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Haro sur les néonicotinoïdes

Posté le par Aliye Karasu dans Environnement

Le 1er juin dernier, plus de 200 scientifiques ont lancé, dans la revue Science, un appel pour demander la restriction de l’utilisation des néonicotinoïdes. Un appel qui s’inscrit dans un contexte général marqué ces derniers mois par la publication de plusieurs études qui alertent sur la dangerosité de ces « tueurs d’abeilles ».

La biodiversité terrestre et aquatique menacée

Pour les 233 scientifiques à l’origine de l’appel lancé dans la revue Science, le 1er juin dernier, la toxicité des néonicotinoïdes n’est plus à démontrer. Des centaines d’études scientifiques suggèrent, en effet, que ces insecticides neurotoxiques nuisent aux organismes d’une importance vitale pour les humains tels que les pollinisateurs et contribuent à la perte massive actuelle de la biodiversité mondiale. D’autant plus que ces produits «sont hautement persistants dans l’environnement, si bien que des résidus significatifs sont communément retrouvés dans les sols, les fleurs sauvages, les cours d’eau et les lacs» alertent les signataires.

Les néonicotinoïdes avaient déjà été incriminés suite à une étude publiée en octobre 2017 par la revue PLoS One qui dévoilait une diminution en trente ans de près de 80% de la population des insectes ailés en Europe.

Des avancées prometteuses

Contre toute attente, un pas important a été franchi en avril dernier : les états membres ont voté la proposition de la commission européenne interdisant les usages des 3 principaux néonicotinoïdes (Thiamétoxame, Imidaclopride, Clothianidine) sur toutes les cultures en plein champs ; seul l’usage sous serre restant autorisé. Une interdiction qui suit les recommandations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui est elle-même parvenue, en février 2018, à la conclusion que ces 3 molécules sont très toxiques pour les abeilles domestiques et sauvages.

A cela s’ajoute, fin mai 2018, la publication d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) qui a étudié les alternatives envisageables à ces produits. Selon l’Anses, «pour une majorité des usages des produits phytopharmaceutiques à base de néonicotinoïdes, des alternatives (chimiques et non chimiques) suffisamment efficaces, et opérationnelles ont pu être identifiées.» Surtout, le rapport indique que pour près de 80% des cas analysés, au moins une solution alternative non chimique existe. L’Anses ajoute qu’ « en l’état actuel des connaissances, les méthodes non chimiques apparaissant comme les plus aptes à remplacer immédiatement, efficacement et durablement les néonicotinoïdes sont la lutte biologique, la lutte physique par application d’une couche protectrice (huile de paraffine, argile…), et la lutte par confusion sexuelle, lorsque ces méthodes sont d’ores et déjà disponibles en France ou aisément transférables.» Le rapport évoque également d’autres pistes envisageables pour éviter l’utilisation de ces produits toxiques comme le recours aux médiateurs chimiques (les répulsifs) ou le recours aux auxiliaires des cultures (parasitoïdes ou prédateurs).

Par Aliye Karasu

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