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Décryptage

L’éco-conception des DEEE pour le démantèlement, un enjeu majeur

Posté le par Matthieu Combe dans Matériaux, Biotech & chimie

L’éco-conception d’un produit vise la réduction des impacts environnementaux et des prélèvements des ressources sur l’ensemble de son cycle de vie, que cela soit lors de sa production, de son utilisation par les consommateurs et de sa fin de vie.

Le défi majeur des fabricants reste de savoir comment s’assurer du bon démantèlement de leurs produits en fin de vie. Pour les aider, « Le guide « éco-conception » des éco-organismes DEEE Français » de Récylum, Ecologic, Eco-systèmes et ERP vient de paraître et est téléchargeable gratuitement sur le site « Eco3e ».

L’éco-conception passe par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, des déchets et des produits dangereux, mais aussi par l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’amélioration du recyclage, du réemploi et de la réparation des composants. Outre la réduction des impacts environnementaux, l’éco-conception est un atout permettant d’innover, de se démarquer de la concurrence et de répondre aux attentes du marché et des consommateurs.

Pour assurer une récupération maximale des éléments, métaux et composants issus des flux de déchets, il est essentiel d’adopter une démarche de recyclage Centrée-Produit, contrairement à l’approche Centrée-Matériau et métal plus simple qui est généralement appliquée. L’approche traditionnelle se concentre davantage sur les matériaux bruts donc ne s’intéresse qu’à une partie du produit. Au contraire, une approche Centrée-Produit s’intéresse au recyclage du produit dans son intégralité et implique nécessairement de réfléchir au devenir de l’ensemble de ses constituants.

Quels sont les principaux éléments entrant en ligne de mire ?

La difficulté de démontage d’un composant et donc, plus globalement, la difficulté de démontage d’un produit constitue le quotidien des professionnels. La conception pour le démantèlement apparaît alors capitale. Dès la phase de conception, il faut optimiser l’assemblage du produit pour pouvoir séparer les composants et les matériaux en fin de vie. Ils pourront alors être réparés, recyclés ou valorisés énergétiquement au moment opportun.

Pour ce faire, les règles d’or sont d’utiliser des matériaux recyclables/compatibles (voire recyclés), diminuer le nombre de matériaux différents, employer des matériaux avec des caractéristiques permettant de les séparer aisément lors du recyclage, réduire le nombre de composants, réduire le nombre de fixations utilisées et les standardiser. Il faut également concevoir des composants séparables : choisir des matériaux avec des propriétés différentes (magnétique/non magnétique, lourd/léger) pour faciliter le tri, faciliter l’accès aux composants/fixations et éviter la peinture et les revêtements/traitements de surface.

Plus simplement, l’efficacité de désassemblage est idéale lorsqu’un produit est composé d’un minimum de pièces, dont chaque composant est démontable avec un minimum de difficulté, en un minimum de temps et avec un minimum d’outils !

Des règlementations de plus en plus dures

De plus en plus restrictives, les règlementations imposent aux constructeurs de changer leurs modes de production. Il existe plusieurs textes règlementaires concernant les équipements électriques et électroniques (EEE). La plupart de ces textes sont issus du droit européen et sont transposés en droit français.

Ainsi, la Directive RoHS limite l’utilisation de six substances dangereuses de tous les nouveaux EEE mis sur le marché de l’Union européenne, qu’ils soient importés ou fabriqués dans l’Union. Les concentrations en plomb, mercure, chrome hexavalant, polybromobiphényles, polybromodiphényléthers sont limitées à 0,1% de poids de matière homogène et le cadmium à 0,01%. Cela concerne plusieurs catégories d’équipements, sauf les batteries.  Plus largement, le fameux règlement REACH cherche à limiter un grand nombre de substances chimiques et définit les applications autorisées.

De son côté, la directive ErP s’applique aux produits liés à l’énergie sur tout leur cycle de vie afin d’améliorer l’efficacité énergétique et diminuer les impacts environnementaux. Cette directive s’applique entre autres aux EEE en imposant, par exemple, des consommations maximales d’électricité à certains.

Enfin, la directive DEEE impose aux producteurs de gérer la fin de vie des EEE ménagers et professionnels mis sur le marché après le 13 août 2005. Tout producteur doit donc financer le traitement de ces déchets en fin de vie.

Comment s’assurer de l’éco-conception de ses produits ?

En tant que consommateur, il est possible de choisir les produits portant  l’« éco-label Européen », le label écologique officielle français « NF Environnement », le label écologique allemand « L’Ange Bleu », le label scandinave « The Nordic Swan », la certification « EPEAT » pour les produits informatiques originaire des Etats-Unis et le programme américain « Energy star » pour les moniteurs, ordinateurs et dispositifs de traitement de l’image. Ces labels récompensent des produits aux impacts environnementaux moindres et dont la conception est en constante amélioration.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

 

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