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3 questions à

Sylvain Loosli, le champion de poker qui aurait dû être ingénieur

Posté le par La rédaction dans Entreprises et marchés

A 28 ans, le jeune homme ne regrette pas d’avoir tourné le dos à une carrière toute tracée. Devenu joueur de poker professionnel,  il a été recruté par le géant des jeux en ligne Winamax.fr. C’est d’ailleurs à Dublin, à l’occasion du grand Winamax Poker Open (WPO) que nous l’avons rencontré.

Techniques de l’ingénieur : Après un Bac S mention TB tu te diriges naturellement vers une prépa scientifique. Mais tu n’exerceras jamais le diplôme d’ingénieur…

Sylvain : J’ai fait math sup/math spé au Lycée Thiers à Marseille. A l’époque je ne savais pas trop quoi faire et je ne me sentais pas à l’aise avec mes camarades de prépa. J’ai donc préféré me présenter à un concours parallèle orienté école de commerce. J’ai pu rentrer à Télécom Ecole de management, à Evry, un compromis entre une école d’ingénieur et une école de commerce.

T. I. : Comment as-tu découvert le poker ?

S. L. : J’ai commencé à jouer en 2006. Un ami avait monté une association pour animer des tournois. Il avait d’ailleurs noué un partenariat avec Winamax qui venait à peine de se créer. J’ai tout de suite accroché. J’ai un profil de gamer. Je faisais partie d’une des meilleures équipes française du jeu Counter Strike, idem pour le jeu de stratégie Age of empires, je me suis littéralement pris au jeu du poker. J’ai commencé à jouer sur internet, à consulter des forums, à lire des livres spécialisés. Très vite, j’ai gagné quelques centaines d’euros par mois.

T.I. : Tes gains ont-ils vite grimpés ?

S.L. : Oui. Au bout de 2-3 mois j’arrivais à gagner quelques milliers mensuels. Des sommes qui ont encore augmenté au cours du temps.

T.I. : La fin de tes études arrive. Ingénierie ou poker, il faut choisir…

S.L. : Après 6 mois de césure à Londres grâce au programme Erasmus, j’achève un Master 2 Marketing Stratégie à Paris Dauphine en 2010. Il n’était pas toujours facile de concilier mes études avec le poker. Je m’orientais vers un job salarié, du consulting. Mais mon salaire n’aurait jamais égalé mes gains au poker. De plus, devenir joueur professionnel me permettait de vivre de ma passion tout en étant libre.

T.I. : Ta réussite te donne raison. Tu as commencé par des parties en ligne de cash-game. Comment as-tu basculé sur du jeu en live ?

S.L. : C’était à l’été 2013. J’ai décidé de jouer les World Series of poker à Vegas. Il s’agit d’un évènement qui dure 2 mois et regroupe une soixantaine de tournois. C’est l’évènement le plus prestigieux du monde du poker. C’est vrai que je viens du cash-game, mais je savais que le niveau des tournois était un peu inférieur, et même si c’est un format que je travaillais peu, j’ai voulu tenter ma chance. J’ai atteint la table finale ! J’ai fait partie des 9 derniers joueurs sur près de 6400 engagés. C’est comme ça que je me suis fait repérer. Les plus gros sites de poker m’ont fait des propositions et j’ai choisi d’intégrer la team Winamax. Cela m’a permis de m’entraîner durant les 2 mois séparant ma qualification à la table finale et l’ultime partie.

T.I. : Ton travail a porté ses fruits puisque tu as terminé 4ème, empochant 2 792 533$. Quel est ton secret ?

S. L. : En intégrant l’équipe Winamax j’ai pu bénéficier du coaching de Davidi, un grand nom du poker. Cela m’a permis de progresser rapidement. J’ai aussi beaucoup travaillé les maths !

T.I. : Le poker ne serait qu’une affaire de calcul ?

S.L. : Effectivement, il y a beaucoup de calcul de probabilités. Pour nous entraîner nous utilisons des logiciels qui calculent les mains probables de l’adversaire pour aboutir à un calcul d’équité, c’est-à-dire notre pourcentage de chance de gagner. Ces outils d’aide à la décision nous permettent de déterminer la stratégie optimale et de savoir, selon la configuration, si l’on doit bluffer, miser ou checker (ndlr : passer) Il existe des softs spécialisés dans l’analyse de situations de table finale. Ce sont des situations bien particulières avec des paliers de gains très importants. Il faut toujours viser la 1ère place, les décisions ne sont pas les mêmes. Au final, c’est un jeu de situation.

T.I. : N’y a-t-il pas une dimension humaine ?

S. L. : Si bien sûr. On dispose d’informations sur les joueurs adverses, leur façon d’aborder telle ou telle situation. Cela nous oriente sur le fait de devoir suivre la stratégie optimale ou pas. On va capitaliser sur les erreurs adverses. Dans chaque situation tu as une décision optimale. Tu construis un arbre de décisions, parfois complexe. Mais tu n’es pas obligé de le suivre…

Par Audrey Loubens

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