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Chimie verte, la nouvelle formule magique

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

Le secteur de la chimie, tant décrié depuis des années, a beaucoup à gagner en suivant la voie des économies d'énergie et de la dépollution...

Les secteurs des carburants et de la chimie sont emblématiques des enjeux du développement durable. L’un représente une source considérable d’émission de gaz à effet de serre, via notamment leur utilisation dans les transports, et l’autre est émetteur de nombreuses espèces chimiques pouvant entraîner des pollutions. À côté de cela, ces secteurs industriels constituent un vivier considérable en termes d’activité économique et d’emploi. Les produits fabriqués sont universellement utilisés et sont constitutifs d’une grande part des progrès des autres industries, des transports, du bâtiment, de la santé et de l’agriculture.

À travers le développement des biocarburants et le développement d’une nouvelle chimie dite « verte » ou durable, ces secteurs sont en bouleversement. Le Grenelle a fixé comme objectif de passer, entre 2005 et 2015, la part de matières premières renouvelables pour ces industries de 5,3 à 15 %. La directive européenne REACH, succédant à d’autres règlements internationaux a créé un nouveau cadre d’exercice des industries de la chimie. Enfin, la hausse des coûts de l’énergie, la mise en place du marché des crédits d’émission ETS, les contraintes financières et réglementaires sur le traitement des déchets, le besoin de minimiser les impacts externes ont conduit à un regain d’activité au plan des procédés industriels. Un vent nouveau d’innovation s’est levé.

L’enjeu est capital en termes d’innovation, de maintien de filières de production de carburants nationales et de création de produits nouveaux d’une chimie française qui reste la deuxième en Europe et la cinquième mondiale. Une part importante des progrès attendus dans les secteurs des transports et du bâtiment ne seront possibles que si le secteur des carburants et de la chimie arrive à s’ajuster aux nouvelles exigences. Si l’on élargit le regard vers les « clean-tech » dans le monde, on constate un fourmillement de recherches, de créations d’entreprises, de nouveaux concepts qui seront la source des emplois de demain, dans les grands groupes comme dans des start-up.

Un enjeu capital et transversal

400 000 emplois sont reliés, de manière plus ou moins directe, à ces secteurs et à leur évolution : peu de nouveaux métiers, mais des compétences en évolution, un rôle clé de l’innovation, des déficits de main d’oeuvre locaux et des risques sectoriels La prise en compte du développement durable affectera un certain nombre de compétences et de conditions d’exercice de ces compétences : attitudes, prise en compte plus large de l’environnement (amont, aval, parties prenantes, certification) d’un produit ou d’un procédé. Ces aspects transversaux doivent être enseignés à tous les niveaux. De plus, les personnes en formation doivent se trouver dans un milieu de formation lui même exemplaire. Ces secteurs, peu attractifs en raison d’une image dévalorisée, bénéficieraient d’une plus forte mise en avant de leur contribution au développement d’une croissance verte.

Gérer au mieux les évolutions

Les principales évolutions à prévoir : 

  • Biogaz : son utilisation comme carburant de véhicule est en expérimentation. En cas de développement du parc de véhicules roulant au gaz, il faudra développer des compétences spécifiques autour de la sécurité/certification. De même, des unités de bio-méthanisation individuelles, dans des exploitations agricoles, pourront se développer. Il faudra veiller à ce que la technicité des artisans installateurs locaux soit suffisante ;

  • Biocarburants : le développement actuel des biocarburants de première génération est limité. Le nombre estimé d’emplois générés, quelques milliers, reste modeste et la compétition avec les utilisations alimentaires limiteront son expansion. Une évolution plus significative concernera les biocarburants de deuxième et de troisième génération ; avec une intensité capitalistique plus faible et plus de main d’oeuvre à l’unité d’oeuvre qu’une raffinerie ; si les biocarburants se substituent aux carburants classiques dans les proportions prévisibles, cela créera des emplois ;

  • Hydrogène : à ce stade, l’utilisation d’hydrogène carburant de piles à combustibles est un enjeu de recherche, mais n’est pas identifié comme déjà porteur d’emplois en dehors des laboratoires à court ou même moyen terme ;

  • Transports : Les transports de carburants ne paraissent pas devoir connaître d’évolutions importantes ;

  • Distribution : si le mix énergétique se diversifie, le schéma de la distribution évoluera. En particulier, l’éventuelle co-existence sur un site de distribution de carburants liquides, gazeux, et d’électricité de puissance peut amener des enjeux de sécurité et déboucher sur un nouveau métier de « gestionnaire de distribution d’énergie » ;

  • Installation et procédés : les métiers de l’engineering seront fortement sollicités par les révisions et intensification de procédés nécessaires à l’évolution des sites européens ;

  • Chimie verte : l’identification de 4 technologies clé en développement : procédés catalytiques, biotechnologies industrielles, chimie analytique, et nanotechnologies.

Les possibilités d’évolution sont réelles, mais il leur sera nécessaire d’inclure largement et mobiliser sur le développement durable, favoriser l’esprit d’innovation et d’entreprise… En effet, une partie significative de la croissance liée à la chimie verte devant se faire par l’innovation et la création d’entreprise, développer des formations mixtes techniques/managériales. Ensuite, il faut maintenir les formations techniques centrées sur des coeurs de métier large (chimie, procédés, conduite d’installation), dont les contenus sont considérés satisfaisants, et ne pas développer de formations « environnementales » trop spécifiques. Enfin, intégrer dans les cursus des modules spécifiques aux notions de chimie verte (principes, analyse de cycle de vie, éco-conception, toxicologie, responsabilité, procédés propres, matières premières naturelles, éthique) qui ne devraient pas dépasser 10 % des enseignements et doivent intégrer des aspects comportementaux d’intégration du développement durable dans les pratiques professionnelles.

Par P.Thouverez

 

Sources : ECHA, ADEME, Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement

 

 

 

 

 

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