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Décryptage

Plastique en Méditerranée : quelles solutions ?

Posté le par La rédaction dans Environnement

A l'occasion du colloque « Plastiques en Méditerranée: au-delà du constat, quelles solutions? », organisé à Monaco les 10 et 11 mars par la Fondation Prince Albert II de Monaco, Surfrider Foundation et Tara Océans, plusieurs annonces ont été faites pour tenter de remédier à la problématique de la pollution plastique en Méditerranée.

Afin de lutter contre le rejet de macrodéchets plastiques dans sa principauté de bord de mer, le Prince Albert II a décidé d’interdire les sacs plastiques à usage unique dès 2016. De plus, au plus tard en 2019, les produits alimentaires tels que les fruits, les légumes et les confiseries devront être conditionnés dans « des sacs en papier recyclés ou issus de forêts gérées durablement ». Et en 2020, la distribution ou la vente de vaisselle jetable en matières plastiques sera interdite, sauf si elle contient « au moins 40% de matériaux d’origine végétale », car biodégradables, prévient le Prince Albert II. « Les alternatives ont certes un coût économique immédiat, mais leur coût écologique à long terme est sans commune mesure à celui du pétrole », insiste-t-il.

La «déclaration de Monaco» pour une approche intégrée et coordonnée

Les participants au colloque ont adopté la « déclaration de Monaco », portée par Bernard Fautrier, vice-président de la Fondation Prince Albert II de Monaco. Cette déclaration vise à agir contre la pollution en Méditerranée et appelle les différents acteurs concernés à rejoindre les travaux de cette task force Beyond Plastic Med « créée pour rechercher et promouvoir des solutions concrètes pour lutter efficacement contre l’afflux des pollutions plastiques en Méditerranée ». Cette task force permettra de réaliser une liste des bonnes pratiques et à les diffuser à tous ses partenaires.

Concernant les solutions concrètes à mettre en oeuvre, le « point de départ » sera assuré par les conclusions de ce colloque. Elles seront complétées par le livre bleu de Tara Océans, réalisé à la suite de l’expédition Tara Méditerranée qui s’est déroulée entre mai et décembre 2014. Ce livre bleu prévu pour mai 2015 reprendra les solutions locales découvertes concernant l’assainissement des eaux, la gestion des déchets, l’innovation pour un plastique biodégradable, la promotion du tourisme durable, l’éducation ou encore la création d’Aires Marines Protégées. Ces solutions ont notamment été discutées lors des escales en Albanie, en Grèce, au Liban, en Israël, à Malte, en Tunisie, en Algérie, en Espagne, au Maroc et au Portugal, et lors des 5 ateliers d’échanges menés avec des acteurs locaux, experts et décideurs, pour avancer vers des solutions communes.

Par ailleurs, un fonds fiduciaire avait été annoncé par le Prince Albert II de Monaco et François Hollande en 2013. Ce fonds vise à aider au développement de nouvelles aires marines protégées en Méditerranée et à l’amélioration des aires existantes. A l’occasion de ce colloque, la création officielle de cette association a été annoncée. Portée conjointement par la France, Monaco et la Fondation Prince Albert II de Monaco, elle a été renforcée par le soutien de la Tunisie, du Maroc, de la Croatie, de Chypre et de la Bosnie. D’autres acteurs sont invités à rejoindre le mouvement.

Selon une étude parue dans le journal Plos one, à elle seule, la mer Méditerranée contiendrait 247 milliards de particules de plastiques flottants, soit 23 150 tonnes. C’est quasiment deux fois plus que le nombre de plastiques flottants estimés dans l’Atlantique Sud (12 780 tonnes), mais moins que dans l’Atlantique Nord (56 470 tonnes). En tant que mer fermée, les eaux ne se renouvellent intégralement qu’en 90 ans, ce qui contribue à l’accumulation des déchets selon François Galgani, chercheur à l’Ifremer et co-auteur de cette étude. C’est l’une des mers les plus polluées au monde par le plastique, que cela soit des plastiques flottants, des plastiques retrouvés sur les plages ou dans les fonds marins.

Par Matthieu Combe, journaliste scientifique

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