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Données thermochimiques importantes pour le fonctionnement du haut fourneau
Haut fourneau - Bases théoriques
M7400 v2 Article de référence

Données thermochimiques importantes pour le fonctionnement du haut fourneau
Haut fourneau - Bases théoriques

Auteur(s) : Jean-Marc STEILER

Relu et validé le 23 juin 2021 | Read in English

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Présentation

1 - Contexte

  • 1.1 - Historique
  • 1.2 - Place du haut fourneau dans la filière de production des aciers de haute qualité
  • 1.3 - Place du haut fourneau dans l'usine à fonte
  • 1.4 - En aval du haut fourneau

2 - Description sommaire du haut fourneau

3 - Connaissance du haut fourneau à partir d'observations industrielles

4 - Données thermochimiques importantes pour le fonctionnement du haut fourneau

5 - Aspects théoriques du fonctionnement

6 - Conclusion

7 - Glossaire

8 - Sigles, notations et symboles

Sommaire

Présentation

RÉSUMÉ

Le haut fourneau constitue toujours l'outil de base de la filière de production des aciers à forte valeur ajoutée. A l'échelle mondiale, près de 70 % de l 'acier est issu de fonte produite au haut fourneau. Cet article traite des aspects théoriques du fonctionnement du haut fourneau, qui peut être considéré comme une technologie mature. Les points suivants sont abordés: la description générale du haut fourneau et de ses annexes, la connaissance du haut fourneau acquise à partir des observations industrielles, la physico-chimie des réactions intéressant le haut-fourneau, la description du réacteur.

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Auteur(s)

  • Jean-Marc STEILER : Ingénieur Civil des Mines - Ancien Directeur des Programmes R&D Procédés, ArcelorMittal Global R&D, - Maizières-lès-Metz, France

INTRODUCTION

L'usine à fonte constitue la première étape de la filière de production de l'acier à partir de charbon et de minerai de fer, qui est la voie privilégiée pour l'obtention des aciers de haute qualité destinés aux applications les plus exigeantes en matière de propriétés d'emploi, notamment automobile, emballage, tôles fortes, etc. Le haut fourneau assure la réduction des oxydes de fer des minerais et la fusion du métal. Le passage par l'état liquide, s'il demande une quantité d'énergie importante, permet la purification du métal par transfert des impuretés majeures dans une scorie liquide. Le haut fourneau délivre à l'aciérie à l'oxygène une fonte liquide dont la qualité chimique et la température sont parfaitement contrôlées. À l'échelle mondiale, environ 70% de l'acier produit est issu de la filière minerai-haut fourneau, alors que la filière par recyclage de ferrailles représente 30%.

Les connaissances acquises en matière de fonctionnement du haut fourneau résultent des efforts conjoints des équipes de recherche et des exploitants au cours des décennies passées. La mise en œuvre des concepts scientifiques, l'instrumentation poussée, l'utilisation de modèles numériques, ont permis d'obtenir une bonne connaissance et une maîtrise efficace du fonctionnement complexe de l'appareil, ce qui a conduit à des progrès remarquables sur le plan de la fiabilité d'exploitation, de la productivité et de l'économie générale du procédé. Le haut fourneau a atteint un degré de maturité technologique tel que, pour les unités les plus avancées, les performances sont proches de l'optimum théorique en matière de consommation énergétique. La taille des installations est arrivée à un optimum économique, avec des hauts fourneaux d'un volume de 4500 à 5000 m3 et d'une capacité de production de 3 à 3,5 Mt/an, cohérente avec l'aval de l'usine intégrée, aciérie à l'oxygène et train à bandes.

Le coût de la fonte représente une part prédominante du coût de l'acier final. Le coût des matières premières enfournées au haut fourneau intervient pour environ 80% du prix de revient de la fonte, l'énergie sous toutes ses formes représentant près de 50% de ce prix. Ceci justifie tous les efforts consacrés à la réduction de la consommation énergétique et à la diversification des matières premières.

Bien que le haut fourneau lui-même fonctionne avec des performances remarquables, il présente cependant un certains nombre d'inconvénients qui sont autant de défis à relever. Le principe même du haut fourneau – réduction des oxydes, fusion des matières – conduit nécessairement à des besoins énergétiques importants, assurés en majeure partie par des combustibles fossiles, ce qui se traduit par des émissions de CO2 importantes, de l'ordre de 1,8 t/t de fonte. De plus, son fonctionnement requiert un traitement préalable des matières premières par des procédés – agglomération des minerais [M 7 320], pyrolyse du charbon [M 7 340] – peu optimisés sur le plan énergétique, dont les coûts d'investissement sont élevés et qui engendrent des frais considérables pour le respect des normes en matière d'environnement. En réponse à ces inconvénients, différents procédés nouveaux de « réduction-fusion », capables de traiter directement le minerai de fer et le charbon sans préparation poussée, ont été imaginés [M 7 550]. À ce jour, seul le procédé COREX, et dans une moindre mesure le procédé FINEX, ont vu un véritable développement industriel, les autres procédés restant au stade du laboratoire ou du pilote industriel [M 7 555]. Au début du XXIe siècle, le haut fourneau est face à de nouveaux défis dans le domaine énergétique et environnemental, qui imposent d'autres déclinaisons ou adaptations du fonctionnement de l'appareil. Des projets ambitieux sont menés en Europe, Asie et Amérique du Nord avec l'objectif de réduire considérablement l'empreinte carbone du haut fourneau.

L'article [M 7 400] porte sur la description des bases théoriques du haut fourneau, l'article [M 7 401], quant à lui, porte sur les principes de fonctionnement. Les aspects technologiques et la pratique opératoire sont présentés dans les articles [M 7 410] et [M 7 411]. Dans l'ensemble de ces articles, seule est considérée la fabrication de la fonte d'affinage destinée à être transformée en acier au cours de la chaîne de fabrication de l'usine sidérurgique. La fabrication des fontes spéciales, des fontes de moulage et du ferromanganèse est laissée de côté.

Un glossaire et un tableau de symboles sont présentés en fin d'article.

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4. Données thermochimiques importantes pour le fonctionnement du haut fourneau

Sur le plan chimique, le fonctionnement du haut fourneau peut être décrit principalement dans le système Fe-O-H-C.

4.1 Système Fe-O

Le diagramme de phases Fe-O indique l'existence de trois oxydes stables : Fe2O3 (hématite), Fe3O4 (magnétite) et FeO1,056 (wustite) (figure 12). Le degré d'oxydation des oxydes est généralement exprimé par le rapport entre le nombre d'atomes d'oxygène et de fer O/Fe : il est de 1,5 pour l'hématite, 1,33 pour la magnétite et voisin de 1 pour la wustite.

L'hématite est un oxyde pratiquement stœchiométrique qui cristallise dans le réseau hexagonal. À pression atmosphérique, elle se décompose à 1457 °C en magnétite et oxygène.

La magnétite présente un domaine limité de non-stœchiométrie correspondant à O/Fe compris entre 1,33 et 1,38 atO/atFe. La température de fusion congruente de l'oxyde stœchiométrique est de 1596 °C. La magnétite cristallise dans le réseau cubique. La réduction de l'hématite en magnétite se traduit donc par une transformation importante du réseau cristallin, qui peut induire une expansion et une fissuration de la structure solide.

La wustite est un oxyde non stœchiométrique existant dans un large domaine de température compris entre 570 et 1424 °C. Le degré d'oxydation O/Fe varie entre 1,056 et 1,20 atO/atFe ; en fait, l'oxyde FeO n'a pas d'existence physique, même si la formule chimique est quelquefois utilisée par facilité. Le degré d'oxydation de la wustite saturée en fer varie peu dans l'intervalle de température et on retient généralement la valeur O/Fe de 1,056 atO/atFe. Le réseau de la wustite présente des lacunes en ions Fe++ et le rapport Fe+++/Fe++ augmente avec la teneur en oxygène. La wustite se décompose en magnétite et fer à 570 °C ; sa fusion n'est pas congruente et la température minimale d'apparition de liquide est de 1371 °C.

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4.2 Système C-O

Les réactions d'oxydation du carbone par l'oxygène sont fortement exothermiques. Les données thermodynamiques des réactions...

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Sommaire
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BIBLIOGRAPHIE

  • (1) - NICOLLE (R.) -   Some steps in the early development of coke manufacture and use in France and Belgium.  -  Revue de Métallurgie ; n° 109 p. 55 (2012).

  • (2) - CHAUDRON (G.) -   Étude des réactions réversibles de l’hydrogène et de l’oxyde de carbone sur les oxydes de fer.  -  Revue de Métallurgie, 21, n° 8, p. 462-472 (1924).

  • (3) - STEILER (J.M.), HANROT (F.) -   Present state and Innovative issues for Ironmaking.  -  Revue de Métallurgie, n° 3, p. 361 (2005).

  • (4) - NICOLLE (R.) -   La théorie du haut-fourneau : contribution de l’École Française.  -  Revue de Métallurgie – CIT, p. 199 (2005).

  • (5) - BONNAURE (E.) -   Injection technique investigated on the low shaft furnace.  -  J. of Metals, N° 13, p. 37 (1961).

  • ...

1 Outils logiciels

Fact Sage Integrated Data Base : base de données thermodynamiques d'espèces minérales ; outils de calculs en ligne de grandeurs de réactions, d'équilibres complexes multiphasés, de diagrammes de phases ;

http://www.crct.polymtl.ca/factsage/fs_general.php

JANAF : table de données thermodynamiques d'espèces minérales ; calcul en ligne de grandeurs de réaction

http://kinetics.nist.gov/janaf/

HAUT DE PAGE

2 Sites Internet

Metallurgical Research and Technology : anciennement Revue de Métallurgie ; articles sur l'élaboration de la fonte ; sommaires et résumés des articles en ligne ; calendrier des congrès à venir intéressant la...

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