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COP21 : après Lima, un accord à Paris en 2015 ?

Posté le par Matthieu Combe dans Environnement

Les 195 pays participant aux négociations climat sous l'égide de l'ONU doivent aboutir à un accord contraignant les engageant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Cet accord devrait être conclu lors de la 21e conférence des parties (COP21) du 30 novembre au 11 décembre 2015 au parc des expositions du Bourget, au nord de Paris.

L’objectif de la COP21 est d’atteindre le Saint Graal tant de fois évoqué, mais désormais visiblement hors d’atteinte : maintenir la hausse des températures sous la barre des 2°C en 2100 par rapport à l’époque pré-industrielle.

2015 sera l’année décisive pour le climat. Il s’agira en quelque sorte de l’année qui scellera pour de bon l’avenir de la lutte contre le changement climatique et, peut-être même l’avenir de l’humanité. Mais tout n’est peut-être pas perdu d’avance. Les négociateurs viennent d’aboutir à un accord lors de la COP 20 à Lima, au Pérou. Si cet accord est qualifié par beaucoup de « a minima », il a au moins le mérite de poser les bases définissant un calendrier à respecter d’ici la COP21 du Bourget en Décembre.

Ainsi, les délégations se sont entendues sur le format des futurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Chaque texte, présenté par chaque pays, devra définir le périmètre, le contenu et le mode d’évaluation de ces engagements. De même, un projet de texte, qui servira de base aux négociations préalables à la COP21 a été adopté.

Quel est le calendrier d’ici décembre ?

D’ici la COP21, les négociateurs se retrouveront à l’occasion de plusieurs rendez-vous pour préparer au mieux les bases de cet acord. Les pays devront tout d’abord annoncer leurs engagements en matière de réduction de gaz à effet de serre « pour ceux qui le peuvent » d’ici le 31 mars 2015 ou bien au plus tôt après cette date. Le secrétariat de la Convention réalisera une synthèse agrégeant les engagements de chaque pays pour le 1er novembre. Il s’agira de voir si les engagements permettront d’atteindre notre Saint Graal ou non, mais aucun mécanisme d’évaluation n’a pu être adopté.

Avant cela, du 8 au 13 février, les pays se retrouveront à Genève pour continuer les discussions portant sur le document de travail du futur accord de Paris. Un projet officiel de texte devra être soumis aux 195 pays négociateurs au plus tard le 31 mai. Il sera à nouveau discuté lors d’une réunion à Bonn du 3 au 14 juin. Une dernière session de négociations intermédiaires sera prévu avant fin Novembre dans un lieu restant à définir. Toutes ces étapes doivent permettre aux négociateurs d’aboutir à un accord historique qui entrerait en vigueur en 2020.

Les récentes annonces de la Chine et des Etats-Unis suffiront-elles ?

Rappelons les faits : le 12 novembre dernier, les présidents Barack Obama et Xi Jinping  ont annoncé solennellement un plan conjoint pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Du côté des Etats-Unis, on parle d’une réduction de 26 à 28 % d’ici 2025 par rapport à leur niveau de 2005. La Chine s’engage quant à elle pour la première fois sur un plafonnement de ses émissions, au plus tard en 2030, sans chiffrer la hauteur de ce pic.

Mais il va encore falloir travailler ardemment d’ici la COP21. Début décembre, dans une chronique du Monde ,Stéphane Foucartprésente les travaux de Chris Hope, chercheur à l’université de Cambridge (Royaume-Uni) et spécialiste de modélisation des interactions entre politique énergétique et climat. Grâce à un modèle de simulation climatique supposant que les récentes promesses sino-américaines, l’engagement européen de réduire les émissions de l’Union de 40 % à l’horizon 2030 seront respectées et que le reste du monde suivrait une trajectoire similaire, Chris Hope montre que la probabilité de demeurer en 2100 sous les 2 °C est de 1,1 %. « Ces estimations doivent être prises avec prudence, n’ayant pas été dûment publiées ; mais elles offrent une idée des ordres de grandeur » , précise le journaliste. Selon les calculs de Chris Hope, l’accord sino-américain nous place en réalité, le plus probablement, sur la trajectoire d’un réchauffement de 3,8 °C d’ici à la fin du siècle.

Ces deux pays doivent donc s’orienter de manière décisive, aux côtés des autres pays, vers une lutte beaucoup plus contraignante contre le réchauffement climatique. De même, ils doivent prévoir les efforts à fournir d’ici à 2020, c’est-à-dire entre la fin d’application du protocole de Kyoto en 2015 et le début de ce futur accord éventuel en 2020. Car le GIEC le réaffirmait dans son dernier rapport  nous sommes bel et bien sur la trajectoire d’un réchauffement compris entre 3 et 4°C à la fin de ce siècle.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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