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La Chine affiche ses ambitions spatiales

Posté le par Sophie Hoguin dans Espace

Programmes ambitieux, ouverture à l’international, les activités chinoises dans l’espace que ce soit pour l’exploration, l’exploitation ou la recherche ne cessent d’afficher leur dynamisme et leur performances technologiques.

La Chine vient d’annoncer, le lundi 2 avril, que la station spatiale Tiangong 1 était finalement entrée dans l’atmosphère terrestre pour s’y désintégrer à 80 %. Les autres débris se sont perdus au fond de l’océan Pacifique sud. Une page se tourne et une autre est en marche puisque Tiangong 2 est déjà en orbite et Tiangong 3 se prépare activement. Mais le programme spatial chinois est bien loin de s’arrêter là.

Lanceur lourd et satellites internationaux

Dans la nouvelle génération des lanceurs chinois, la Longue Marche 5 est très attendue. Munie de moteurs semi-cryogéniques (kérosène / oxygène liquide), cette fusée inaugure une nouvelle classe de lanceurs pour le pays. Le programme de développement de ce lanceur lourd, dont le deuxième tir a échoué à l’été 2017, retardant plusieurs autres programmes spatiaux, a bien repris. Une première mission de lancement est prévue en novembre 2018. Il s’agira de placer en orbite une plate-forme expérimentale pour des satellites de communication de nouvelle génération. Cette plate-forme (DFH-5) doit fournir des débits de 300Gbps contre 20Gbps pour DFH-4 actuellement. Elle servira en outre à tester un moteur ionique de conception chinoise et un système de communication par laser. Par ailleurs, a annoncé  un porte-parole du Bureau de l’ingénierie spatiale habitée de Chine le premier tir de la version 5B, c’est-à-dire sans le second étage est aussi prévu en 2019. Cette version est dédiée à la mise en orbite basse de charges utiles lourdes (jusqu’à 25t).

Côté lancements commerciaux, la Chine souhaite pouvoir lancer des fusées depuis la mer : fin février une annonce officielle expliquait ainsi que sur les cinq missions prévues pour les fusées Longue Marche-11 en 2018, quatre se feraient depuis la terre et une depuis la mer. Les fusées Longue Marche-11 fonctionnent au propergol solide et sont dédiées aux lancements de satellites commerciaux. En installant une aire de départ en mer, au niveau de l’équateur, cela devrait permettre d’améliorer encore leur compétitivité (moins de carburant nécessaire) et d’offrir des fenêtres de tirs plus larges. Mais il faut encore réussir à passer les contraintes techniques que cela impliquent.

Tant pour le spatial que pour le reste de son économie, la Chine poursuit son ouverture vers des partenaires internationaux, notamment des pays arabes. Ainsi, la fusée Longue Marche 2C doit lancer en juin 2018 deux satellites de télédétection pour le Pakistan. Il s’agira du premier lancement commercial international pour cette fusée, près de 18 ans après avoir placé en orbite les satellites Iridium de Motorola en 1999. Fin décembre 2017, la Chine avait assuré le lancement du premier satellite algérien de télécommunication, Alcomsat-1. En septembre 2018, le premier satellite développé conjointement par la Chine et la France doit être mis en orbite. Il s’agit d’un satellite d’observation des vents à la surface de la mer et des vagues. Les données seront partagées par les scientifiques des deux pays.

La Chine veut décrocher la Lune

Cela fait maintenant 25 ans que la Chine a lancé son programme spatial habité. Grâce à sa nouvelle Longue Marche 5B, le pays compte commencer la construction de sa nouvelle station spatiale (Tiangong 3) dès 2020 avec la mise en place du module de base et des modules expérimentaux (20 tonnes chacun) pour une mise en service prévue en 2022. Un troisième groupe d’astronautes doit être sélectionné au premier semestre 2018 : il sera composé de pilotes et d’ingénieurs de maintenance. L’entraînement des taïkonautes est désormais axé sur les spécificités liées aux longs séjours en orbite et aux activités extra-véhiculaires régulières telles que l’apprentissage de l’utilisation de bras mécaniques. Des tests de survie dans le désert et un examen sous-marin de procédure d’évacuation de la capsule sont prévus prochainement.

La Chine escompte bien coopérer avec les Nations Unies et l’agence spatiale européenne pour des applications de la station spatiale et pour le développement de modules. Sa coopération s’étendra àc d’autres pays pour ses missions lunaires. Plusieurs missions vers la Lune sont en effet programmée : Chang’e-4 qui doit poser un module sur la face cachée de la Lune au cours du deuxième semestre 2018. Et en 2019, la mission Chang’e-5, déjà plusieurs fois retardée, doit prélever des échantillons lunaires avant de les ramener sur Terre.

Recherche et observations : la Chine voit loin

En matière de recherche sur les trous noirs, les étoiles à neutrons et les étoiles à quarks, alors même que la Chine a lancé en juin 2017 son télescope spatial d’observation des rayons X (Hard X-Ray Modulation Telescope – HXMT) et que sa mise en service officielle a été annoncée début février, elle prépare déjà son successeur : le satellite de chronométrage à rayons X et de polarimétrie renforcé (enhanced X-ray Timing and Polarimetry – eXTP). Il doit permettre, selon le responsable de l’eXTP, Zhang Shuangnan, d’amener la Chine à un niveau de premier plan dans l’astronomie mondiale des rayons X entre 2025 et 2035. Le HXMT est le premier télescope spatial d’observation des rayons X de la Chine. Il est capable d’observer les rayons X durs dont l’énergie est comprise entre 1 et 250 keV.

Côté terrestre, la Chine déjà doté du FAST (pour Five-hundred-meter Aperture Spherical Radio Telescope) le radiotélescope à réflecteur unique le plus sensible du monde veut encore l’améliorer. En effet, dès fin avril 2018, il devrait être doté d’un récepteur radio plus sophistiqué et les scientifiques chinois envisagent l’installation de deux à dix radiotélescopes plus petits, de diamètres 30m, autour de lui pour que sa résolution soit 100 fois plus élevée qu’aujourd’hui. Les missions du FAST comprennent actuellement l’observation des pulsars, l’exploration des molécules interstellaires et la surveillance des signaux de communication interstellaire.

Sophie Hoguin

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