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L’interdiction des néonicotinoïdes repoussée à 2020 ?

Posté le par Matthieu Combe dans Matériaux, Biotech & chimie

Nouvel épisode dans l'interdiction des néonicotinoïdes, ces fameux herbicides « tueurs d'abeilles ». En troisième lecture du projet de loi Biodiversité, les députés ont confirmé l’interdiction totale des produits à base de néonicotinoïdes au 1er septembre 2018, avec des dérogations possibles jusqu'en 2020.

En première lecture, l’Assemblée nationale avait voté une interdiction totale des néonicotinoïdes au 1er janvier 2017. Cette date a été reculée au 1er septembre 2018 et sans dérogations en deuxième lecture. Le Sénat, opposé à cette interdiction prévoyait alors un simple encadrement.

Face à la fronde des agriculteurs, l’opposition des sénateurs et du ministre de l’agriculture, les députés ont confirmé l’interdiction au 1er septembre 2018, mais ont consenti des dérogations. Selon l’amendement voté ce jeudi 23 juin, ces dernières « pourront être prises par un arrêté conjoint des ministres chargés de l’agriculture, de l’environnement et de la santé » jusqu’au 1er juillet 2020.

Pour que les produits alternatifs ne conduisent pas à des situations plus dangereuses pour la biodiversité que le mal combattu, ces dérogations seront accordées suite à une évaluation de l’Anses. L’agence nationale de sécurité sanitaire sera en effet en charge de comparer les « bénéfices et les risques » des néonicotinoïdes autorisés en France, avec les produits de substitution ou les méthodes alternatives disponibles. Cette vision a été défendue par Ségolène Royal, qui souhaitait « un geste fort » mais « avec du réalisme ».

Les ONG pour une interdiction pure et simple

Pour Générations Futures, il s’agit d’« une dérogation de portée générale jusqu’en 2020 » qui aboutira à 4 années supplémentaires d’utilisation, « un vrai recul face aux pressions de la FNSEA et des lobbies agrochimiques ». L’association appelle à le Gouvernement à « une réelle interdiction dès 2018 au plus tard». Pour Gilles Lanio, Président de l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF), « une interdiction totale dans 4 ans, c’est potentiellement 1,2 million de ruches supplémentaires décimées ».

Le texte doit encore fait l’objet d’une ultime navette avec le Sénat, suivi d’un vote finale à l’Assemblée prévu le 18 juillet. Reste à savoir si l’interdiction finale comportera ou non des dérogations.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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