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Décryptage

Un champignon pour dépolluer les sols contaminés ?

Posté le par La rédaction dans Environnement

Podospora anserina, un banal champignon, est équipé d’une enzyme qui lui permet de résister aux composés aromatiques toxiques en les détruisant. Les chercheurs des universités Paris Diderot et Paris Sud pensent que cette caractéristique pourrait être exploitée pour décontaminer des sols contenant certains polluants persistants. Explications. 

Publiés il y a peu dans le célèbre Journal of chemestry, les résultats des recherches coordonnées par les laboratoires Paris Diderot et Paris Sud pourraient bien ouvrir de nouvelles perspectives dans le domaine de la décontamination des sols. En effet, à partir de l’étude d’un simple champignon, Podospora anserina, les chercheurs ont isolé une enzyme qui détruit les composés aromatiques toxiques en les modifiant, permettant au champignon de s’épanouir sur des sols pollués. Ainsi, les propriétés de cette enzyme pourraient servir à décontaminer des sols contenant certains polluants persistants.

Une modification chimique des éléments toxiques
D’après le compte rendu de ces recherches, « Au cours de leur évolution, tous les organismes vivants ont développé des mécanismes de défense pouvant les protéger contre les effets délétères de composés toxiques qu’ils soient d’origine naturelle ou non. Les champignons comptent parmi les espèces qui possèdent les outils les plus performants pour survivre en présence d’une très grande variété de composés, toxiques pour la majorité des autres espèces. »Dans le détail, ce sont deux enzymes qui permettent la modification chimique des éléments toxiques en éléments inertes. Une d’entre elle a été repérée grâce à son activité intense de transformation, et notamment d’amines aromatiques toxiques d’origine industrielle. Il est également intéressant de préciser que ces processus de décontamination sont assez rapides, comme précisé dans le rapport : « Le champignon a la capacité de détoxiquer des terres contaminées par un dérivé de pesticides (la 3,4-dichloroaniline ou 3,4-DCA). Au final, l’utilisation de ce type de champignon inoffensif appliquée à la dépollution de certains sols devra désormais être testée en plein champ. »

Une rapidité d’action étonnante
En effet, les expériences réalisées par les chercheurs ont donné des résultats étonnants. Non pathogène, Podospora anserina est également une espèce de manipulation aisée et de croissance contrôlée. C’est pour cela qu’elle a été choisie pour étudier ces phénomènes de bioremédiation. Dans les expériences menées, des échantillons de terre contaminée par de fortes concentrations de 3,4-DCA ont été mis en présence de Podospora anserina. Quelques heures plus tard, la majorité des molécules toxiques de ce dérivé de pesticide ont été inactivées, et la terre testée est alors saine, propice à la germination. Si les tests pratiqués en plein champs s’avèrent concluants, Podospora anserina pourrait s’avérer être une solution à l’accroissement préoccupant de la concentration des nombreux polluants dans les milieux naturels, accroissement directement lié aux activités humaines. 

Sources :
CNRS – An acetyltransferase conferring tolerance to toxic aromatic amine chemicals : molecular and functional studies(Marta Martinsa,b, Fernando Rodrigues-Limaa,b, Julien Dairoua,b, Aazdine Lamouric,d, Fabienne Malagnacb,e, Philippe Silarb,e & Jean-Marie Dupreta,b,f) – lire le compte rendu (en anglais)

Posté le par La rédaction


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