La rédaction vous propose un rapide tour d'horizon sur les informations qui feront l'actualité industrielle dans les jours et les semaines à venir.
« Made in Europe » : la bataille Paris-Berlin s’apaise avant les arbitrages de mars
La querelle franco-allemande sur la préférence européenne connaît une trêve provisoire. Ce jeudi 12 février au château d’Alden Biesen, Emmanuel Macron a concédé du terrain face à Friedrich Merz, acceptant que le « Made in Europe » ne s’applique qu’à certains secteurs stratégiques, abandonnant ainsi la vision protectionniste généralisée défendue par Paris. L’Allemagne privilégie le « Made with Europe » – produire avec l’Europe plutôt que dans l’Europe – et refuse tout soutien public systématique aux industries en difficulté. Les Vingt-Sept doivent désormais trancher lors du sommet officiel de mars 2026, où sera dévoilée la liste définitive des secteurs bénéficiant d’un traitement préférentiel dans les achats publics européens. Cette décision intervient alors que la Commission prépare son Industrial Accelerator Act, qui vise à porter la part de l’industrie manufacturière à 20 % du PIB européen d’ici 2035, contre 14 % aujourd’hui. En juin 2026, un nouveau sommet fera office de date butoir : faute d’accord à Vingt-Sept, des coopérations renforcées permettront aux pays volontaires d’avancer seuls. L’enjeu dépasse l’industrie : face à la concurrence chinoise subventionnée et aux tarifs américains, l’Europe cherche une troisième voie entre protectionnisme et naïveté commerciale, alors que l’accord UE-Inde signé fin janvier ouvre un marché de 2 milliards de consommateurs aux entreprises européennes.
Après la PPE, l’épreuve du réel : réseau, usages, soutiens
La PPE 2026-2035 et son annexe SDMP (mobilités propres) ont été publiées le 13 février 2026, avec l’ambition d’orienter la politique énergétique française sur la décennie.
Le cadre est désormais entériné par décret, point de départ de sa mise en œuvre (appels d’offres, priorités filières, trajectoires).
Le document complet (objectifs et trajectoires 2026-2035) est accessible ici. Si le gouvernement met en avant une logique de souveraineté énergétique et de planification, dans sa communication officielle, le débat porte déjà sur l’équilibre nucléaire/renouvelables et le niveau des cibles, avec un accueil politique contrasté.
Dans les prochaines semaines, l’exécutif veut enchaîner avec le plan d’électrification des usages (industrie, bâtiments, numérique, transports), annoncé comme la prochaine étape. La séquence opérationnelle sera aussi rythmée par les arbitrages sur les mécanismes de soutien (volumes, budgets, calendriers) et leur soutenabilité.
La PPE prévoit un rapport d’ici fin 2026 sur la consommation électrique, les moyens de production décarbonés et les flexibilités. Enfin, une revue en 2027 est déjà évoquée pour ajuster la trajectoire selon la demande et les capacités.
ISS : le compte à rebours industriel est lancé
Sophie Adenot a décollé le 13 février 2026 dans le cadre de Crew-12. Pour l’industrie, l’enjeu dépasse « l’exploit » : l’orbite basse devient un marché pour la bioproduction, les matériaux et les démonstrateurs, dans une logique de continuité d’accès post-ISS décrite par l’ESA.
Après le lancement, place au rendez-vous et à l’amarrage à l’ISS, puis au démarrage des opérations scientifiques suivies côté France via le communiqué du CNES.
Sur le moyen terme, la mission doit produire des retombées industrielles (santé, capteurs, procédés), cadrées dans le suivi de mission. En toile de fond, l’« après-ISS » se verrouille : la NASA a déjà confié à SpaceX le véhicule de désorbitation, avec un horizon autour de 2030.
Pour l’après 2027, l’Europe prépare une présence commerciale en orbite basse et une nouvelle chaîne de valeur, dans le cadre présenté par l’ESA.
Côté privé, la concurrence s’accélère : Vast vise une station Haven-1 « prête à lancer » début 2027, un repère scruté par les industriels.
EPR : une année pour convaincre
Après les 100 % de puissance atteints mi-décembre 2025, l’EPR de Flamanville entre en 2026 dans une phase où il doit prouver sa fiabilité industrielle et sa tenue au réseau. L’enjeu, rappelé par Le Monde de l’Énergie, n’est plus la construction mais la capacité à enchaîner essais, production et maintenance « comme une tranche du parc ».
Dans les premiers mois de 2026, EDF doit consolider l’exploitation à pleine charge via des campagnes d’essais (transitoires, réglages, disponibilité) avant la bascule vers une exploitation plus régulière.
Le calendrier est déjà verrouillé : la première visite complète débutera le 26 septembre 2026. Cet arrêt, annoncé pour 350 jours, concentrera contrôles lourds, épreuves réglementaires et fiabilisations clés. Entre-temps, les sujets de sûreté resteront scrutés via les avis d’incidents publiés par l’ASNR.
La séquence 2026 sera aussi un test « climat » : la performance à pleine puissance dépend notamment des conditions de refroidissement, un point déjà bien connu. Enfin, le retour d’expérience Flamanville pèsera sur la crédibilité de la relance, au moment où EDF prépare les décisions et chiffrages des futurs réacteurs, dans un contexte de coûts et d’arbitrages industriels suivis de près.
PMI manufacturier France : l’indicateur clé de février 2026 à surveiller pour anticiper la production industrielle
Après un indice PMI à 51,2 en janvier, son plus haut niveau depuis juin 2022, le secteur manufacturier français aborde février avec un optimisme prudent. Publié mensuellement par S&P Global, cet Indice des Directeurs d’Achat interroge 400 responsables industriels sur cinq composantes majeures : nouvelles commandes, production, emploi, délais de livraison et stocks. Au-dessus du seuil critique de 50 points, le PMI signale une expansion ; en-dessous, une contraction. Janvier a marqué une accélération spectaculaire de la production manufacturière, avec la croissance la plus rapide depuis février 2022, portée par la constitution de stocks et l’amélioration des carnets de commandes. Toutefois, sans rebond des nouvelles commandes, notamment à l’export où la demande allemande reste atone, cette reprise demeure fragile. Pour les secteurs énergo-intensifs comme l’acier, le ciment ou la chimie, ce PMI de février – attendu début mars – sera décisif : il révélera si la dynamique de début 2026 se confirme ou si les tensions géopolitiques et la faiblesse de la demande intérieure freinent l’élan industriel français.









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