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Suspension des réseaux sociaux: le Gabon en discussion avec TikTok et Meta

Posté le par AFP

Le gouvernement gabonais est en discussion avec Meta et TikTok, a affirmé le ministère de la Communication jeudi, alors que les réseaux sociaux sont suspendus dans le pays depuis plus d’une semaine.

La Haute autorité de la communication (HAC) avait annoncé mardi 12 février la suspension des réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre », invoquant notamment la diffusion « récurrente » de « contenus (…) portant atteinte à la dignité humaine, aux bonnes moeurs, à l’honneur des citoyens, à la cohésion sociale, à la stabilité des institutions de la République et à la sécurité nationale ».

Facebook et TikTok, les réseaux sociaux les plus utilisés au Gabon, ainsi que Youtube et Instagram étaient toujours coupés jeudi, ont constaté des journalistes de l’AFP, tandis que Whatsapp fonctionnait par intermittence et différemment selon les opérateurs.

Les « discussions sont en cours » avec Meta et TikTok, a affirmé jeudi l’entourage du ministre gabonais de la Communication à l’AFP.

Au lendemain de l’annonce de la suspension, TikTok avait pris contact avec la HAC, indiquant partager l’engagement de l’instance de régulation « à maintenir un environnement numérique sécurisé, respectueux des droits et de la dignité des citoyens gabonais », selon des informations relayées lundi par l’Agence gabonaise de presse (AGP).

Le même jour, dans une interview à la télévision, la porte-parole adjointe de la présidence gabonaise, Jennyfer Melodie Sambat, avait affirmé que la coupure visait les plateformes du groupe Meta.

« Cela fait déjà plus d’un an et demi qu’on fait des avertissements, y compris des signalements de ces différentes publications », avait-elle martelé, estimant qu’il était « inconcevable qu’après de nombreuses alertes du gouvernement, le groupe ne fasse rien ».

Outre des publications jugées « diffamatoires », Mme Sambat avait évoqué des « contenus à caractère violent, voire pornographique ».

L’ancien Premier ministre et principale figure de l’opposition au Gabon, Alain-Claude Bilie-By-Nze, a condamné une décision jugée « disproportionnée », estimant qu’elle « viole la Constitution, les droits des citoyens, la liberté d’expression ».

De nombreux Gabonais continuent néanmoins d’aller sur les réseaux sociaux grâce aux VPN, un outil numérique permettant de contourner ce type de restrictions. Le fournisseur Proton a notamment fait état d’une hausse de 60.000% des téléchargements de son outil VPN le 18 février au Gabon, premier jour de coupure effective.

« Ce n’est pas définitif, c’est une suspension le temps de faire primer cet intérêt supérieur que nous avons à mieux réguler, pour l’intérêt de tous », a déclaré mercredi le porte-parole de la présidence gabonaise, Théophane Zamé-Nze Biyoghe, dans une interview au média Brut, qui diffuse essentiellement sur les réseaux sociaux.

gge/lnf/hba

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