Métal le plus abondant de l’écorce terrestre, mais aussi le premier des métaux non ferreux de par sa production, l’aluminium possède des propriétés d’inaltérabilité et de faible densité qui lui confèrent une place de choix dans des secteurs comme l’aéronautique et le transport. L’aluminium est très résistant à la corrosion, il se passive rapidement à l’air par la formation en surface d’une couche de son oxyde (l’alumine). Ce métal malléable est également bon conducteur de l’électricité et de la chaleur.
L’utilisation de l’aluminium est très répandue et nous le retrouvons au quotidien dans tous les domaines où sont recherchées une optimisation du poids, une bonne réaction à l’air et à l’eau et une certaine résistance : ustensiles de cuisine, emballages (alimentaires et de médicaments), canettes de boisson, carrosseries et pièces d’automobiles, de wagons et d’avions, câbles électriques, vélos, matériel de plongée. Mais, l’aluminium est également présent dans l’industrie alimentaire (additifs), les produits pharmaceutiques, la chirurgie et la cosmétologie…
Le principal minerai de l’aluminium est la bauxite, un mélange d’alumine (40 à 60 %), d’oxyde de silicium (2 à 12 %), d’oxyde de fer (18 à 25 %), d’oxyde de titane (2 à 4 %) et d’eau (10 à 15 %). Les gisements de bauxite sont très nombreux et importants sur tout le globe terrestre. Les plus anciens, aujourd’hui épuisés, étaient situés dans le sud de la France, près des Baux-en-Provence, d’où le nom donné au minerai.
La fabrication de l’aluminium débute par l’extraction de l’alumine de la bauxite, à température et pression élevées au moyen le plus souvent d’une solution de soude caustique (procédé Bayer). Après chauffage, l’alumine (Al2O3) obtenue se présente sous la forme d’une poudre de couleur blanche. Cette alumine est ensuite décomposée par électrolyse, avec dépôt d’aluminium liquide à la cathode, et dégagement d’oxygène à l’anode.
Afin d’améliorer ses propriétés, les traitements thermiques et mécaniques lors de sa fabrication sont choisis selon les performances attendues. La mise en œuvre et la transformation de l’aluminium bénéficient de toutes les méthodes de fonderie. En outre, ce métal peut supporter une grande variété de traitements de surface, comme l’anodisation et le laquage. De plus, l’addition de métaux permet aux différents alliages d’aluminium d’atteindre des résistances mécaniques comparables à celles des aciers trempés, pour une densité qui reste trois fois inférieure à celle de l’acier.
L’aluminium est recyclable à 100 % sans altération de ses propriétés. En France, les affineurs d’aluminium sont chargés de la récupération, du broyage et de la refonte de l’aluminium des décharges, des déchets industriels et ménagers. Cet aluminium de seconde fusion sert essentiellement à la fabrication de pièces de fonderie pour automobiles. Ce taux élevé de recyclage permet de s’affranchir des pollutions dues au processus de production de l’aluminium, la plus importante étant liée aux rejets des boues rouges caustiques de bauxite, sans oublier l’importante consommation électrique nécessaire à l’électrolyse de l’alumine.
Ce métal, inutile à notre organisme, semble pourtant potentiellement dangereux pour la santé. Les effets toxiques de l’aluminium semblent porter pour une grande part sur le système nerveux central et sur le tissu osseux lors d’expositions à de très fortes doses. Cependant, aucune étude n’a été conduite sur une population exposée à de faibles doses : par ingestion de produits alimentaires, d’eau de boisson et de médicaments ; par voie cutanée (produits cosmétiques) ou par contact (papier d’aluminium).
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Définition : aluminium : définition et propriétés
Un métal léger que son propre oxyde protège
L'aluminium doit sa carrière industrielle à deux caractéristiques qui vont rarement ensemble. Il est léger, avec une masse volumique de 2 700 kg/m³, soit près de trois fois moins que l'acier. Et sa résistance à la corrosion ne demande aucun traitement préalable, parce qu'il s'oxyde instantanément au contact de l'air. La couche d'oxyde formée, l'alumine, mesure quelques nanomètres seulement, adhère parfaitement au métal et se reconstitue si on la raye. Un matériau qui se répare tout seul.
Cette passivation naturelle a des limites qu'il faut connaître avant de spécifier une pièce. La couche protectrice est stable entre pH 4 et pH 9 environ, elle se dissout en milieu très acide comme en milieu très basique. Le contact direct avec un métal plus noble, cuivre ou acier inoxydable, crée une pile galvanique et corrode l'aluminium par piqûres. L'anodisation épaissit volontairement l'alumine jusqu'à 5 à 25 µm pour aller au-delà de ce que la nature fournit, et ce procédé est décrit dans anodisation de l'aluminium et de ses alliages.
Les autres propriétés de l'aluminium découlent de sa structure cubique à faces centrées. Le métal reste ductile jusqu'aux très basses températures, là où l'acier ordinaire devient fragile, ce qui lui vaut sa place dans les réservoirs cryogéniques. Il conduit bien l'électricité, à 62 % du cuivre en valeur relative, mais pour une masse trois fois moindre, si bien qu'à performance électrique égale un câble en aluminium pèse deux fois moins lourd. Les lignes haute tension en ont tiré les conséquences depuis longtemps.
Numéro atomique
13
Masse molaire
26,98 g/mol
Masse volumique à 20 °C
2 700 kg/m³
Température de fusion
660 °C
Module d'Young
69 GPa
Conductivité thermique
237 W·m⁻¹·K⁻¹
Conductivité électrique
62 % IACS
Structure cristalline
cubique à faces centrées
Épaisseur de la couche d'alumine naturelle
5 à 10 nm
Abondance dans l'écorce terrestre
environ 8 % en masse
Minerai exploité
bauxite
Énergie d'électrolyse
13 à 15 kWh par kg de métal
De la bauxite au lingot, deux procédés en série
Aucun gisement ne livre d'aluminium métallique. Le métal est trop réactif pour exister à l'état natif, il faut l'arracher à son oxyde, et cette contrainte gouverne toute l'économie de la filière.
La production se fait en deux étapes distinctes. Le procédé Bayer attaque d'abord la bauxite à la soude sous pression pour en extraire l'alumine pure, en laissant un résidu ferrugineux, les boues rouges, dont le stockage reste le principal passif environnemental de la filière. L'électrolyse Hall-Héroult réduit ensuite cette alumine, dissoute dans un bain de cryolithe fondue vers 960 °C, en aluminium liquide qui se dépose au fond de la cuve. Il faut à peu près quatre tonnes de bauxite pour deux tonnes d'alumine, qui donnent une tonne de métal. L'ensemble du processus est détaillé dans métallurgie extractive de l'aluminium, dont la seconde partie traite l'étape d'électrolyse proprement dite.
L'électrolyse est le poste qui commande tout. Elle consomme 13 à 15 kWh par kilogramme produit, ce qui fait de l'aluminium primaire un métal dont le prix de revient dépend d'abord du coût local de l'électricité. Les usines se sont installées là où l'énergie est abondante, en Islande, au Québec, au Moyen-Orient, plutôt que près des mines ou des clients. C'est aussi ce qui donne au recyclage un avantage sans équivalent chez les autres métaux, puisque refondre de l'aluminium ne demande qu'environ 5 % de l'énergie nécessaire à sa production primaire. La refusion des alliages et ses contraintes de qualité sont traitées dans fusion des alliages d'aluminium.
Le métal pur ne sert presque à rien, les alliages font le travail
À l'état non allié, l'aluminium plafonne autour de 50 MPa en limite d'élasticité. C'est mou. On l'utilise tel quel pour ses propriétés fonctionnelles plutôt que mécaniques, en conducteur électrique, en feuille d'emballage, en échangeur thermique, et ces nuances font l'objet de aluminium non allié. Dès qu'une pièce doit porter un effort, il faut passer aux alliages, dont les meilleurs dépassent 500 MPa et rivalisent avec des aciers de construction pour un tiers de la masse.
La classification internationale range les alliages corroyés en huit séries, désignées par un nombre de quatre chiffres dont le premier indique l'élément d'addition principal.
La série 1000 rassemble l'aluminium non allié à plus de 99 %, choisi pour sa conductivité et sa mise en forme facile.
Les séries 2000 au cuivre et 7000 au zinc atteignent les résistances les plus élevées, au prix d'une sensibilité à la corrosion qui impose souvent un placage ou une peinture. L'aéronautique les emploie massivement.
Les séries 5000 au magnésium et 6000 au magnésium et silicium constituent le gros des utilisations courantes, du bardage au profilé de menuiserie, parce qu'elles soudent bien et tiennent en atmosphère marine.
Les séries 3000 au manganèse et 8000 couvrent l'emballage, la canette et le feuillard.
Un point de conception mérite d'être rappelé, parce qu'il piège régulièrement les bureaux d'études venus de l'acier. L'aluminium n'a pas de limite d'endurance en fatigue. Là où un acier soumis à une contrainte suffisamment faible tient un nombre indéfini de cycles, un alliage d'aluminium finit toujours par rompre, et le dimensionnement se fait donc pour une durée de vie visée, jamais pour l'infini. Sa résistance se calcule en cycles.
Où le métal se retrouve, du fuselage à la fenêtre
Le transport absorbe la plus grande part de la consommation, et pour une raison simple qui tient en un calcul de masse embarquée. Chaque kilogramme retiré d'un véhicule allège la structure qui le porte, ce qui autorise à en retirer davantage. L'automobile a suivi l'aéronautique avec un décalage de plusieurs décennies, d'abord sur les pièces de fonderie, culasses et carters, puis sur les capots et les caisses. Les techniques d'assemblage ont dû suivre, le soudage de l'aluminium demandant de casser la couche d'alumine réfractaire qui fond à 2 050 °C alors que le métal fond à 660 °C.
Le bâtiment vient ensuite, essentiellement en menuiserie et en enveloppe, un usage traité dans l'aluminium et, pour le cas particulier des ouvrants, dans fenêtres en aluminium. Le profilé extrudé y règne parce que l'aluminium se laisse filer en sections complexes que l'acier ne permet pas, avec des ruptures de pont thermique intégrées directement au profil.
Les emballages constituent le troisième débouché. La canette de boisson, le blister pharmaceutique et le complexe carton-aluminium exploitent tous la même propriété, l'imperméabilité totale d'une feuille de quelques micromètres à l'oxygène, à l'humidité et à la lumière. Aucun polymère n'offre cette barrière à cette épaisseur. Le papier aluminium de cuisine relève de la même famille, laminé à 10 ou 15 µm, et c'est la forme sous laquelle le grand public rencontre le métal au quotidien.
Reste un usage qu'on oublie souvent alors qu'il est partout, la fermeture de bâtiment. Volets roulants, volets battants, portails et garde-corps se sont largement convertis au profilé laqué, pour une raison d'entretien plus que de performance. Au cours des trente dernières années, la maîtrise du thermolaquage a fait disparaître l'objection esthétique qui limitait le métal aux teintes anodisées, et l'efficacité énergétique des menuiseries s'est jouée sur la rupture de pont thermique plutôt que sur le choix du matériau.
L'histoire industrielle du métal tient d'ailleurs en un siècle et demi. En 1855, l'aluminium était exposé à Paris à côté des joyaux de la Couronne, valant plus cher que l'argent, faute de procédé d'extraction viable. Le développement de l'électrolyse par Hall et Héroult en 1886, puis du procédé Bayer en 1887, a fait chuter son prix de plusieurs ordres de grandeur en une vingtaine d'années. Peu de matériaux ont connu une bascule aussi brutale, et elle explique pourquoi l'aluminium n'a aucune tradition artisanale ancienne derrière lui, contrairement au fer ou au cuivre.
Sur la question de l'exposition, il faut distinguer ce qui relève du métal massif et ce qui relève de ses composés solubles, car les travaux scientifiques ne portent pas sur le même objet. L'Autorité européenne de sécurité des aliments a fixé une dose hebdomadaire tolérable de 1 mg par kilogramme de poids corporel pour l'aluminium alimentaire, et le règlement européen sur les matériaux au contact des denrées encadre l'usage des ustensiles et des feuilles de cuisson, principalement vis-à-vis des préparations acides ou salées qui attaquent la couche de surface. Le Centre international de recherche sur le cancer classe pour sa part la production d'aluminium en groupe 1, classement qui vise les procédés d'électrolyse et les hydrocarbures aromatiques polycycliques également émis par les anodes, et non le métal lui-même. Les données toxicologiques et les valeurs limites professionnelles décrivent donc un risque de poste de travail, dans un environnement industriel précis, et n'ont pas de rapport avec la consommation d'un produit fini contenant le métal sous forme massive.
Questions fréquentes à propos de aluminium : définition et propriétés
Qu'est-ce que l'aluminium ?
C'est un métal de numéro atomique 13, de masse volumique 2 700 kg/m³, le plus abondant de l'écorce terrestre où il représente environ 8 % de la masse. Il n'existe jamais à l'état natif et s'obtient par électrolyse de l'alumine extraite de la bauxite. Sa légèreté et sa passivation spontanée par une couche d'oxyde en font le premier métal non ferreux produit dans le monde.
Pourquoi l'aluminium ne rouille-t-il pas ?
Parce qu'il s'oxyde beaucoup trop bien. Au contact de l'air, il forme en quelques millisecondes une couche d'alumine de 5 à 10 nm, compacte et adhérente, qui bloque toute progression de l'oxydation vers le cœur du métal. La rouille du fer, elle, est poreuse et se détache, ce qui laisse l'attaque se poursuivre indéfiniment.
Quelle est la différence entre aluminium et alliage d'aluminium ?
L'aluminium non allié titre plus de 99 % de métal pur et ne dépasse guère 50 MPa en limite d'élasticité, ce qui le réserve aux usages électriques, thermiques et d'emballage. Un alliage y ajoute du cuivre, du magnésium, du silicium ou du zinc, et atteint après traitement des résistances dix fois supérieures, au prix d'une soudabilité et d'une tenue à la corrosion souvent moindres.
Combien d'énergie faut-il pour produire une tonne d'aluminium ?
La seule électrolyse demande 13 à 15 MWh par tonne de métal primaire, sans compter le raffinage de la bauxite en alumine. Cette facture explique l'implantation des usines près des sources d'électricité bon marché, et le fait que le métal recyclé, qui n'exige qu'environ 5 % de cette énergie, représente désormais une part majeure de l'approvisionnement européen.
L'aluminium se recycle-t-il indéfiniment ?
Le métal ne perd pas ses propriétés à la refusion, donc oui sur le principe. La limite est le mélange des nuances. Un flux de collecte mal trié aboutit à un alliage dont la composition ne correspond à aucune spécification corroyée, et qui finit en pièce de fonderie. Le tri en amont conditionne la valeur du métal secondaire bien plus que le procédé de fusion.
Peut-on souder l'aluminium comme l'acier ?
Pas avec les mêmes réglages ni les mêmes procédés. La couche d'alumine fond vers 2 050 °C quand le métal fond à 660 °C, il faut donc la détruire pendant l'opération, ce que fait le courant alternatif en TIG ou un flux décapant. S'ajoutent une conductivité thermique élevée qui dissipe l'apport de chaleur, et une chute de résistance dans la zone affectée pour les nuances à durcissement structural.