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Décryptage

Le solaire photovoltaïque coûtera moins de 5 centimes le kWh dans 16 ans

Posté le par La rédaction dans Énergie

Le coût du kWh issu de panneaux solaires sera de seulement 4,3 centimes dans le sud de l’Europe en 2030. C’est la conclusion d’une étude de l’institut Fraunhofer, organisme avec lequel François Hollande propose de collaborer pour créer une entreprise franco-allemande géante de production de panneaux photovoltaïques. Un « airbus du solaire ».

Le PV permet dès à présent de délivrer un kWh entre 8 et 14 centimes d’euros en Allemagne, ceci en fonction de la taille des centrales (grandes centrales au sol ou petit PV en toiture) et de la localisation géographique de l’installation. Un coût qui reste néanmoins très inférieur au prix de l’électricité pour les particuliers outre-Rhin qui s’élève à 29 centimes le kWh. Le coût moyen du PV à l’échelle du pays est de l’ordre de 11 centimes le kWh, c’est-à-dire égal au « strike price », une forme de tarif d’achat, demandé par EDF en Grande-Bretagne pour le nucléaire EPR. 

Le photovoltaïque sera moins coûteux que le charbon

Le coût du kWh (Levelised Cost of Energy, LOEC) délivré par les centrales fonctionnant au lignite est aujourd’hui de 5 centimes en Allemagne, et de 8 centimes avec le charbon. Le kWh des centrales à gaz combiné peut monter jusqu’à 9.8 centimes. 

La hausse du prix des combustibles fossiles dans les décennies à venir étant inévitable du fait de la hausse de la demande énergétique mondiale, un énorme boulevard s’ouvre pour la croissance des petites unités de production renouvelables décentralisées qui sont fortement désirées par la population allemande globalement très soucieuse des problématiques environnementales et sanitaires. 

Le solaire CSP est et restera plus coûteux que le solaire PV

Selon l’institut Fraunhofer le coût du KWh provenant des centrales solaires à concentration thermodynamique restera relativement élevé dans une décennie et demi. Cette technologie CSP (Concentrated Solar Power), différente du photovoltaïque, est prônée notamment par le think Tank Desertec. Le coût du kWh sera en 2030 compris entre 9 et 11,5 centimes dans l’hypothèse d’une insolation normale directe de 2000 KWh par mètre-carré et par an. C’est-à-dire 2 à 3 fois plus coûteux que le petit solaire PV à cette date mais cependant inférieur au coût actuel du CSP qui est de 14 à 19,5 centimes.

Une opportunité pour l’ensemble des pays qui jouissent d’un bon gisement solaire

Ce qui est valable dans la moitié sud de l’Europe l’est aussi en Australie, au Moyen-Orient, à l’ouest des USA, en Afrique et en Amérique latine affirment les experts de l’institut Fraunhofer.  

Alors que le charbon attire aujourd’hui fortement les pays dits « du sud » du fait de son attractivité économique, l’émergence d’un solaire PV de plus en plus bon marché offre un formidable espoir dans la perspective d’une libération progressive de l’humanité de sa dépendance envers les énergies sales sans compromette son développement économique. 

La perspective d’un coût aussi bas du photovoltaïque permet d’envisager une réduction progressive des émissions de gaz à effet de serre, uniquement en laissant faire le marché. Et ceci même si les différents pays du monde ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur des objectifs contraignants des volumes d’émissions, ce qui a été le cas lors de tous les sommets internationaux sur le climat jusqu’à présent. 

La France parviendra-t-elle à rattraper son retard ?

Même si le projet souhaité par François Hollande se réalisait, projet d’alliance franco-allemande pour construire une grande usine de production de matériel photovoltaïque, nul ne peut prévoir si cela sera suffisant pour devenir compétitif face à la très puissante industrie chinoise. Il était dans tous les cas grands temps de réagir car le marché qui s’ouvre aux gagnants de cette course est colossal.

Selon une étude prospective du groupe pétrolier Shell, le solaire photovoltaïque sera la 4ème source d’énergie primaire du monde en 2040, derrière le charbon le pétrole et le gaz mais devant l’éolien, l’hydraulique, les agrocarburants, la gazification de la biomasse, la valorisation des déchets, la géothermie et le nucléaire. Et il deviendra la première source d’énergie en 2100.

Par Olivier Danielo

Posté le par La rédaction


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