Bâtiments Basse Consommation (BBC) pionniers occupés depuis plus de 2 ans.

Les 3 bâtiments concernés par l’étude sont les 43 logements HQE de la ZAC De Bonne à Grenoble, les 31 maisons de ville de Hauts de Feuilly à St Priest et les bureaux et salles de formations de la Cité de l’environnement également à St Priest.

Gaëtan Brisepierre, sociologique sur les questions d’énergie et auteur de cette étude intitulée « Les conditions sociales et organisationnelles d’une performance énergétique in vivo dans les bâtiments neufs » veut déconstruire 3 idées reçues liées au BBC : « la performance énergétique se joue à la conception, les habitants sont responsables des surconsommations et il faut éduquer les habitants aux bons gestes du BBC ».

En réalité, pour lui, la performance énergétique doit se jouer « in vivo » en prenant en compte la réalité des habitants et non pas « in vitro » en ne prenant en compte que la technique.

Accompagner les habitants, mais pas que !

Les habitants disent ne pas avoir été accompagnés dans l’appropriation du « savoir vivre en BBC ». En effet, les professionnels ne se sentent pas concernés et l’accompagnement se limite souvent à un simple « livret d’accueil ».

« La réussite de l’appropriation d’un BBC dépend de la façon dont on implique les occupants vis-à-vis du bâtiment, soit comme de simples utilisateurs passifs ou alors comme de véritables acteurs de la performance énergétique », affirme Gaëtan Brisepierre. L’ensemble des acteurs de l’habitat doit s’impliquer depuis la conception, jusqu’à la réalisation, la livraison et la gestion de la maintenance. 

Des défaillances ont été soulevées dans le contrôle des chantiers.

Il apparaît alors nécessaire d’avoir un tiers de contrôle au moment du chantier, de sa mise en service et de sa livraison. L’encrassement des filtres de ventilation à l’intérieur des logements n’a pas non plus été prévu par les exploitants et il n’existe donc pas de contrats de maintenance.

« La contrainte réglementaire des 50 kWh/m2/an pourrait être complétée par des dispositifs incitatifs à la performance in vivo et financer des actions qui réduisent les surconsommations comme le contrôle du chantier par un tiers, un vrai accompagnement des habitants dans la durée, des campagnes de mesures, des systèmes de suivi, l’optimisation des réglages, la formation à la maintenance, etc. », résume Gaëtan Brisepierre.

Comment faire face au froid ou à la chaleur ?

Les habitants ne se comportent bien évidemment pas dans leur logement de la façon dont l’avaient prévu les bureaux d’étude. En chauffage collectif, les marges de manœuvre concernant le réglage du chauffage sont très relatives. Le confort devient un « processus d’accommodation ». On voit se développer une nouvelle forme de confort avec des habitants qui n’augmentent plus le chauffage à chaque sensation de froid, mais mettent plutôt des pulls. En revanche, certains habitants ont utilisé des convecteurs électriques pour compenser la sensation de froid !

L’engagement des occupants dans la gestion du chauffage doit permettre d’améliorer progressivement le confort. Suite à l’insatisfaction des habitants, la température de chauffe a été augmentée de 1 à 2°C à certaines périodes, celle-ci ayant été fixée à 19°C par les concepteurs.

Lorsqu’on consomme 50 kWh/m2/an au lieu de 350 kWh/m2/an, même si une température de chauffe augmentée de 1°C, c’est 15 % de consommation en plus, la hausse de consommation reste relative. Et cela a permis d’améliorer le confort et le recours aux convecteurs ! C’est pourquoi, Gaëtan Brisepierre insiste sur cette idée de performance énergétique « in vivo ».

L’été, le pari semble réussi avec un confort presque entièrement « passif » sans climatisation. Toutefois,  là encore, on observe des pratiques contrastées sur le plan énergétique. Notamment aux Hauts de Feuilly, certains habitants ont installé des piscines dans leur jardin. « Même si elles ne sont pas chauffées, leurs pompes consomment parfois l’équivalent de ce que consomme la maison passive », note le sociologue.

Quelle est la consommation électrique ?

Dans un BBC, les besoins de chauffage sont réduits au maximum. La consommation électrique est donc avant tout liée à l’électroménager, à l’éclairage et aux produits électriques et électroniques. Au niveau de l’éclairage, les ampoules basse consommation ne sont pourtant pas systématiques. Les promoteurs, les cuisinistes ou les habitants préfèrent parfois, par exemple, placer des spots halogènes.

Les habitants des BBC n’échappent pas à la norme du double équipement : il est normal pour eux également d’avoir deux TV, deux ordinateurs, etc.

« Ces consommations liées à l’électronique domestique paraissent totalement déconnectées du reste des efforts faits dans les autres domaines, par des habitants qui peuvent être vraiment très attentifs aux questions d’économies d’énergie sur le chauffage, l’eau chaude, l’électroménager », relève le sociologue.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

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