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Le glyphosate, un herbicide controversé de San Francisco au Vietnam

Posté le par La rédaction dans Matériaux, Biotech & chimie

Attaqué partout sur la planète, désormais interdit ou condamné à plusieurs reprises: tour d'horizon des restrictions du glyphosate, substance de base du Roundup et désherbant le plus utilisé au monde.

Classé « cancérigène probable » depuis 2015 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le glyphosate est utilisé sous diverses marques depuis que le brevet détenu par le groupe américain Monsanto est tombé dans le domaine public en 2000.

La plus célèbre reste le Roundup fabriqué par Monsanto, qui appartient désormais au géant allemand de la chimie Bayer. Face aux attaques, celui-ci affirme que « la science confirme que les désherbants au glyphosate ne causent pas le cancer ».

ETATS-UNIS

Des milliers de procédures judiciaires contre Monsanto sont en cours aux Etats-Unis, à des degrés divers d’avancement, mais le fabricant du Roundup a déjà essuyé en moins d’un an trois lourds revers devant des tribunaux californiens.

Lundi, le dernier procès en date s’est soldé par la condamnation de Monsanto à verser deux milliards de dollars à un couple de septuagénaires américains atteint d’un lymphome non-hodgkinien qu’il attribue au Roundup. Bayer a annoncé son intention de faire appel.

Monsanto avait déja été condamné par deux fois, en août 2018 et en mars 2019, par des jurys populaires à San Francisco qui ont considéré que le Roundup était responsable des cancers de deux personnes.

Fin avril, l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a réaffirmé que le glyphosate n’était « probablement pas cancérigène pour les humains », mais a toutefois recommandé un nouvel étiquetage pour réduire les risques écologiques, en particulier pour les papillons.

EUROPE

Après deux ans de débat particulièrement houleux, fin 2017, les Etats membres de l’Union européenne (UE) ont renouvelé pour cinq ans la licence du glyphosate.

La Commission européenne, organe exécutif de l’Union, met en avant le feu vert de ses agences scientifiques, l’Efsa (sécurité des aliments) et l’Echa (produits chimiques), qui n’ont pas classé la substance comme cancérigène.

Mais l’indépendance de l’Efsa a été mise en doute par des révélations de journaux selon lesquels son rapport comporterait des passages copiés-collés d’un document déposé en 2012 par Monsanto.

Le gouvernement français a pour sa part promis que le glyphosate serait interdit « dans ses principaux usages » d’ici 2021, et « pour tous les usages » d’ici cinq ans.

AMERIQUE LATINE

Le président colombien Ivan Duque s’est prononcé pour une reprise des pulvérisations aériennes de glyphosate, bannies par la Cour constitutionnelle en 2015, pour faire face à une hausse record des narco-plantations.

Au Brésil, la justice a demandé en 2015 à l’Agence nationale de surveillance sanitaire (Anvisa) d’évaluer « en toute urgence » sa toxicité en vue d’une éventuelle interdiction. Le puissant lobby agricole brésilien voit d’un mauvais oeil toute restriction.

Au Salvador, il a fait partie d’une liste de 53 produits pour l’agriculture interdits en 2013. Mais l’interdiction a ensuite été levée pour cet herbicide et dix autres produits, tandis qu’une commission était instaurée pour en évaluer les risques.

En Argentine, le conflit est quotidien entre des habitants préoccupés et les producteurs agricoles, pour qui le produit est indispensable. Sans législation nationale, les maires ont émis des arrêtés municipaux pour encadrer la fumigation. Ces règles sont généralement contestées par les producteurs, ce qui accentue le conflit.

ASIE

Au Sri Lanka, l’herbicide, soupçonné de provoquer une nouvelle maladie des reins parmi les habitants des zones de production de riz, a été interdit en juin 2015 à la suite d’une promesse électorale du président Maithripala Sirisena.

Mais la communauté scientifique sri-lankaise a souligné l’absence d’études associant directement le glyphosate à cette « maladie rénale chronique » et l’interdiction a été partiellement levée en mai 2018, avec une autorisation d’utilisation dans les plantations de thé et d’hévéa.

En avril dernier, le Vietnam, invoquant la « toxicité » des produits contenant du glyphosate et leur impact sur l’environnement et la santé, a officiellement annoncé leur retrait des listes de produits approuvés dans le pays.

etr-kd/ber/LyS

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